LECTURES EN VRAC : Capitana, La longue marche des dindes, Le spleen du pop-corn qui voulait exploser de joie, Miss Dumplin, Reine de l'Ouest
Capitana de Cassandra JAMES
Tome 1 de la saga Capitana
Éditions Michel Lafon – 2025 – 379 pages – 19 €
Roman | Young Adult | Fantasy | Piraterie | Aventure | Romance
Avertissement : [scènes de violences et de bataille, harcèlement]
Radar à diversité : [personnage principal avec un seul œil, culture et histoire d’Amérique latine du 18e]
Monkey Island Theme repris pour le jeu Sea of Thieves
Meilleure chasseuse de pirates de tous les temps, Ximena Reale a pour mission de rétablir l’honneur de sa famille. Alors quand Gasparilla, le plus cruel des pirates, attaque la capitale et prend la reine en otage, Ximena doit prouver qu’elle mérite de faire partie de l’élite. Lancée à l’assaut des mers, saura-t-elle affronter les fantômes de son passé et triompher du terrible capitaine ?
Je suis trop fan des aventures et de pirates, et donc, en voyant ce titre à la Masse Critique de Babelio, je n’ai pas résisté très longtemps, et je suis heureuse d’avoir pu découvrir ce premier tome. Je remercie donc les éditions Michel Lafon pour cet envoi, et même si je ressors intriguée, le chemin fut difficile. Je suis curieuse de lire la suite désormais.
Frustrant. Je pense que c’est certainement le mot qui qualifie mon expérience de lecture. Parce que l’histoire, la saga a du potentiel, l’autrice a parfaitement su distiller des thématiques, des indices, des éléments qui vont jalonner la suite de l’histoire dans sa globalité. Sans oublier les recherches historiques sur le vrai Gasparilla, sur la culture de l’Amérique latine au 18e qui permettent de donner une ambiance particulière au récit.
C’est bien écrit du côté du style, fluide et agréable, je ne suis pas forcément très fan des chapitres qui sont très longs à mes yeux, mais j’ai trouvé la plume de Cassandra James sympathique à lire, j’ai quand même réussi à enchaîner plusieurs sessions de lecture sans problèmes. Il y a de bons ingrédients comme je le disais, du voyage, des explications, de la tension, des révélations, des émotions, des mystères, des batailles, il y a de quoi maintenir son attention éveillée.
Mais, le plus gros point noir pour moi : c’est un premier tome d’introduction. Et tout l’enrobage ne changera pas cette donnée. La structure du récit donne un morceau sur terre ferme redondant et trop explicatif de 150 pages, pour un voyage en mer de 120 pages, pour un final qui – sincèrement – est génial, mais qui ne fait que 80 pages.
Ainsi, j’ai dû m’accrocher pour être dans l’histoire, ce qui n’était pas intéressant est trop développé alors que ce qui méritait d’être travaillé n’est que survolé, j’ai trouvé ça dommage et j’espère que le second tome permettra plus de voyage, de mer et de piraterie. Autre problème, Ximena, j’ai eu du mal avec le personnage principal qui met tellement de temps à évoluer que je suis curieuse de voir ce qu’elle va devenir. Elle est hyper arrogante et si détestable que j’ai largement préféré Dante et l’Amiral Perez.
Les personnages secondaires sont géniaux, avec des reliefs, en bien ou en mal, ils sont très intéressants, je pense à Dante, l’Amiral, l’archiviste Pia qui est ma préférée pour ce premier opus, la grande sœur de Ximena. J’ai aimé lire leurs répliques, les découvrir et suivre leur évolution, les vérités sous les mensonges. Au-delà des protagonistes, j’ai adoré l’univers et les îles visitées, j’ai bien aimé voir cette société très imparfaite, car je vois des thématiques passionnantes au niveau des messages : politique, la corruption, condition de vie, etc. Je suis donc curieuse de voir ce qui sera développé par la suite et de quelle façon.
