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LECTURE EN VRAC : Boulangerie et auberge magique - Noël est une arnaque - Rosaces et Dragons - Café Marble
Guide pratique pour boulangère magique de T. KINGFISHER
Éditions Seuil Jeunesse – 2025 – 384 pages – 18 €
Roman | Adolescent | Fantasy | Pâtisserie et boulangerie | Enquête | Magie
Avertissement : [scènes de violences verbales et physiques, guerre, meurtre]
À Pont-Aulacs, il y a des sorciers puissants capables de commander la foudre et le temps, et puis il y a les autres. Comme Mona, par exemple. Elle peut parler à la pâte à pain, animer du levain ou faire danser des petits gâteaux. Dans la boulangerie où elle est apprentie, sa magie fait des merveilles ! Quand Mona se retrouve soupçonnée d’un affreux crime qu’elle n’a pas commis puis pourchassée par le véritable assassin, elle n’a plus le choix : elle va devoir utiliser ses pouvoirs pour faire autre chose que des tartelettes !
Un roman qui me tentait depuis sa sortie dans le monde anglophone, quel régal de pouvoir mettre la main dessus en français, avec une très belle couverture qui donne le ton, un monde aussi délicieux, enchanteur et sombre. Une bonne lecture en ce qui me concerne et je suis impatiente de pouvoir lire un jour d’autres récits de l’autrice.
J’ai aimé ce roman parfait pour la période automnale et pour Halloween, il a ce qu’il faut pour s’émerveiller et frissonner, l’autrice a su équilibrer les deux pour donner une intrigue rocambolesque et fantasque, pleine de panache avec un humour bien dosé, des thématiques matures sous une aventure menée tambour battant. Je me suis pas ennuyée une seule minute.
L’ambiance est bien développée, une petite ville où quasiment tout le monde se connaît, des jeux de pouvoirs et de complots, des affaires de magie et de meurtres à résoudre, j’ai apprécié les différents rebondissements, cela donne quelque chose de confortable où de petits grains de sables viennent s’inviter dans les engrenages pour devenir grinçant, pesant et épique.
J’ai adoré le sujet de la famille, l’enquête de Mona pour s’innocenter, on parle de corruption et de pouvoir, de politique et de guerre, l’univers est en plus de ça, dense et sympathique à voir au fil des chapitres. J’aurais aimé un peu plus de développement pour certaines notions, mais je chipote, parce que dans l’ensemble et pour le lectorat visé, c’est un très bon récit.
Mona est une héroïne attachante, loin d’être une magicienne émérite ou une guerrière absolue, c’est une ado qui se sent parfois abandonnée, seule et démunie face aux événements qu’elle doit affronter. Elle ne se laisse pas démonter et j’ai aimé suivre Mona jusqu’à la dernière ligne. Quant aux autres protagonistes, ils sont très sympathiques, même si tous n’ont pas le temps d’être aussi abouti que Mona. J’ai eu beaucoup d’affection pour la Duchesse, le jeune Spindle et Molly, leurs histoires et leurs personnalités m’ont touché.
Noël est une arnaque ! de Tamara BALLIANA
Éditions Hugo & cie – 2024 – 412 pages – 8 €
Roman | New Adult | Romance | Contemporain | Noël | Cosy mystery | Alsace
Avertissement : [meurtre, violence physique, tentative d’empoisonnement, scène à caractère sexuel]
Clémentine a un problème : quelqu’un a tagué « Noël est une arnaque ! » sur la façade de son salon de thé fraîchement ouvert au cœur du village alsacien d’Illwiller. Clémentine subit les foudres des habitants outrés et la situation se complique lorsque François Wagner, un entrepreneur local qu’elle accusait du graffiti, est retrouvé mort dans la cabane à vin chaud. Elle devient la principale suspecte du séduisant gendarme Loris Masson. Devoir résoudre un meurtre n’était pas la façon dont Loris envisageait de passer les fêtes. Encore moins avec une enquêtrice en herbe dans les pattes en la personne de Clémentine, secondée par sa grand-mère extralucide et Devi, la chocolatière passionnée de crimes. Entre parade de la Saint-Nicolas, suspects en pagaille et ragots, il pourrait bien y avoir de la romance dans l’air au marché de Noël d’Illwiller !
