LECTURE EN VRAC : Noël - La forêt au clair de lune - Les secrets du Nil - Le café des au revoir - La théorie des couleurs
Les perce-neige s’éveillent sous les flocons de Sophie JOMAIN
Éditions Charleston – 2023 – 304 pages – 9 €
Roman | Adulte | Contemporain | Romance | Noël
Radar à diversité : [personnage avec un handicap et diversité corporelle]
Liia Josserand et son père sont très fiers de ce refuge où les rennes évoluent en totale liberté. Les fins de mois sont difficiles, mais pour rien au monde ils n’abandonneraient leurs animaux, et encore moins sous la pression d’un chef étoilé que personne n’a jamais vu, qui voudrait les acheter pour leur viande. Qu’il aille voir ailleurs s’ils y sont, leurs animaux ne se mangent pas ! Mais à quelques semaines de Noël, le temps presse, et le cuisinier n’a pas dit son dernier mot. Il n’hésitera pas à s’infiltrer incognito au refuge pour en savoir plus et, qui sait, parvenir à convaincre cette étrange famille de lui vendre à bon prix un ou deux caribous. La guerre semble bel et bien déclarée, mais l’arrivée inattendue du célèbre Nicolas Claus pourrait bien changer la donne entre ces deux-là…
Une jolie histoire de noël, de famille et de romance que j’étais curieuse de découvrir un nouveau roman de Sophie Jomain après avoir beaucoup aimé Les étoiles brillent plus fort en hiver. On est loin du coup de cœur avec celui-ci, mais j’ai passé un très bon moment avec.
Le roman a une bonne dose d’humour avec un zeste de réalisme magique grâce à la présence du Père Noël, qui est d’ailleurs un excellent personnage, amusant, toujours là pour surprendre, c’était un régal ! Aussi, quel cadre enchanteur dans ces alpages avec ces rennes, c’était super chouette d’avoir quelques notions sur la culture sami.
J’aime toujours lire la plume de Sophie Jomain qui est accessible et agréable, moderne et sympa à suivre. Les personnages étaient super chouette à découvrir, même si j’avoue que j’ai eu une grosse préférence pour le fils de Liia et le Père Noël, j’ai été moins emballée par la romance entre Liia et Baron. Cependant, ça reste mignon et sympathique à voir, avec une belle personnalité de la part de Liia.
L’histoire a été chouette à découvrir, j’ai bien aimé cette affaire de ferme autour des rennes, cette affaire d’établissement à sauver versus le cuisinier cinq étoiles qui veut du renne à sa carte, les histoires de famille suite au divorce, les problèmes liés au handicap du fils de Liia, j’adore le fait que l’autrice a su mêler les petites histoires, à employer des thématiques fortes et touchantes, et le roman se lise très aisément, c’était parfait pour noël.
La forêt au clair de lune de Michiko AOYAMA
Éditions J’ai Lu – 2025 – 288 pages – 9 €
Roman | Lectorat Adulte | Contemporain | Feel good | Podcast | Tranche de vie | Japon
Fasciné par la Lune, cet astre qui guide nos vies mais conserve tant de secrets, Taketori Okina a transformé sa passion en podcast à succès. Chaque jour, des auditeurs dispersés aux quatre coins du pays s’échappent de leur quotidien pour l’écouter. Une ancienne infirmière en quête de sens, un humoriste qui n’arrive pas à percer, une lycéenne qui rêve d’indépendance… tous sont confrontés à des décisions qui vont bouleverser leur destin. Portés par la voix de Taketori, chacun en apprend plus sur la Lune et la mystérieuse influence qu’elle a sur sa vie. Car, comme elle guide les tortues la nuit de leur naissance, elle inspire aussi profondément les choix de ceux qui sont à son écoute.
Excellente lecture pour ma part, j’ai apprécié retrouver la plume de Michiko Aoyama. Même si celui-ci ne dépassera pas la Bibliothèque des rêves secrets, j’ai tout de même adoré le voyage, je suis restée fascinée sur des éléments bien pensés par l’autrice.
C’était une excellente idée de partir du podcast pour présenter cinq histoires qui d’apparence n’ont rien en commun. Toutefois, quand on s’attache aux détails, j’ai été scotchée par les liens qui se nouent au fil du récit, le podcast de Taketori Okina n’est pas la seule chose qui relie ces cinq personnages : des objets, une thématique, un protagoniste principal qui devient tertiaire. J’ai apprécié faire ce voyage quitte à revenir en arrière pour trouver d’autres liens.
Les histoires sont touchantes et sympathiques à suivre, la plume est directe, mais les messages soulevés, les thématiques explorées sont très intéressantes de mon point de vue : le burn-out, la quête de sens, la famille, le monde artistique et artisanal, l’humour, la notion de couple… J’ai aimé ces petites phrases posées çà et là pour nous faire réfléchir indirectement.