La longue marche des dindes de Kathleen KARR
Éditions L’École des loisirs – 2018 – 265 pages – 7 €
Littérature jeunesse | 19e siècle | États-Unis | Western | Voyage | Historique | Humour
Avertissement : [personnage alcoolique et scènes de boissons alcoolisés, violences physiques, thème de la mort et du deuil, thème de l’esclavagisme]
Radar à diversité : [personnage afro-américain et natifs amérindiens]
A Nature Symphony d'Anne de Green Gables
Au XIXe siècle, après avoir quadruplé son CE1 à 15 ans, Simon se voit refuser l’entrée en CE2 et doit déployer ses ailes. Aussi, le soir même de cette mauvaise nouvelle, lorsqu’il apprend que les dindes sur pattes valent 20 fois plus à Denvers que chez lui, Denvers étant distant de 1000 Km, il décide d’y convoyer un troupeau de 1000 têtes alors devenu son fond de commerce. Le désert, les rocheuses et les indiens laisseront-ils passer cette étrange caravane ? La fortune l’attend-elle à Denvers ?
Après avoir découvert l’excellente bande dessinée de Léonie Bischoff, j’étais impatiente de lire le roman et je dois dire que l’adaptation est géniale, fidèle au matériau d’origine et le sublime. J’ai passé un chouette moment avec ce court récit qui clairement ravira le lectorat jeunesse et préado.
Un régal de retrouver Simon et ses camarades et de refaire ce voyage jusqu’à Denvers. L’intrigue est une longue route où l’autrice a parfaitement maîtrisé son rythme entrainant. Chaque chapitre apporte son lot de péripéties, de réflexions sur tout un tas d’éléments et permet de nous attacher davantage aux personnages. C’est truculent à souhait, avec un sens de l’humour très mordant, une belle énergie et de bonnes émotions.
J’ai adoré m’immerger au cœur du 19e et des États-Unis, savoir que l’autrice a utilisé deux faits historiques de l’époque pour créer cette histoire rend le tout plus passionnant à suivre. C’est super bien écrit, avec ce qu’il faut pour donner de la matière sur l’époque visée tout en apportant énormément de fraîcheur et de modernité. On parle de famille dysfonctionnelle, de courage et de dépassement de soi, de rêves et de projets, de lien avec la nature et les animaux, de maltraitance et d’esclavagisme, de maladie et de deuil, d’alcoolisme, des adultes bien irresponsables et irrespectueux, d’adolescents débrouillards, d’amitié, c’était captivant du début à la fin et super bien exploité par l’autrice.
Par ailleurs les dialogues apportent son lot de mordant pour des personnages absolument atypiques. Tous sont rejetés ou abandonnés, fuyant quelque chose ou quelqu’un, et ils vont se retrouver ensemble pour se créer une famille de cœur. Simon est un protagoniste principal très attachant, ses compères sont très différents de lui, un vieil homme qui lutte contre ses démons passé et une addiction, un autre ado qui ne cherche que la liberté, une jeune femme marquée par la douleur et l’isolement. J’ai adoré chacun d’eux et je n’aurais pas été contre une deuxième aventure !
