Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion MONTAIGNE
Éditions Dargaud – 2017 – 208 pages – 22 €50
Bande dessinée | Adulte | Astronomie | Thomas Pesquet | Espace
Le 2 juin dernier, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d’un rêve d’enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour… Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour – sa marque de fabrique – le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu’à sa mission dans l’ISS et son retour sur Terre.
Je suis totalement passée à côté, c’est rare quand ça m’arrive et encore plus sur une thématique qui pourtant me passionne : l’espace. J’ai emprunté cette bande dessinée à la médiathèque et j’ai manqué plus d’une fois de la refermer, j’ai tenu bon jusqu’au bout, mais je n’en garderai malheureusement pas un bon souvenir.
Là où je suis très admirative c’est le travail colossal de l’autrice pour se documenter, durant toute la BD, elle nous retranscrit des centaines d’informations sur les astres, les voyages dans l’espace, l’ISS ou encore la NASA. Pour le coup, c’était hyper intéressant – pareil pour la retranscription du quotidien de Thomas Pesquet, la sélection, la formation, le voyage à bord de l’ISS, son retour sur Terre. Là aussi, la BD est très riche en texte, c’est un vrai travail de reporter.
Mais trop d’informations tue l’information. La BD est dense et 208 pages avec du texte de partout, dans tous les sens, et toutes ces lignes qui s’accumulent sans respiration, sans laisser de pause, de quoi profiter, je me suis sentie noyée. Même si le procédé est ingénieux, je n’ai pas aimé les dialogues russes avec ces lettres à l’envers, ça m’a un peu fatigué à la lecture si bien que je sautais ces passages.
L’humour m’a laissé de marbre, excepté quelques trouvailles, je n’ai pas aimé ce rythme d’une information – 1 gag, une information – 1 gag, c’était répétitif, lourd, même si le texte est très bien écrit, précis et fouillé. Quant aux illustrations, je ne suis pas fan du style graphique, mais j’aurais pu apprécier ma lecture si tout le reste avait été formidable, ce qui n’a pas été le cas. Même si j’avoue que les couleurs étaient chouettes, que le trait était expressif.
Contes de Givre et de Sommeil de JAHYRA
D’après les Contes de Jean LORRAIN
Tome 4 de la saga Princes et Princesses
Autoédition – 2024 – 78 pages – 30 €
Bande dessinée | Hiver | Conte | Style art nouveau
Les freux sycophantes s’étaient tus. Sous leurs yeux lucifères débutait un rite aussi impie qu’ancien. Étouffée dans un lacis de branches malades, la vieille Isba abritait de son suaire fongueux la dernière des volvas. Nul ne retint son geste quand elle offrit ses soieries aux déesses faméliques, avides et cruelles, car leur miséricorde ne demeure que pour les beautés endormies. Quels étaient leurs desseins, quant à la lueur de quelque lame antique, chu un crin de la couleur des abysses, et d’une ombreuse promesse tapisse le sylvestre sol d’un pacte interdit ? Et quand enfin à l’aube tremblante, le pourpre en son sein macula d’écarlate les idoles austères, ces mornes grâces s’assoupirent. Leur ire a jamais chassé, laisse le rêveur désemparé, d’une vacuité mélancolique, privé d’une chose essentielle que seuls les contes peuvent révéler.
Quatrième opus des Princes et Princesses auquel je contribue sur Ulule, avant-dernier tome de ces adaptations des contes de Jean Lorrain par Jahyra, et une nouvelle fois, une bonne lecture. Un ouvrage contenant trois histoires sur la neige, le froid, l’hiver, respirant les contrées nordiques et slaves, ce qui était parfait avec le Cold Winter Challenge pendant lequel je l’ai sorti de ma PAL.
Je ne regrette pas d’avoir participé à ce financement participatif, parce que l’ouvrage est super chouette, soigné et élégant, à l’image des illustrations de l’artiste. Tout est en noir et blanc, dessiné à la main, les planches sont encrées et seules les dorures des ornements viennent colorer les pages. Tout le style graphique respire l’Art Nouveau ce qui rend l’ensemble sophistiqué, enchanteur, je suis admirative par le travail fourni par Jahyra.