Ayant beaucoup aimé N’oublie pas les chocolats de l’autrice, quand j’ai vu cet unique exemplaire en rayon, je n’ai pas hésité une seule seconde. Et je ne regrette absolument pas cet achat compulsif parce que j’ai eu un très gros coup de cœur pour ce titre. Je suis désormais impatiente de lire Vivre d’amour et de peinture fraîche qui a des allures d’été.
Je m’étais arrété qu’aux premiers mots du résumé, savoir que le décor était planté en Alsace, qu’on parlait de salon de thé et de noël, de tag mystérieux. Parce que le résumé en quatrième de couverture évoquait bien plus loin l’affaire de meurtre, donc quelle agréable surprise de voir se mélanger romance de noël et cosy mystery. Une très bonne idée parce que cela a donne du rythme au roman qui a m’a totalement séduite du début à la fin.
La partie romance est très chouette, les deux personnages, Clémentine et Loris, ont chacun une petite histoire, un petit truc caché ou à améliorer qui leur donne du relief, du mordant. De plus, leur alchimie est très jolie, leur relation ne va ni trop vite ni trop lentement et la scène 18+ est assez rapide pour ne pas déranger ou arriver comme un cheveu sur la soupe. De plus, le cadre enchanteur de l’Alsace en pleine période de la Saint-Nicolas, avec la neige, le marché de noël, les bredele, l’autrice a parfaitement planté son décor.
Quelle joie de retrouver Devi, l’héroïne de N’oublie pas les chocolats. Cela donne une troisième intrigue à suivre, celle d’une passionnée d’enquête, d’une belle amitié et de voir l’évolution de son personnage depuis le roman. Ainsi, si vous avez lu N’oublie pas les chocolats, vous avez le sourire, sinon, ce sera l’occasion parfaite de la rencontrer et de vous laisser tenter par son histoire et celle de Gabriel.
Enfin, l’intrigue policière est juste ce qu’il faut pour ma part. Trop loin dans le polar et l’autrice aurait pu tomber dans les incohérences, les problèmes de vraisemblance. Ici, je lui pardonne volontiers le fait d’avoir rapidement trouvé le coupable, parce que le jeu des suspects, l’enthousiasme de Clémentine pour s’innocenter, le travail de Loris valent la chandelle. Pas trop d’hémoglobine, des ragots, des dialogues savoureux, une plume soignée et moderne, fluide et addictive, j’ai passé un bon moment aux côtés de tous ces personnages et si Tamara Balliana propose une nouvelle histoire à Illwiller, je suis de la partie les yeux fermés.
Rosaces & Dragons de IELENNA
Éditions Slalom – 2025 – 384 pages – 20 €
Roman | Fantasy | Cosy | Dragons | Magie | Art du vitrail
Dans la ville d’Arc-en-Flammes, chaque habitant est lié à un dragon dès sa naissance. Depuis son plus jeune âge, Carl est complexé d’être accompagné par Brodeverre : petite, rose et bavarde – avec un sens aigu du drame ! Elle est pourtant son seul soutien face à sa maladresse chronique, véritable handicap dans son apprentissage de vitrailliste au côté de son père. Carl tente désespérément de lui faire honneur. Alors quand, à 17 ans, on lui confie son premier chantier, il pense que son avenir en dépend… Malheureusement, dès le lendemain, un dragon puissant détruit son œuvre. Carl n’a alors plus qu’une idée en tête : trouver le coupable, et prouver de quoi il est capable !
Depuis la sortie du livre, je voulais lire ce roman et tous les bons avis dessus me rendaient impatiente de mettre mon nez dedans. Quelle joie d’avoir pu le découvrir en ce début d’année 2026, il a une ambiance si chouette, réconfortante et douillette, c’était une belle lecture et j’espère découvrir la saga Persona désormais.
L’atmosphère et le cadre d’Arc-en-Flammes est très plaisante, j’ai apprécié le voyage, les divers recoins visités, le fait qu’on parle de l’art du vitrail et que tout soit concentré autour du verre, de la lumière, des couleurs. C’était super passionnant à découvrir, Ielenna a travaillé sa magie à travers les dragons et le don de la Flamme, c’était fascinant et j’aurais adoré en savoir plus.
Les dragons étaient trop mignons en plus de ça, Perleroi était majestueux, Brodeverre était géniale, du début à la fin, j’ai craqué pour cette dragonne hyper attachante et adorable. Mimepousse, tous ont une personnalité, un rôle auprès de leur humain. Ces derniers sont tout aussi captivants, les personnages de Carl et d’Isaline étaient bien pensés, individuellement comme en duo, j’ai adoré les rencontrer et les voir évoluer.
