La Parenthèse d’oubli de Les carnets de Cerise de Joris CHAMBLAIN et Aurélie NEYRET
Tome 6 de la saga Les carnets de Cerise
Éditions Oxymore – 2024 – 76 pages – 17 €
Bande dessinée | Enfance | Aventure | Voyage | Famille | Animaux
Cerise rêve de devenir romancière et écrit déjà ses carnets. Son sujet favori : les gens, et surtout les adultes, qu’elle a toujours aimé observer pour tenter de deviner leurs secrets. La raison de cet intérêt a été dévoilée avec émotion à la fin du premier cycle. Dans ce nouvel opus, Cerise et sa famille recomposée, parties pour un voyage autour du monde, visitent notamment l’Europe, l’Afrique, l’Amérique du Sud, ou encore le Sahara… Au cours de ce périple, Cerise se confronte à ses dragons intérieurs, découvre la force de l’entraide et du partage, et cultive même sa conscience écologique. Chacun apprend à composer, dans l’échange et le silence, pour trouver sa place et finalement s’apprivoiser. Un grand voyage qui, par ses thèmes, touchera les consciences et les cœurs.
Une très belle surprise qui annonce peut-être l’arrivée d’un nouveau cycle, en tout cas je l’espère sincèrement. Je ne m’attendais pas à retrouver Cerise pour de nouvelles aventures et j’ai bien aimé ce retour inattendu – je garde un excellent souvenir des premiers tomes, j’ai été moins emballée par le spin-off autour de Cerise et Valentin, mais ce livre fut trop cool à lire.
En vrai, si je peux chipoter, je pense que j’aurais adoré avoir le livre de Cerise et Valentin, celui-ci et d’autres péripéties futures pour créer ce nouveau cycle. Parce que tout n’était pas à jeter dans ce spin-off et que celui-ci a un goût de trop rapide à mes yeux. J’aurais sans doute préféré un tome pour chaque saison, histoire d’apprécier ce voyage autour du monde, de développer plus spécifiquement chaque thématique, relation ou sujet évoqué ici.
Surtout que des événements merveilleux, des belles retrouvailles, des chamboulements et des liens, des émotions, des scènes touchantes ou attendrissantes, le tome en est rempli et je ne me suis pas ennuyée. Je me suis laissée porter par cette nouvelle histoire où je retrouve l’esprit des Carnets de Cerise d’origine, sous une autre forme. Ce qui est top pour bien différencier les deux cycles.
J’ai eu beaucoup d’affection pour le père de Valentin qui est adorable et gentil, les scènes entre lui et Cerise sont si belles. Pareil pour la mère de Cerise avec Valentin, c’était trop mignon. J’ai beaucoup aimé retrouver notre jeune héroïne qui vit un beau voyage autour du monde et de profonds changements, elle aborde la pré-adolescence, voire l’adolescence et cela donne des difficultés, des nouvelles pistes intéressantes, comme l’écologie entre autre.
D’ailleurs ce voyage fut bien orchestré, j’aurais aimé en voir plus, mais peut-être que nous aurons d’autres souvenirs dans les prochains tomes (s’il y en a). En attendant, les planches ont été magnifiques pour montrer les paysages, les ambiances qu’elles soient de jour ou de nuit, j’en ai pris plein les yeux. Les pages du carnet sont toujours au top et prennent encore plus de sens avec cet aspect exploration.
Blanc Autour de Wilfrid LUPANO et Stéphane FERT
Éditions Dargaud – 2021 – 144 pages – 22 €
Bande dessinée | Adulte | États-Unis | Ségrégation | 19e siècle | Éducation | Féminisme | Histoire vraie
Avertissement : [violences verbales et physiques, actes et propos racistes]
1832, Canterbury. Dans cette petite ville du Connecticut, l’institutrice Prudence Crandall s’occupe d’une école pour filles. Un jour, elle accueille dans sa classe une jeune noire, Sarah. La population blanche locale voit immédiatement cette « exception » comme une menace. Même si l’esclavage n’est plus pratiqué dans la plupart des États du Nord, l’Amérique blanche reste hantée par le spectre de Nat Turner : un an plus tôt, en Virginie, cet esclave noir qui savait lire et écrire a pris la tête d’une révolte sanglante. Pour les habitants de Canterbury, instruction rime désormais avec insurrection. Ils menacent de retirer leurs filles de l’école si la jeune Sarah reste admise. Prudence Crandall les prend au mot et l’école devient la première école pour jeunes filles noires des États-Unis, trente ans avant l’abolition de l’esclavage.
Depuis la Marche-Brume, je suis très intéressée par le travail de Stéphane Fert, donc petit à petit, je déniche à la médiathèque des livres à emprunter. Cette fois-ci, je suis tombée sur Blanc Autour, tirée d’une histoire vraie et qui forcément a attiré ma curiosité. Je ne regrette absolument pas ma lecture et ce fut très intéressant de se plonger dedans.
