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29/09/2016

GHIBLI ~ Arrietty, La colline aux coquelicots, Porco Rosso

Réalisateur : Hiromasa YONEBAYASHI
Compositeur : Cécile CORBEL
Date de sortie : 2010-2011
Durée du film : 1h34
Genre (s) : Animation ; Fantastique
Studio GHIBLI

 
Casting :
Mirai Shida - Ryunosuke Kamiki -Tomokazu Miura - Kirin Kiki - Shinobu Ōtake - Keiko Takeshita - Tatsuya Fujiwara

 
Synopsis :
Dans la banlieue de Tokyo, sous le plancher d'une vieille maison perdue au coeur d'un immense jardin, la minuscule Arrietty vit en secret avec sa famille. Ce sont des Chapardeurs. Arrietty connaît les règles : on n'emprunte que ce dont on a besoin, en tellement petite quantité que les habitants de la maison ne s'en aperçoivent pas. Plus important encore, on se méfie du chat, des rats, et interdiction absolue d'être vus par les humains sous peine d'être obligés de déménager et de perdre cet univers miniature fascinant fait d'objets détournés. Arrietty sait tout cela. Pourtant, lorsqu'un jeune garçon, Sho, arrive à la maison pour se reposer avant une grave opération, elle sent que tout sera différent. Entre la jeune fille et celui qu'elle voit comme un géant, commence une aventure et une amitié que personne ne pourra oublier. 



Mon avis :
Un très bon film d’animation qui ravira petits et grands. Il est inspiré par un livre de Mary Norton Les Chapardeurs (The Borrowers), lui-même ayant servit à l’écriture du film Le petit monde des Borrowers sorti en 1997.

Ce long-métrage d’animation des studios Ghibli est un pur enchantement. J’ai été fascinée par la qualité des dessins, l’histoire, les personnages ainsi que la musique. Je vais commencer ma chronique sur l’histoire. Arrietty est une fille qui rêve de son premier chapardage, elle vit avec ses parents Poddo et Homily dans une petite maison située en-dessous de la maison de Sadako (une humaine). Les petits êtres comme Arrietty et sa famille doivent rester cachés et dès qu’ils se font repérer par un humain, ils sont dans l’obligation de déménager. Sadako vit avec Haru, une femme s’occupant des tâches ménagères et de l’entretien de sa maison. Elle reçoit la visite de son neveu, Shô, très souffrant et qui doit se reposer à la campagne.

Je ne dévoile pas plus de l’histoire, car c’est une histoire d’amitié très belle, pleine de rebondissements et de situations drôles. La fin est très touchante, mais je vais vous parler des personnages. Ils sont tranchés, Sadako, Shô, Arrietty, Spiller, Poddo et Homily sont gentils, tandis que Haru est disons très spéciale. Elle n’est pas méchante comme un super grand vilain de type Jafar de Disney ou Dark Vador dans Star Wars. Sa manière d’être hostile se manifeste par son caractère et son but, celui de mettre la main sur les petits êtres (Arrietty et sa famille). Le fait qu’elle ira jusqu’à en kidnapper un et presque détruire la maison d’Arrietty prouve que sa quête prend le pas sur la moralité. Elle est en quelque sorte le personnage antagoniste le temps du film.

Poddo est un père bienveillant, sa famille et le bien-être de chacun des membres qui la compose est important. C’est lui qui accompagne Arrietty lors de son premier chapardage, il est méfiant envers les humains qu’il juge mauvais. Là-dessus sa fille Arrietty est plus modérée, car sa rencontre avec Shô bouscule son mode de pensée, elle apprend à le connaitre et reconnait qu’il n’est pas mauvais. Bien au contraire. Shô et Arrietty sont les deux protagonistes principaux, ils sont touchants et attachants, on aime suivre la construction de leur amitié. Shô veut absolument sauver et aider du mieux qu’il peut Arrietty, mais il apprendra à faire plus attention à ses actes qui ont changé la vie des chapardeurs. Arrietty est un super personnage, elle est forte et déterminée, attentionnée, curieuse, j’ai beaucoup aimé son caractère. Spiller est quant à lui moins présent que les autres, mais je suis fan de son design, c’est un petit peu l’enfant sauvage, un peu maladroit avec Arrietty, mais néanmoins courageux et attentionné.