Dans ces contes, nous sommes au cœur des contrées nordiques et slaves où l’artiste a puisé pas mal de références graphiques pour les costumes et les décors. J’ai adoré le fait que ces histoires soient en grande partie des réécritures de contes plus connus comme la Reine des Neiges ou encore Blanche-Neige, parce que Jean Lorrain a sa plume, son style que Jahyra a scrupuleusement respecté. Nous avons donc des intrigues plus dramatiques, sombres, violentes aussi – ce qui contraste totalement avec la beauté du visuel et des personnages mis en valeur.
Nos trois héroïnes sont attachantes à leur manière, elles nous subjuguent par leurs aventures et les mystères qui entourent certaines, par leur esprit d’aventure et leur ténacité pour d’autres. Quant aux antagonistes, ils ne sont pas en reste, c’était passionnant de les rencontrer et d’en suivre les péripéties, sombres, jaloux, silencieux, inquiétants, avec ou sans magie, j’ai passé un bon moment à découvrir ces histoires.
Au final, je suis impatiente et curieuse de savoir où me mènera le dernier opus de cette aventure et je suis très curieuse de découvrir les originaux, les contes de Lorrain lui-même, parce qu’au vu du style, cela doit être captivant, précieux et soigné.
Il y a longtemps que je t’aime de Marie SPENALE
Éditions Casterman – 2024 – 128 pages – 24 €
Bande dessinée | Lectorat adulte | Île déserte | Amour | Couple
Avertissement : [scènes à caractère sexuel]
Partie en croisière avec Alain, son mari de longue date, Annie se réveille sur une île déserte après un violent naufrage. Malgré ses peurs, elle survit comme elle peut, seule dans la nature. Face à elle-même, elle commence à questionner le rôle qu’elle s’est assigné dans sa propre vie, et celui qu’elle a laissé son mari jouer. Qui est-elle vraiment, de quoi a-t-elle vraiment envie ? La rencontre inattendue avec un indigène, loin des conventions sociales, va accentuer sa découverte d’elle-même et lui permettre de réinventer son désir.
J’avais repéré cette bande dessinée en suivant les vidéos de Marie Spénale, elle en avait suffisamment montré pour me rendre ultra curieuse et donc j’ai fini par la trouver en médiathèque. J’en ressors enthousiaste, mais certaines choses m’ont un peu dérangée et, en somme, je reste un peu sur ma faim. Néanmoins, cela n’a pas douché mon envie de découvrir d’autres BD de l’autrice, et j’ai hâte de lire Millie & Catsou.
J’ai adoré le parti pris esthétique pour cette bande dessinée, c’était audacieux et fascinant, les planches possèdent par moments des compositions très intéressantes, notamment sur des pages pleines ou des double-pages, par exemple. Les lignes ont ce côté relâché, et les couleurs choisies sont vibrantes, pétillantes et forcent mon admiration. Marie Spénale n’a pas choisi une voie simple pour le visuel et le moins que je puisse dire, c’est que ça passe ou ça casse. Me concernant, ça a totalement fonctionné.
L’univers était bien exploité, cette île déserte et la condition de naufragée était tout ce dont Annie avait besoin pour se poser toutes sortes de question sur sa vie, sa condition de femme, son mari Alain et aussi l’amour, la notion de couple. L’autrice a fait un super travail sur tous ces sujets, les a bien exploités, nous poussant également à réfléchir. De plus, le personnage secondaire est lui mystérieux de prime abord. Leur duo fonctionne bien et est même touchant.
Ce qui a clairement amoindri mon expérience de lecture, c’est la fin. Je ne suis pas très fan des mensonges d’un des protagonistes, je n’ai pas beaucoup eu d’affection pour Alain, le mari d’Annie, et je trouve le final très amer, il m’a manqué un peu de nuances, un peu d’espoir aussi. J’ai eu l’impression qu’Annie n’allait pas eu au bout de toutes ses réflexions, en tout cas, qui lui manquait quelque chose. C’était trop flou pour moi.
À travers de Tom HAUGOMAT
Éditions Thierry Magnier – 2018 – 184 pages – 20 €
Bande dessinée | Espace | Lectorat adulte | Contemporain | Amour | Famille | États-Unis
« À travers » suit la trajectoire d’un homme au destin singulier, qui chérit le rêve de devenir astronaute, à travers toutes les grandes étapes de sa vie sont évoquées. Le principe du livre repose sur un jeu de regards entre ce que vit le personnage et ce qu’il voit, toujours à travers un prisme particulier (le trou de la serrure, une loupe, une fenêtre, un écran, etc.). Un livre graphique à la beauté éblouissante.