J’ai adoré lire les pages en fin de livre, elles permettent d’apporter des détails en plus, de présenter davantage les personnages et surtout, de démêler le vrai du faux, de renseigner sur ce qui leur est arrivé par la suite. C’était au top d’un point de vue pédagogique et j’étais fascinée par le travail abattu par les créateurs pour donner vie à cette histoire.
Les planches sont évidemment magnifiques, mais je n’avais aucun doute dessus. Stéphane Fert fait un très beau travail sur les couleurs, sur le design des personnages, sur les décors pour nous immerger dans les États-Unis du 19e siècle. C’est super expressif, notamment grâce à la façon dont l’illustrateur manie les couleurs pour créer des ambiances uniques.
Ce fut une bande dessinée fascinante et qui parle avec brio de thèmes révoltants, comme le racisme, la ségrégation dont furent victimes les afro-américains. J’ai beaucoup aimé les thématiques de l’éducation, notamment de l’enseignement donné aux femmes. Le travail du texte permet de montrer toute la cruauté de l’époque et cette forte envie de justice et d’équité. D’autres sujets viennent se greffer autour de ce cercle de femmes soudées, la sororité était superbe et je me suis attachée à chacune d’elle, dans leur diversité de point de vue, de caractère.
Joe la pirate de HUBERT et Virgine AUGUSTIN
Éditions Glénat – 2021 – 224 pages – 24 €
Bande dessinée | Adulte | Histoire vraie | Biographie | 20e siècle | États-Unis
Avertissement : [violence physique et verbale, colonialisme, alcoolisme et tabagisme]
Radar à diversité : [personnage queer, romances et personnages LGBT]
La vie est trop courte pour s’ennuyer. C’est l’histoire d’une petite fille née en 1900 à Londres, qui « se sentait déjà queer dans la matrice ». En grandissant, elle a fait le tour du monde, elle a lancé sa compagnie de taxis féminins, elle a fait la guerre, elle a battu des records de vitesse dans des courses de bateau, elle a régné en monarque éclairé sur une île des Bahamas, elle a eu pour meilleur ami et confident une poupée… Vivant plusieurs vies, elle a porté plusieurs noms. A sa naissance, on l’appelait Marion. Puis à 5 ans, après une chute de chameau, elle a choisi le pseudonyme de Tuffy. Enfin, c’est très vite dans le prénom Joe qu’elle s’est vraiment reconnue. Et c’est en homme qu’elle a forgé sa réputation et créé sa légende… Cette femme – ne vous y méprenez pas – a vraiment existé. Amoureuse de la compétition, de la vitesse et des conquêtes féminines, Joe Carstairs a vécu une existence fidèle à son personnage : explosive, impulsive et excentrique. Suivez la destinée d’une femme richissime au charme incandescent, pleine d’une confiance inébranlable et pour qui la vie ne fut qu’un long feu de joie.
Une bande dessinée captivante qui sort des sentiers battus en raison de la personnalité incroyable de Marion Carstairs. Depuis sa sortie, cette histoire m’intriguait et le live Twitch d’Ultia avec Glénat durant lequel Virgine Augustin parlait de ce titre n’a fait que renforcer cette envie de découvrir ce livre.
Je ne suis pas conquise à 100 %, mais quelle BD incroyable pourtant ! Le parcours de Joe est fascinant et j’ai beaucoup aimé le travail effectué par le duo pour donner du relief, en bien comme en mal. Si je ne me suis absolument pas attachée à Joe Carstairs, bien des travers/défauts que je ne cautionne pas, j’ai quand même apprécié ce voyage temporel.
On traverse une bonne partie du 20e siècle à travers cette bande dessinée et le visuel est formidable. Les planches sont en noir et blanc, expressives et soignées dans les traits et design des personnages ou encore des émotions. Je suis très fan des décors qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, parce que cela permet de voyager dans le temps si l’on prête attention aux détails.
On a une histoire super bien menée grâce à l’excellent texte d’Hubert, et bien des thématiques sont très intéressantes à lire, les conditions des femmes et le féminisme, la guerre, le paraître, le trio famille – amour – amitié, le monde LGBT, le décolonialisme et les rapports humains, l’argent… J’ai adoré lire cette bande dessinée, parce que c’était passionnant de réfléchir à tous ces sujets et de les exploiter à travers le regard de Joe.
Ce que les corbeaux nous laissent de Sophie LEULLIER
Éditions Dupuis – 2024 – 160 pages – 20 €
Bande dessinée | Adulte | Médiéval | Monde celte et scandinave | Normandie | Famille | Deuil | Esprit
Avertissement : [scènes explicites, violences, meurtre, alcoolisme]
Radar à diversité : [personnages et romances LGBT]
Dans les contrées normandes du IXe siècle, Tarik et Adalrik grandissent aux côtés de leur maman Galwinthe. Lorsque qu’Adalrik est assassiné, Tarik se mure dans le silence. Hanté par le fantôme de son frère, il grandit à la recherche d’une vengeance qu’il espère salvatrice. Noyant son chagrin dans l’alcool et les arnaques, il est convaincu que retrouver les coupables l’aidera à faire son deuil. Bercée par les croyances celtes et vikings, Galwinthe se réfugie dans l’étude de parchemins pour trouver comment guider Adalrik dans le royaume des morts. Ensemble, ils vont découvrir que le sort d’Adalrik était scellé depuis des années. Depuis un événement dramatique lié à Galwinthe…
Une bande dessinée que j’avais repéré et qui piquait ma curiosité pour tout ce qu’elle laissait entrevoir à travers son résumé. Je suis contente de cette lecture, parce que je vais suivre le travail de Sophie Leullier avec plaisir.