Ainsi, les personnages sont l’un des points forts du film, la qualité des dessins vaut le détour. Les dessins des grands espaces et des espaces extérieurs sont particulièrement enchanteurs, toutes ces couleurs, ces fleurs et ces plantes. Le dessin possède des détails précis et les différentes échelles sont respectées, il n’est pas facile de retranscrire le fait que les chapardeurs soient très petits et les humains très grands. Toutefois, j’applaudis le résultat final, on passe d’un point de vue à un autre sans jamais être dépaysé, mais simplement fasciné. L’animation renforce ce caractère magique et féérique. La maison de poupée de Sadako est une pure merveille à regarder, l’on ne se lasserait pas d’admirer les détails et la beauté du rendu global. De même que la maison des Chapardeurs, très jolie visuel, je suis absolument fan des idées. Par exemple, une épingle de couture donne une épée pour Arrietty, un seul morceau de sucre suffit à la famille… Toutes ces idées de récupérations et de détournement d’objets sont tout simplement une excellente trouvaille. Le chemin emprunté par Arrietty lors de son premier chapardage est une scène géniale, tous ces objets employés pour créer un chemin permettant d’accéder aux diverses pièces… On se trouve immergé en plein fantastique.

Le film se développe autour d’une heure et demie d’animation, il se laisse regarder facilement, tant on se trouve entrainé à l’intérieur. Il est vrai qu’il est principalement axé sur la rencontre entre Shô et Arrietty et les conséquences de cette amitié. Le moment où intervient la fourberie d’Haru se situe plutôt tardivement, mais c’est avec joie qu’on assiste au sauvetage de Homily par l’association Shô/Arrietty, donnant lieu à de très belles scènes. Le final est très beau, j’aime bien cette idée de faire poursuivre le film alors que le générique défile sous nos yeux, c’est une bonne idée. Au début, et seulement au début, nous avons Shô en tant que narrateur, l’idée n’est pas conservée par la suite, c’est dommage, j’aurais apprécié de l’entendre à la fin, histoire de savoir comment il allé. Je ne vais pas vous spoiler, mais il y a une raison médicale expliquant sa présence à la campagne, et j’aurais juste aimé en apprendre plus sur son état après la fin. On peut donc affirmer qu’il s’agit d’une fin ouverte, où des questions restent en suspend, même si on espère que tout finit bien pour tout le monde.

Voyons maintenant la musique. Quelle formidable bande originale. Que les chansons soient en anglais, en français ou en japonais (langue d’origine), je suis conquise. Ce sont des compositions merveilleuses, envoutantes signées par Cécile Corbel. C’est une musicienne bretonne, jouant de la harpe celtique, harpe que nous entendons très souvent dans les instrumentales. Ces sonorités celtiques vont tellement bien à cet univers, je vous conseille vraiment d’écouter aussi bien les compositions instrumentales magiques que les chansons magnifiques interprétées par Cécile Corbel elle-même. Elle a une très belle voix. C’est par ailleurs la première fois que la bande originale est confiée à une personne extérieure au Japon, on peut donc être doublement et triplement fier de cette artiste. A titre purement personnel, j’aime beaucoup Spiller, la chanson et aussi le thème, très entrainant. Arrietty’song et Neglected Garden (Mou Hitotsu no Sekai) sont aussi de très belles compositions à titre personnel, bien entendu.
 