Le spleen du pop-corn qui voulait exploser de joie de Raphaëlle GIORDANO
Éditions Plon (Grand Format) et Pocket (Poche) – 2022, 2023 – 312 et 336 pages – 20 € et 8 €
Découvert en format audio aux éditions Lizzie, 408 minutes lues par Jessica MONCEAU, 2022
Roman adulte | Contemporain | Romance | Feel good | Monde du travail
I will become a cat de Fruits Basket
Joy a trente-quatre ans, vingt ans dans son corps et cent ans dans sa tête. À quel moment sa prise de joie s’est débranchée ? Difficile à dire. Ces choses-là, ça arrive sans prévenir. Joy travaille dans une agence de Celebrity marketing qui connecte des talents VIP avec de grandes marques pour les auréoler de prestige. Dans ce monde d’image et de luxe mieux vaut être brillant. Mais Joy ne se sent pas vraiment de talents particuliers. Pour compenser ce côté soi-disant lambda qui la complexe, elle se met de toujours plus de pression. Pour couronner le tout, voilà qu’on confie à Joy la délicate mission d’organiser un événement original pour célébrer les dix ans de l’agence. C’est ainsi qu’elle va faire la connaissance de Benjamin et de sa joyeuse petite troupe. Ils ont un mois pour relever le défi. Leur rencontre va bouleverser Joy dans ses certitudes et lentement lui ouvrir les yeux. Mais attention, car un pop-corn qui éclate, ça fait du bruit, beaucoup de bruit…
Dans mon envie de découvrir de nouveaux horizons (auteurs, genres littéraires), je poursuis mes expériences audio via Spotify et j’ai décidé cet été de lire ce titre. Parce que oui, Le spleen du pop-corn qui voulait exploser de joie, ça m’a aussitôt intriguée et je n’avais jamais lu de romans de cette autrice, donc autant se jeter dans cette aventure. J’en ressors mitigée, certes, mais j’ai passé un bon moment quand même.
Le livre est clairement dans une vibe feel good, parce qu’il est truffé de réflexion sur l’amour et l’amitié, sur le monde du travail, sur le dépassement de soi et trouver sa voie, la gestion des émotions et le respect de ses limites, la pression et l’organisation, le rapport au numérique et aux applications… Ainsi à travers Joy, j’ai bien aimé avoir de quoi réfléchir sur ce qui m’entoure. D’autant plus que la narratrice fait un très chouette travail pour nous plonger dans ce récit, l’écoute est hyper agréable et le roman est très court, moins de 7 heures pour le découvrir.
L’histoire se laisse lire, je n’ai pas eu de coup de cœur pour la plume, mais l’expérience audio était clairement chouette. J’ai trouvé qu’il y avait de bonnes idées, des rebondissements intéressants, les activités pour aider Joy sont super intéressantes et le final est aussi explosif qu’attendrissant, avec de bons messages développés. C’est mignon tout plein, même si je trouve qu’on aurait pu y aller mollo pour être un poil moins niais.
Si j’ai adoré le personnage de Benjamin ainsi que ses collègues formidables, haut en couleurs et passionnants, c’est loin d’être le cas pour Joy et l’agence. J'ai été gênée par les surnoms peu flatteurs et l'aspect toxique des personnages - même si je comprends l'utilité d'un point de vue scénario. Je n’ai pas du tout accroché à la romance entre Joy et son patron, l’adultère – c’est comme les triangles amoureux, ça me fait un aspect répulsif. J’ai préféré les chapitres du point de vue de Benjamin.
Miss Dumplin de Julie MURPHY
Éditions Michel Lafon – 2015 – 490 pages – €
Roman | Young Adult | Contemporain | Obésité et surpoids | Famille | Amitié | Romance | États-Unis | Lycée
Avertissement : [grossophobie]
Radar à diversité : [personnage principal en surpoids]
Jolene de Dolly Parton
Willowdean est ronde, et alors ? Pas besoin d’être super slim pour s’assumer. Jusqu’au jour où elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom, et ne tarde pas à lui voler un baiser. Mais peut-il vraiment l’aimer ? On lui a tellement dit que les filles comme elle ne sont que des seconds rôles. Un seul moyen de retrouver confiance en elle : faire la chose la plus inimaginable qui soit… s’inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, ex-miss au corps filiforme. Entraînant dans son sillage tout un groupe de candidates hors normes, Will va prouver au monde, et surtout à elle-même, qu’elle aussi a sa place sous les projecteurs.
C’était une lecture qui m’intriguait depuis sa sortie grand format en raison des thématiques exploitées et parce que j’avais regardé l’adaptation Netflix à l’époque. J’en avais entendu du bien, et j’avais adoré le film, cependant la version ebook est resté durant des années et je l’ai sorti durant l’été 2025. Je pense que je conserverai un bien meilleur souvenir du film que du roman.