Cette ambiance de Normandie d’époque médiévale entre monde celtique et nordique m’a totalement embarquée. Et cela se voit avec les magnifiques planches de l’autrice qui donne de la matière aux décors, aux objets ou encore aux éléments pour décorer son histoire. Tant que je parle du style de dessin, autant terminer, les traits sont raffinés, le tout est très expressif et lisible, les actions comme les émotions sont soignées et les couleurs m’ont enchanté.
Les personnages principaux, Galswinthe et ses fils Tarik et Adalrik, sont passionnants et travaillés, que ce soit dans leur design, dans leurs histoires respectives ou encore dans les thématiques qu’ils vont exploiter, rien n’a été laissé au hasard. J’ai beaucoup aimé ces affaires de familles, de deuil et de vengeance, avec cette forte présence de féminisme et du sujet de la condition des femmes, avec des traumatismes et des blessures, avec un zeste de fantastique à travers la mort et la magie.
C’était dense et en même temps trop court. J’aurais presque aimé un développement en deux tomes pour laisser du temps, de la respiration. Ou peut-être parce que j’étais trop à fond dedans et que j’aurais aimé en lire plus. Néanmoins, ça n’a pas entamé mon enthousiasme, j’ai adoré l’histoire qui était prenante et parfaite pour une saison automnale.
Le réveil du dragon de Jérôme PELISSIER et Carine HINDER
Tome 1 de la saga Brume
Éditions Glénat – 2023 – 60 pages – 13 €
Bande dessinée | Enfance | Fantasy | Magie | Dragon
Apprentie sorcière : croire en soi reste le plus puissant des sortilèges ! Recueillie dans la forêt par un père aimant, Brume est une petite fille espiègle qui ne rêve que d’une seule chose : devenir sorcière ! Le jour où son papa adoptif lui dévoile l’ouvrage secret qui entoure sa naissance, un grimoire de magie, tout s’éclaire. Et si Brume était une véritable sorcière ? Et la voilà, traînant un chaudron d’occasion derrière elle, prête à ouvrir sa première échoppe de sorcière ! N’en faisant qu’à sa tête, elle recrute en chemin son assistant, un petit cochon prénommé Hubert, et se lie d’amitié avec Hugo, un petit garçon ravi de l’aider dans cette entreprise exaltante. Mais Brume ne semble pas avoir les aptitudes d’une véritable sorcière… Ses sorts ne produisent aucun effet. Quant à sa première potion, elle vient de plonger tout le village dans un épais brouillard ! Peu importe : convaincue de la puissance de ses pouvoirs, elle décide de s’engouffrer dans la forêt interdite pour combattre un dragon légendaire qu’elle tient pour seul responsable de ce brouillard nauséabond. Têtue, déterminée et un brin arrogante, elle va entraîner Hugo et Hubert dans une folle aventure qui va en surprendre plus d’un. Et si Brume avait réellement un don et une destinée hors du commun ?
Une très belle découverte que je rêvais de faire depuis sa sortie, la couverture et le résumé me donnait trop envie de rencontrer Brume et je ne regrette pas une seule seconde. J’ai même trop hâte de pouvoir retrouver les personnages dans la suite désormais.
L’ambiance de village aux allures de petites cités de caractère et qui est clairement inspiré de la ville en Bretagne où vit le duo, cette brume mystérieuse ayant apporté la petite fille, cette forte présence de magie, le dragon, tout participe à créer une atmosphère délicieuse et automnale qui m’a séduite du début à la fin.
Les personnages sont si attachants que c’est un régal de les découvrir et de les suivre au fil des péripéties entraînantes imaginées par Jérôme Pélissier et Carine Hinder. Brume est une petite fille audacieuse et malicieuse, déterminée à prouver qu’elle est une sorcière, avec du caractère et du panache, elle m’a tant fait rire. Hugo est un garçon soucieux des autres, un très bon meilleur ami, la voix de la sagesse, plein de doutes et de loyauté. Quant à Hubert, c’est un cochon encore mystérieux à mes yeux, mais qui est trognon et astucieux.
Le trio fonctionne à merveille et l’histoire de ce premier tome permet d’aborder une intrigue propre au livre tout en apportant quelques pistes pour s’intéresser à la saga dans son entièreté. C’est dynamique avec une bonne dose d’humour, un texte savoureux et soigné, des répliques pétillantes le tout sublimé par des illustrations sublimes. J’ai adoré les planches, le trait élégant et expressif, les couleurs très chouettes pour nous plonger dans cet univers de magie et de nature.
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