Réalisateur : Goro MIYAZAKI
Compositeur : Satoshi TAKEBE ; Aoi TESHIMA
Date de sortie : 2012 
Durée du film : 1 heure et 31 minutes
Genre (s) : Animation, Drame
Studio GHIBLI


Casting : (VO / VF)
Masami Nagasawa / Alexandra Garijo - Junichi Okada / Rémi Bichet - Aoi Teshima / Maeva Méline - Eiko Kanazawa / Nathalie Homs -


Synopsis :
Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d'une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l'horizon. Au lycée, quelqu'un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C'est peut-être l'intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu'Umi n'a pas manqué de remarquer...Attirés l'un par l'autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d'activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu'à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d'un secret qui entoure leur naissance et semble les lier ? Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l'aube d'une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d'amitié, d'amour et d'espoir.


Mon avis :
Un film d'animation bien sympathique, touchant et simple. Le scénario n'est peut-être pas des plus complexe, mais il m'a fait passer un très bon moment, surtout que l'esthétisme est très soigné.

L'histoire nous montre le quotidien de la jeune Umi qui fait la connaissance de Shun dans son lycée. Ce dernier travaille pour le journal, au Quartier Latin, un bâtiment rassemblant toutes sortes de clubs (archéologie, sciences, philosophie, littérature...). Ce Quartier Latin est menacé d'être détruit pour être remplacé par un nouveau foyer, mais les élèves du lycée sont très attachés à ce bâtiment. Entre Umi et Shun, il se dessine une relation amicale et amoureuse forte et sympathique, avec des questions autour de leurs propres familles.

Le scénario comme je l'évoquais en introduction n'est pas complexe, il est très simple. Certains s'ennuieront très certainement, d'autres penseront que le manque d'action rend le scénario inexistant. Je ne suis pas d'accord, c'est une histoire d'amitié, d'amour, d'attachement aux traditions sans renier la modernité, c'est une histoire de famille. Elle possède de belles idées pour peu qu'on y soit sensible. Je lui trouve du charme malgré son manque d'action et de rythme, le scénario privilégie une certaine quiétude parfois bouleversée par une rencontre ou par un événement.

Les deux protagonistes principaux sont attachants. Umi est douce, gentille, très attachée à sa famille, elle aide ceux qu'elle aime, elle ne se laisse pas décourager par les tragiques événements qu'elle a connu. Elle a perdu son père à la guerre, sa mère est rarement à la maison, toutefois, elle veille sur sa sœur et son frère. Elle sourit, elle reste debout, elle est courageuse je trouve. Quant à Shun, il est déterminé à sauver le Quartier Latin, il m'a de suite paru sympathique et bienveillant. On ressent l'attachement qu'il porte à son combat, des sentiments qu'il éprouve pour Umi, c'est un personnage que l'on prend plaisir à suivre.

L'esthétisme est soigné. Les dessins sont très beaux, travaillés dans les moindres détails, les objets et les lieux sont joliment dessinés. L'animation est fluide. La qualité des bateaux présentés prouve le soin apporté au rendu, le traitement de la mer, du ciel est bien fait. Les couleurs sont splendides, elles sont franches et sont apaisantes, elles complètent à merveille le sentiment de quiétude dont est habité le film. Les musiques sont magnifiques, elles accompagnent formidablement bien les scènes qui défilent sous nos yeux.

En somme, la colline aux coquelicots est un beau film d'animation des studios Ghibli. Son histoire est touchante, simple et se laisse regarder grâce à des personnages touchants, des messages forts et sympathiques. J'aime la qualité du dessin et des couleurs, et la bande originale reste magnifique. Le scénario paraît peu travaillé, mais je suis convaincue qu'il faut regarder de plus près les différents sentiments mis en avant, comme l'amitié, l'amour, la famille, l'opposition modernité-tradition. On a tous eu un jour un projet qui nous tenait à cœur de défendre, le combat de ses élèves pour sauver leur Quartier Latin est bien conté.