Je ressors mitigée, voire avec le sentiment de ne pas avoir fait une si bonne lecture que ça. Je me suis ennuyée durant les 3/4 du récit en trouvant que les intrigues tournaient en rond à en devenir poussif. Un roman plus court aurait été plus percutant à mes yeux.
En plus, j’ai trouvé un déséquilibre dans le traitement des personnages. Ceux qui sont attachants ne sont pas sympathiques, ce qui est le cas de Willowdean par exemple, et à contrario, ceux qui ne sont pas attachants ou pas assez développés sont très gentils. Ce qui rend les relations très frustrantes.
Beaucoup d’avis à l’époque trouvaient le roman novateur pour son traitement des personnes en obésité ou surpoids. Seulement, Willowdean en parle à toutes les sauces, tous les personnages (sa mère la première) s’en donne à cœur joie sur la grossophobie. TOUT tourne toujours autour du corps, de la beauté, du quand dira-t-on, du poids, ce qui ne me paraît pas novateur même en 2015. Et c’est d’autant plus triste que la plume est soignée et agréable à lire.
Reine de l’Ouest de H. LENOIR
Éditions Sarbacane – 2024 – 672 pages – 20 €
Roman | Young Adult | Western | Historique | Aventure | Romance | Voyage
Avertissement : [scènes explicites à caractère sexuel, scènes de violences physiques et verbales envers des humains et/ou des animaux, guerre, médecine et actes chirurgicaux, alcool, prostitution]
Radar à diversité : [personnages et romances LGBTQIA+, personnages racisés, trouple, travailleurs et travailleuses du sexe]
Main Theme du jeu Red Dead Redemption
Boston, 1892. Vous incarnez Miss Jones, une jeune fille de bonne famille, curieuse et large d’esprit. Le mariage ? Non merci ! D’ailleurs, le Grand Ouest – et l’indépendance – et l’aventure – vous attendent… Entre les faussaires charmeurs, les hors-la-loi rugueux, les madames de lupanar, les majors poivre-et-sel, les héritières en fleur et autres rencontres fascinantes, vous aurez joyeusement l’occasion de vous fourrer dans le pétrin. Finirez-vous institutrice ? Chercheuse d’or ? Infirmière ? Trappeuse ? Épouse respectable ? Ou même… Reine de l’Ouest ? Dans tous les cas, vous resterez vous-même : brillante, drôle et libre, l’inimitable Miss Jones !
L’ayant découvert sur le blog Les lectures de Marinette, j’étais impatiente de découvrir ce livre dont vous êtes l’héroïne. Quel regret de ne pas en avoir fait une série en explorant diverses époques historiques ou encore des catégories de la fantasy, de la science-fiction… Parce que sincèrement, je les achète !
C’est un très bon livre pour jouer et rejouer, engagé sur le plan féministe – inclusivité et diversité, brillant de panache par son aspect fantasque et immersif côté western. J’aime le personnage principal, parce qu’elle permet toutes les fantaisies, elle est audacieuse et soucieuse, espiègle et moderne, je me suis rapidement pris au jeu et j’ai adoré relire le livre pour en découvrir toutes les fins, percer tous les embranchements possibles.
Le texte est très bien écrit, c’est super accessible tout en plant un décor immersif et soigné. Il y de l’émotion, de l’action, des répliques bien vives avec un humour qui m’a séduite, c’est très plaisant d’avancer dans l’histoire et je me suis pas ennuyée durant mon expérience de lecture.
Les personnages secondaires ou tertiaires sont intéressants, même si j’aurais aimé un peu plus de développement. Ils restent passionnants, permettant d’exploiter des thématiques variées, d’exercer des métiers différents et d’avoir des romances multiples.
Maintenant, je vais juste attirer l’attention sur le fait que ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains, les relations sont toutes consenties et saines, néanmoins, elles sont très explicites dans les scènes 18+, fort heureusement, vous pouvez parfaitement vous en passer, car H. Lenoir a pensé à vous prévenir et à vous laissez une échappatoire.









0 comments