L’histoire était agréable à suivre, l’enquête autour de ce dragon mystérieux m’a enchanté dès le départ, et voir l’évolution d’Isaline comme de Carl rend l’intrigue encore plus sympathique à lire. La plume de Ielenna m’a plu, elle a abordé tant de thématiques et délivrés de si beaux messages autour des genres, des stéréotypes, des émotions et de la différence, j’ai apprécié ma lecture. La fin était exceptionnelle, dans mon top 10 des fins qui retournent le cerveau et tellement de citations que j’ai pu mettre de côté.
Tenir une auberge magique : guide de survie pour sorcières de Sangu MANDANNA
Éditions Lumen – 2025 – 434 pages – 18 €
Roman | Adulte | Fantasy | Cosy | Magie | Auberge | Famille
Avertissement : [certains personnages sont sexistes et racistes de manière non explicites, scène à caractère sexuel]
Radar à diversité : [personnages racisés, romance LGBT, autisme]
Sera Swan était autrefois l’une des plus jeunes et plus puissantes sorcières de sa génération… jusqu’au jour où tout a basculé. En ramenant sa grand-tante Jasmine d’entre les morts, elle a perdu la majeure partie de sa magie et a même été bannie de sa guilde. Sa vie se résume à s’occuper d’une auberge magique capricieuse et de ses hôtes tous plus loufoques les uns que les autres. Mais voilà qu’après quinze longues années, elle finit par mettre la main sur un sortilège capable de lui rendre enfin ses pouvoirs. Il est écrit dans une langue que plus personne n’est capable de déchiffrer. Plus personne, sauf peut-être Luke Larsen, leur tout nouveau pensionnaire et ancien crush de Sera quand elle était ado…
J’attendais avec impatience le nouveau roman de Sangu Mandanna après avoir eu un beau coup de cœur pour La société très secrète des sorcières extraordinaires. J’ai donc acheté à sa sortie celui-ci pour le dévorer durant mon Pumpkin Autumn Challenge, ce fut une belle lecture et je serais de nouveau heureuse de découvrir son prochain roman.
Le début fut un peu chaotique cependant, il y a avait beaucoup d’informations et de personnages à retenir pour si peu de pages, donc j’ai eu un peu de mal à entrer dans le récit. Toutefois, dès que j’ai pu cerner l’ensemble, je me suis davantage plongée dans le récit pour ne plus le lâcher. C’était une belle romance doublée d’une chouette cosy fantasy, le tout étant mignon et agréable à lire.
L’auberge était très accueillante, j’ai beaucoup aimé le fait qu’elle soit magique, cet aspect vivant rendait chaque recoin douillet, attachant. De plus, l’ambiance instaurée par l’autrice dans ce parfait mélange d’automne et arrivée de l’hiver m’a séduite aussitôt. J’ai été très touchée par l’histoire de Sera, par ces thématiques de modernité à distiller dans une magie très rigoriste, on parle de différence, d’acceptation de soi, d’autisme et de racisme, c’était passionnant et délicat.
La plume de l’autrice était donc très agréable à lire sur ces sujets, pour donner du relief à ce lieu enchanteur, pour donner du caractère aux personnages et créer une atmosphère réconfortante. Le final était super intense, avec ce mélange de doux-amer qui le rend parfait à mes yeux. J’ai adoré suivre Sera et ses compagnons dans cette quête avec de nombreux rebondissements, de belles trouvailles qui permet d’en apprendre plus sur les protagonistes et sur l’univers.
Enfin, les personnages sont sympathiques à rencontrer et à voir évoluer, en particulier Sera et Luke. La première est résiliente et attentionnée, quant au second, il était si attachant dans sa relation avec sa petite sœur, dans son histoire. Les deux ensemble formaient un duo trop mignon que j’ai aimé suivre au fil des chapitres. J’ai adoré Posy, la petite sœur de Luke, ou encore la tante de Sera, les résidents de l’auberge sont adorables ; en revanche, j’ai détesté Albert et Clemnie.