Réalisateur : Hayao MIYAZAKI
Compositeur : Joe HISAISHI
Date de sortie : 1992
Durée du film : 1 heure et 33 minutes
Genre (s) : Animation


Casting : (VO / VF)
Shūichirō Moriyama / Jean Reno - Akemi Okamura / Adèle Carasso - Akio Ōtsuka / Jean-Luc Reichmann - Tokiko Kato / Sophie Deschaumes - Sanshi Katsura / Gérard Hernandez

 
Synopsis :
Dans l'entre-deux-guerres quelque part en Italie, le pilote Marco, aventurier solitaire, vit dans le repaire qu'il a établi sur une ile déserte de l'Adriatique. A bord de son splendide hydravion rouge, il vient en aide aux personnes en difficulté.


Mon avis :
J'ai adoré ce Miyazaki, je trouve que c'est un bon film d'animation autour de la liberté, de l'aviation (un thème cher à Miyazaki), de l'Italie. Sincèrement, je lui trouve un certain charme doublé d'une bonne originalité.

L'ambiance italienne est très présente, le soleil, les habitations, l'eau, le drapeau italien... Difficile de ne pas s'y croire, d'autant plus que la bande originale présente quelques sonorités typiquement italiennes. En plus, nous sommes bel et bien dans les années 20, les codes vestimentaires sont réellement respectés, je parle notamment des robes de Gina. Qui dit, les années 20 en Italie, dit montée du fascisme, nous avons droit à quelques références de l'après-guerre, du fascisme, c'est intéressant historiquement parlant. J'ai adoré l'arrière-plan, il m'a enthousiasmée.

Ce film traite de thématiques très intéressantes, comme la politique, la guerre et ses conséquences sur l'économie, d'où la difficulté de trouver de l'argent engendrant la présence en grand nombre des pirates du ciel. Ces pirates sont très drôles, j'ai ri avec leurs répliques, leurs idées loufoques et leur volonté de faire tomber Porco Rosso. Le thème de l'aviation est omniprésent, j'aime les avions de ce film, l'animation des vols, celle des combats aériens, quel travail de qualité ! Je suis fan du thème de l'air et de tout ce qui s'y touche et avec ce film je suis aux anges, les dessins des avions, des nuages, de la météo. Tout est beau et nous transporte dans le monde de Porco Rosso, c'est un réel hommage à l'aviation en général.

Le film nous parle de la figure mythique du héros solitaire, Porco Rosso est un protagoniste très attachant, son histoire est touchante. On ne sait pas comment il est devenu un cochon, mais il reste fidèle à ses convictions, libre et toujours libre. Il est peu causant, mais n'hésite pas à aider les gens qui l'entoure, il aime la solitude, mais finira par accepter Fio. C'est une figure plutôt drôle, c'est à la fois un héros et un anti héros, c'est original. J'aime sa personnalité et sa voix française, Jean Reno, est bien choisie, elle convient bien à la personne de Porco Rosso.

Les autres protagonistes sont attachants. Gina est adorable et très gentille, courageuse et bienveillante, elle aide Porco peu importe la situation, elle souhaiterait lever sa malédiction. C'est une femme extraordinaire, mais plus épatant encore, c'est Fio. Elle est tellement forte et incroyable. Sensible, volontaire, passionnée, j'aime son personnage et sa manière de voir la vie, une belle leçon de vie ! Donald Curtis est juste à mourir de rire, néanmoins, j'ai bien aimé sa détermination, c'est un sacré numéro.

Les répliques sont savoureuses, notamment grâce au bagou de Porco Rosso, les dessins sont magnifiques, l'animation fluide et aérienne. La musique est juste splendide, Joe Hisaishi a composé une bande originale de belle qualité, les instrumentales collent aux ambiances du film, je suis fan du thème principal souvent répété dans le film. Et la chanson Le temps des cerises est très jolie, elle est magique, elle correspond au film, la chanson du générique de fin est belle.

En somme, Porco Rosso est un film aux thèmes variés, mais ces thématiques sont traitées avec brio et participent à l'ambiance particulière du film. Le héros est original et touchant, l'histoire est intéressante et bien menée, j'aurais aimé avoir plus d'informations à la fin. Les autres protagonistes sont attachants, les décors sont beaux, l'animation et les dessins sont de très bonnes qualités, je suis totalement fan de ce Miyazaki.

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