Absolument génial, cela faisait un petit moment que je voulais emprunter ce livre à la médiathèque, il avait l’air absolument fascinant et je ne regrette pas une seule seconde. Dans une veine plus amusante, j’avais adoré l’album jeunesse de Gilles Bachelet Une histoire d’amour. Là, on a une bande dessinée plus poétique à découvrir.
Nous suivons la vie d’un homme de sa naissance à sa retraite, exploitant divers thématiques comme l’amitié, la famille l’amour, son travail à la NASA, sa passion pour l’espace et la nature, ses événements tragiques comme ses instants de bonheur. C’était tellement beau à découvrir, tendre, poétique et délicat, j’ai passé un très bon moment de lecture.
Pas besoin d’un univers détaillé, de noms, de texte même ! En effet, l’histoire se comprend parfaitement avec la seule mention de cette petite ligne qui nous donne la ville, le pays et l’année où se déroule cet instant précis dessiné par l’auteur lui-même. Les illustrations parlent d’elles-mêmes, j’ai beaucoup aimé ce style graphique avec une palette de couleur soigneusement travaillé, des décors très chouettes, des personnages identifiables.
C’est très beau visuellement parlant, et je suis totalement conquise pas le concept, celui d’avoir sur la page de gauche, l’illustration marquant l’année en question et sur la page de droite, ce que notre personne voit à travers… tellement de choses à dire vrai : loupe, fenêtres variées, télescope, télévision, hublots, vitres et vitrines, planches de palissade, livres d’une bibliothèque, appareils photos et téléphone portable. Mine de rien, on avance à travers tout le 20e siècle, ce qui fait un voyage passionnant à mes yeux.
Éditions Komics Initiative – 2021 – 189 pages – 19 €
Bande dessinée | Alaska | Amitié | Nature | Animaux | Aventure
Radar à diversité : [présence d’un personnage en situation de handicap]
Quelque part en Alaska, Katya passe ses vacances chez sa grand-mère. Ses seuls amis, elle les trouve dans les bandes dessinées. Un jour, sa route croise celle d’un ours kodiak. Blessé, affamé, il fait peine à voir. Pas le choix ! Il faut l’aider. La naissance d’une solide amitié, ça tient parfois à rien ! C’est là que le plus beau et le plus incroyable des voyages commence.
Une bande dessinée que j’avais depuis sa sortie dans ma wishlist et que j’avais très envie de découvrir, chose faite en l’empruntant à la médiathèque. J’en ressors contente, j’ai passé un bon moment, même s’il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour être pleinement emballée par ma lecture.
Point extrêmement positif : les illustrations. Elles sont tout bonnement magnifiques, de très belles aquarelles. Les couleurs sont superbes, j’adore les palettes employées, le design des personnages les rendent identifiables très rapidement, cet ours est absolument trop mignon. Et les paysages que l’on soit en Alaska ou aux États-Unis sont soignés, décors urbains ou naturels prennent vie sous nos yeux. Jared Cullum a réellement un coup de crayon proche d’un film d’animation, ce qui donne des planches vivantes et expressives.
Même si j’ai eu un goût de trop peu, les thèmes, les petites choses posées çà et là donnent envie d’en avoir plus. Cette petite fille qui vit chez sa grand-mère et qui a l’air d’avoir une famille compliquée, cet homme en situation de handicap, l’amitié qui lie Katya et Kodi, c’est hyper touchant et j’aurais aimé plus de développement, en revanche, l’aspect aventure est lui pleinement présent. Et mine de rien, les personnages sont attachants.
En fait, j’ai trouvé l’histoire chouette et mignonne, mais sans plus. Je suis incapable d’expliquer pourquoi, le tout est charmant, le rythme contemplatif sur la partie nature contraste avec la ville bouillonnante, c’est agréable à lire côté répliques, les bulles ne mangeant pas les illustrations. Mais l’intrigue manque un peu de péripéties, d’antagonismes, d’enjeux – quelque chose n’a pas entièrement fonctionné avec moi.
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