Un jeudi saveur chocolat ET Un lundi parfum matcha de Michiko AOYAMA
Tomes 1 et 2 de la saga Café Marble
Éditions J’ai Lu – 2024 et 2025 – 221 et 2019 pages – 9 et 8 €
Roman | Lectorat Adulte | Contemporain | Tranche de vie | Japon | Amour | Famille | Tranche de vie | Amitié | Pâtisserie | Café
Radar à diversité : [autrice et culture issue du Japon]
À Tokyo, le petit café caché sous les cerisiers le long de la rivière Meguro accueille toutes les semaines une mystérieuse habituée. Chaque jeudi, Mme Cacao – comme la surnomment gentiment les employés – commande un chocolat chaud avant de s’installer à la même table en bois proche de la baie-vitrée. Et chaque jeudi, elle sort un délicat papier à lettre et se lance dans la rédaction d’une longue missive. Une routine immuable qui ne manque pas d’éveiller la curiosité du serveur. Jusqu’au jour où Mme Cacao éclate en sanglots devant sa tasse…
Quelle joie de retrouver la plume de Michiko Aoyama dans ce Café Marble que je voulais lire depuis si longtemps et si l’on retrouve le même procédé qu’avec La forêt au clair de lune, l’autrice est très loin du copié-collé. Et comme j’ai adoré cette chouette lecture, je suis impatiente de poursuivre l’aventure avec Un lundi parfum matcha.
J’ai aimé percevoir les petits détails de certains chapitres qui vont devenir des éléments cruciaux dans le chapitre suivant ou précédant. C’est super construit et ça demande un gros travail pour tout structurer sans s’emmêler les pinceaux, sans trop en faire et pour nous laisser aussi la possibilité de relire les romans pour être attentifs à tout ceci maintenant qu’on est dans la confidence.
Je suis donc admirative de la plume de l’autrice qui use de simplicité et d’efficacité pour dévoiler des personnages fascinants à des moments clés de leur vie pour des raisons amoureuses, professionnelles, médicales ou amicales. J’aime bien ce Café Marble, le serveur, le Master qui sont le fil rouge de ce premier opus, le lien le plus évident de toutes ces histoires qui se succèdent.
J’ai adoré ce voyage entre Tokyo et Sydney, j’allais de surprise en surprise au fil des rencontres, des liens qui se tissent, des joies et des peines, des doutes, avec cette présence de l’art, de la parentalité et de l’amitié, du mariage et des amours qui naissent. Le roman est plein de thématiques intéressantes et de personnages fascinants à suivre, même si j’avoue volontiers que j’ai ressenti plus d’émotions avec La forêt au clair de lune qu’avec celui-ci.
En revanche le concept est vraiment top, le roman se lit tout seul, en deux sessions de lecture je l’ai savouré et je suis impatiente de découvrir le prochain tome, de savoir après les couleurs, quel va être la thématique des noms de chapitre, et c’est probablement ça le point fort de la série : la surprise. On ne sait pas à l’avance qui on va rencontrer, ce qui va se passer, comment toutes les pièces s’imbriquent, et je suis curieuse.
Deuxième opus du Café Marble pour ma part et je reste sur mon opinion principale, celle d’un laboratoire pour l’autrice qui lui permet d’expérimenter des procédés et des sujets qu’elle transforme sur la longueur dans ses romans one shot comme La bibliothèque aux rêves secrets ou encore La forêt au clair de lune dont je resterai plus fan que cette saga.
Ce qui me fait dire que s’il y a un tome 3, j’ai intérêt à relire les deux opus en prenant des notes pour garder les choses en tête, parce que c’est une immense fresque dense, reliée par des éléments récurrents ou bien des personnages variés que l’on peut retrouver d’un tome à un autre. C’est probablement ce travail de fourmi qui me fascine le plus dans cette série.
Ce qui apparaît anecdotique, isolé ou ce personnage à peine vu, présenté sera primordial dans le chapitre suivant ou inversement. J’ai donc apprécié me triturer les méninges pour reconstituer le puzzle, et c’est probablement du fait de ce jeu prenant que j’ai été moins présente pour ce qui se passait réellement sous mes yeux. Sans doute qu’une relecture me permettra de lire plus en profondeur et ne plus avoir cet effet de surprise.
Parce que l’autrice évoque tout de même des thématiques variées, il y a des histoires très touchantes, des personnages attachants pour la plupart, il y a de très bons atouts dans ce Café Marble, rien que le protagoniste de Master (dirigeant du café), cette histoire de voyage entre Tokyo et Kyoto, le passage des saisons avec chaque chapitre dédié à un mois de l’année, une plume efficace et fluide, sans prise de tête, cette atmosphère de tranche de vie (réconfortante et cosy). J’ai passé un chouette moment de lecture et j’ai hâte de découvrir Rencontres au parc Hinode.
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