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Okko (HUB, MICHALAK, LI) ~ Le cycle de l'air, Le cycle du feu et Le cycle du vide (Tomes 5 à 10)

3.10.18


Titre : Le cycle de l'air
Série : Okko
Tome 5 et 6
Scénariste & Dessin : Hub
Story-board : Hub & Emmanuel Michalak
Couleur : Hub
Delcourt
96 pages


Résumé :
Okko, le rônin sans maître, est à la tête d'un petit groupe de chasseurs de démons et arpente ainsi les terres de l'empire du Pajan. Il est accompagné de Noburo, singulier géant qui cache son identité derrière un masque rouge, et du moine Noshin, bonze fantasque et grand amateur de saké. Ce dernier a la faculté d'invoquer et de communiquer avec les forces de la nature. Tikku, jeune pêcheur, va faire appel à Okko pour retrouver Petite Carpe, sa soeur enlevée par une horde de pirates.




Mon avis :
Un excellent tome, plus sombre, il remplit mes espérances concernant le passé de mes deux personnages préférés, il est vraiment à la hauteur du précédent.

L'intrigue est prenante, cette fois-ci nous sommes en contact avec les esprits de l'air, tantôt bon tantôt mauvais, aussi changeant que l'air, tout simplement ! J'aime bien cette dualité parce qu'elle a permis des rebondissements intéressants dans la trame. Le thème de l'air est également présent grâce à un cerf-volant, un objet que j'aime énormément, bien exploité d'ailleurs. Le récit se centre sur le passé de Noburo, on en sait un peu plus sur ses origines qui font de lui une cible idéale. Mais cette révélation se mêle avec le propre passé d'Okko, on ne connaît toujours pas la totalité de son histoire, cependant, ce qui est révélé m'intrigue. L'histoire est plus sombre, avec ces duels, ces blessures, toutefois, je n'ai pas pu m'arrêter une seule seconde.

Le texte est très soigné. Une fois de plus nous sommes devant un travail de qualité. Le vocabulaire japonais est exploité d'une très bonne façon, les répliques sont intelligentes et il se glisse ici et là des phrases poétiques, cultes. C'est fluide, mature, la lecture est agréable et prenante.

Les personnages sont au top, je suis ravie de poursuivre les péripéties d'Okko et de ses compagnons, comme je suis contente de découvrir de nouveaux protagonistes. Comme je l'ai dit un peu plus haut, on nous dévoile un pan du passé de Noburo et d'Okko, ce qui rend les deux hommes plus attachants qu'ils ne le sont déjà. Je suis certaine qu'il reste encore des morceaux à découvrir, mais les intrigues qu'ils possèdent dans ce tome m'enchantent particulièrement. Tikku grandit encore, il s'assagit, il évolue, je suis heureuse pour lui, il n'est pas figé, il continue son apprentissage avec entrain. C'est un garçon attachant et sympathique et j'aime le voir enfant et âgé, c'est un vrai changement, mais le procédé donne du cachet à Tikku. Noshin est égale à lui-même, on rit de le voir aussi maladroit et fantasque, cependant, ce côté insouciant laisse sa place l'espace de quelques instants à une lucidité incroyable. J'aime ce personnage, il détonne dans le paysage.

Les nouveaux protagonistes sont très intéressants eux aussi. Je pense à Magato dont l'histoire est touchante, c'est un curieux personnage, il est réellement atypique. Je ne sais comment le décrire sans trop en donner, c'est déstabilisant. Dame Mayudama est une femme extraordinaire, courageuse, déterminée, forte et sympathique, j'adore sa personnalité. Sa fille Kibyou est touchante, au départ, elle m'effrayait un peu, je ne savais pas trop quoi penser d'elle, mais je suis contente qu'elle aille mieux au fil du tome. Quant à Kubban Kiritsu, c'est un personnage ambigu. Je l'aimais bien et pourtant, il a quelque chose de dérangeant, son ambition se révèle démesurée quoique compréhensible, il m'a fait froid dans le dos.

Les illustrations sont toujours d'une excellente qualité. Les dessins sont détaillés, l'architecture est splendide, les scènes de combats sont bien orchestrées, les objets réalistes. On évolue dans un cadre magnifique, très japonais, on est totalement transporté dans l'univers singulier de cette bande dessinée. Le design des personnages reste sublime, les différents protagonistes peuplant cette belle fresque sont aisément identifiables, c'est agréable pour les yeux. De plus, la colorisation est réussie. Comme pour les opus précédents, les couleurs changent selon l'ambiance ou les sentiments, donnant un aspect particulier à chaque scène. Les couleurs sont affectées selon la luminosité, le changement intérieur-extérieur ou encore les phénomènes climatiques. Ces derniers sont plus présents en raison de l'élément mis en valeur (l'air).

En conclusion, j'aime cette série. J'étais mitigée au départ, mais les deux tomes qui ont suivi me rendent accro. L'intrigue est complexe et passionnante, les personnages attachants et variés, les illustrations et les textes sont de très bonne qualité. L'univers japonisant nous dépayse entièrement, de manière géographique et de façon temporelle, l'immersion est rendue possible grâce à un travail très soigné autour du vocabulaire et des dessins. C'est une très belle série autour des forces surnaturelles sorties de la mythologie japonaise que je recommande vivement !


Titre : Le cycle du feu
Série : Okko
Tome 7 et 8
Scénariste & Dessin : Hub
Story-board : Hub & Emmanuel Michalak
Couleur : Hub & Li
Delcourt – 2012
64 pages


Résumé :
Deux grands clans de l'Empire ont secrètement convenu d'un mariage pour sceller une puissante alliance et mettre fin à la dévastatrice ère de la Brume. Afin de tenir à l'écart les clans rivaux, le lieu est tenu confidentiel et une garde spéciale, composée des cent plus valeureux samouraïs des deux familles, a été créée. De manière plus officieuse, Okko et ses compagnons ont, eux aussi, été appelés.


Mon avis :
Un nouveau cycle à la hauteur des aventures d'Okko et de ses amis, pleins de rebondissements, avec de l'humour et de l'action. Il ne compte pas parmi mes favoris, l'histoire m'aura moins passionnée que celle des autres cycles, mais l'histoire plus mature et plus sombre demeure intéressante à suivre.

L'intrigue est bien exploitée. Le scénario nous amène de surprise en surprise, je ne m'attendais pas à ce que cette aventure prenne un tel tournant, c'est fantastique ! L'histoire est menée avec brio, on ne s'ennuie jamais et la thématique du feu est maîtrisée. J'aime les thèmes abordés, comme le mariage, l'amour, le volcan, les prédictions... On suit l'intrigue avec envie, loin de me douter comment les choses vont évoluer et c'est pour cela que j'adore cette série. La seconde partie est tout aussi enrichissante et passionnante, les révélations sont surprenantes même, je ne m'attendais pas à un tel dénouement.

Les textes sont de très bonnes qualités. On retrouve un soin important dans les répliques et dans les mots choisis, on trouve quelques mots japonais, on est immergé dans cette culture, son histoire. Le tout en restant agréable et fluide, c'est absolument génial. Je me suis laissée prendre par cette quête d'honneur à retrouver, de vérité à connaître, une vraie intrigue policière rondement menée tout en mêlant une pointe de fantastique et d'imaginaire japonais.

Autre atout de la série ce sont ses excellentes illustrations. Comme je l'avais souligné dans les chroniques des précédents tomes, le dessin est travaillé, la ligne est fournie de détails. Ce rendu magnifique des vêtements, des objets et de l'architecture nous transporte facilement dans l'univers d'Okko. Le rendu des flammes est lui aussi soigné, les scènes d'actions sont bien menées, les créatures fantastiques que nous croisons – les kappas – sont intéressantes. Sincèrement, c'est un travail incroyable qui est mené pour nous faire entrer dans ce monde.

La colorisation est une nouvelle fois au top. Les couleurs sont franches et pures, elles changent selon les émotions, l'intensité de l'histoire ou encore selon la luminosité. Chaque émotion possède sa couleur dominante et chaque scène possède une couleur propre, un ton plus vert et bleu pour la visite d'une cavité sous-marine, du rouge pour la colère... Les couleurs sont bien choisies, elles permettent aussi d'identifier des personnages, de rendre les paysages plus beaux, elles s'harmonisent entre elles. Esthétiquement, il en ressort un bel objet.

Les protagonistes principaux sont une nouvelle fois présents pour notre plus grand plaisir. Okko est toujours aussi mystérieux, chaque tome nous permet de l'approcher davantage, de le connaître un peu mieux. Toutefois, on est loin d'avoir tout à son sujet. Il est perspicace et courageux, je l'aime bien. Noburo est lui aussi très attachant, fascinant à sa façon, son intrigue le pousse à voyager dans un souterrain très curieux et j'espère en apprendre un peu plus dans le prochain opus. Noshin reste un moine inoubliable, contradictoire et tellement drôle, intelligent et totalement loufoque, c'est un protagoniste que j'aime suivre. De même que Tikku, il prend plus d'importance au fil des tomes, on le suit dans sa formation, il est sympathique et son évolution me ravit. Que ce soit les personnages principaux ou secondaires, ils sont soignés dans leur histoire et leur personnalité.

En conclusion, j'ai adoré ce cycle. L'intrigue est passionnante, on suit cette histoire pleine de rebondissements avec envie et l'on a bien du mal à s'arrêter. Les protagonistes sont attachants, ils sont fidèles à eux-mêmes, cependant, ils évoluent petit à petit. Les illustrations sont de très bonne qualité et la colorisation leur fait honneur, tous ces éléments nous plongent dans un univers riche et maîtrisé, doté de textes soignés. C'est une très belle série dont j'ai hâte de pouvoir lire le cycle suivant et le dernier de la série, le vide.



Titre : Le cycle du vide
Série : Okko
Tome 9 & 10
Scénariste & Dessin : Hub
Story-board : Hub & Emmanuel Michalak
Couleur : Hub & Li
Delcourt – 2014
64 pages


Résumé :
An 1053. Okko n'est encore qu'un adolescent, fils d'un grand seigneur, orphelin de mère et prédestiné à devenir chasseur de fantômes. Seulement, la souffrance et la perte ont fait de lui un être sombre, peu enclin à suivre les routes qu'on lui trace. Son père est gravement malade et il sera de son devoir d'assumer la succession à la mort de ce dernier, un lourd héritage en perspective...


Mon avis :
Après un cycle autour du feu que j'ai trouvé légèrement en deçà de ce que j'attendais, je suis ravie de pouvoir mettre la main sur le dernier cycle, les deux derniers tomes de la série Okko. Le cycle du vide est très intéressant, il mêle passé, présent et futur, il conclut en beauté la série et sait boucler la boucle. Je suis un peu triste de quitter l'univers d'Okko, mais très contente d'avoir les réponses à beaucoup de mystères.

Ce cycle est centré sur le vide, une notion que nous apprend Okko à travers son histoire, celle de son enfance, celle de son initiation. Nous trouvons là les premières aventures du ronin, et ce que j'attendais par-dessus tout, sa rencontre avec le moine Noshin et le démon Noburo. L'intrigue est très intelligente, terminer la série Okko en revenant sur le début du personnage central est clairement bien pensé. Le pari est réussi puisque l'intrigue m'a captivée dès le départ et jusqu'aux dernières planches, j'ai été happée par le scénario.

Ce dernier est bien réfléchi, les rebondissements et les révélations sont importants durant les deux tomes, mais le dernier gagne quand même haut la main. L'auteur a très bien su ménager le suspense ainsi que le mystère, parce que les révélations finales sont fantastiques et surprenantes. Je ne m'attendais pas à ces liens à cette terrible vérité, même si parfois, je pensais tout bas certains points. Okko est sans nul doute le protagoniste le plus soigné en terme d'histoire. Il se révèle fascinant, loin d'être parfait, sa version jeune est très tumultueuse et orageuse. L'évolution est agréable à découvrir et la vérité m'a juste étonnée, renforçant ma sympathie envers ce personnage unique et atypique.

Le texte est d'une bonne qualité, fluide et travaillé tandis que les illustrations sont juste magnifiques. On se sent immergé au coeur de l'univers d'Okko, ce Japon médiéval. L'univers reste formidable et la colorisation est d'une grande beauté, les images ont cette particularité d'avoir un style singulier tout en suivant l'ambiance dans les couleurs. La rage est signifiée par des teintes plus rouges, par exemple. Les traits donnent de bonnes émotions, les vêtements et les décors sont somptueux. Ce sont de beaux objets, les images sont agréables à voir.

Dans ce tome, nous ne voyons pas véritablement le jeune Tikku, c'est un peu dommage. En revanche, on se centre plus sur la vie passée de Noburo, dont j'ai apprécié d'en apprendre plus sur lui ou encore sur Noshin. Ce dernier est extraordinaire, j'ai adoré la découverte de ses pouvoirs, sa personnalité de fauteur de troubles, son côté différent de ce que l'on peut attendre d'un moine. Il apporte une bonne dose d'humour. Les autres personnages apparaissent uniquement pour les besoins de ce dernier cycle et je me refuse d'en parler, ce serait vous gâcher le plaisir. Ayant leurs rôles bien définis, il est mieux d'apprendre à les connaître au fil des pages. Néanmoins, je les ai trouvé fascinants pour certains, sympathiques pour d'autres.

En conclusion, ce dernier tome est une belle fin, à la fois triste, douce, forte et haletante, comme l'aura été la série pour moi. Les dernières planches forment une sorte d'épilogue très intéressant et avec lui, la boucle est bouclée. J'ai aimé chacun des protagonistes principaux que j'ai appris à adorer de nouveau avec cette intrigue axée sur le passé. Ce cycle sur le vide est rempli, paradoxalement, philosophie, amour et famille, la vérité, le passé et le futur, j'ai eu un festival d'émotions variées. Une très bonne fin pour une série d'exception.


Petits mots:

  1. je ne connaissais pas du tout mais j'adore les illustrations

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  2. Elle a l'air sympa cette BD. J'aime beaucoup les dessins :)

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    1. La série est réellement cool, en dix tomes ou en 5 intégrales, elle vaut qu'on s'y intéresse ^^ Je te souhaite de découvrir Okko :)

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