L’ambiance est reposante, comme tous les romans du style tranche de vie et issus de la littérature japonaise, c’est apaisant et doux, simple et réconfortant. Les personnages sont sympathiques à suivre dans leur quotidien, on peut s’y attacher ou non selon leur situation professionnelle, leurs questionnements ou leur situation personnelle. J’ai adoré l’histoire de l’étudiante qui souhaite prendre son indépendance ainsi que celle autour de l’artiste qui confectionne des bijoux, ce sont mes deux chapitres préférés.
What the river knows d’Isabel IBAÑEZ
Tome 1 de la saga Les secrets du Nil
Éditions Rageot – 2025 – 669 pages – 19 €
Roman | Lectorat Young Adult | Fantastique | Romance | Historique | 19e siècle | Égypte
Avertissement : [scènes de violences physiques, torture, menaces et chantages, meurtres]
Radar à diversité : [autrice LatinX, personnages racisés]
Inez Olivera, dix-neuf ans, appartient à l’aristocratie argentine. Alors que ses parents réalisaient des fouilles archéologiques en Égypte, ils décèdent dans des circonstances mystérieuses. Cherchant à comprendre, Inez embarque pour le Caire, avec pour seuls bagages ses carnets de croquis et une bague que son père lui a envoyée avant de mourir et qui semble posséder une étrange magie… Lorsqu’elle arrive en Égypte, Whit, le jeune assistant de son nouveau tuteur, l’attend de pied ferme avec la mission de la renvoyer chez elle. Mais Inez est bien déterminée à obtenir des réponses, et peu importe si celles-ci pourraient lui coûter la vie…
Une très bonne lecture que je souhaitais faire depuis sa sortie en février 2025, mais j’ai raté le coche et me suis rattrapée à la médiathèque. J’espère me le procurer en poche, parce que c’est un super récit young adult de fantastique, de romance et d’histoire. Dans l’esprit, j’ai un peu retrouvé La Momie et vu que c’est un de mes films préférés, je ne suis mécontente d’avoir cédé.
Le fil rouge s’imbrique au fil du récit de plusieurs mystères, histoires annexes, de questions, de complots et trahisons, d’enquêtes et de fouilles, c’est une intrigue riche en rebondissements et péripéties, dense avec une rythmique prenante qui m’a maintenue éveillée du début à la fin. Un final de très haute voltige, explosif, avec des questions plein la tête, des émotions, à tel point que je me suis précipitée pour acheter le tome 2 quelques jours plus tard.
J’ai apprécié le fait que l’autrice donne des informations historiques en plus à la fin du récit, précisant certaines choses, cela permet d’apprécier son important travail pour nous immerger autant dans l’Argentine que l’Égypte au 19e siècle. Personnellement, le voyage était génial, vocabulaire, dialogues, expressions, mœurs, us et coutumes, elle donne ce qu’il faut pour ne pas noyer l’intrigue. La plume est superbe, descriptions comme dialogues sont chouettes à lire, soignés.
J’ai adoré les personnages qui sont moralement gris, on les aime et on les déteste un peu, tous ont un rôle, un message, une thématique qui permet de les rendre intéressants. Inez est déterminée et têtue, ce qui l’entraîne dans des situations terribles, pour autant, elle est perspicace, attachante. J’ai apprécié suivre ses pensées et les joutes verbales avec Whit sont savoureuses. Ce dernier est atypique, il paraît insincère et cachottier, son histoire est touchante, mais il a parfois un comportement gênant.
En revanche, le duo est un régal à suivre et il me tarde de le retrouver. Si la romance n’est pas ma tasse de thé bien qu’elle soit amenée avec brio, je reste sur ma faim en raison du personnage de Whit, et surtout parce que les redondances sur leur physique m’ont agacée. Cependant, le volet aventure, historique et fantastique est un parfait combo à mes yeux, et j’ai adoré suivre cette enquête autour de Cléopâtre.
Le café des au revoir de Toshikazu KAWAGUCHI
Tome 4 de la saga Tant que le café est encore chaud
Éditions Le livre de poche – 2025 – 192 pages – 9 €
Roman | Lectorat Adulte | Fantastique | Contemporain | Japon | Deuil | Amour | Famille | Tranche de vie
Avertissement : [maladie, perte d’un animal, deuil, évocation de Fukushima]
Radar à diversité : [auteur et culture issu du Japon]
Je voulais que tu saches que mon bonheur, c’est à toi que je le dois. » Ce sont les paroles de Monji, décidé à tout dire à sa femme plongée dans le coma. Comme lui, ceux qui fréquentent le café Funiculi Funicula espèrent y réparer le passé. Une tasse de café leur permettra de voyager dans le temps et d’adresser à l’absent le message d’amour qu’ils n’ont pas su formuler à l’époque. Ainsi, Hikari qui se sent coupable de n’avoir pas répondu à la demande en mariage de son petit ami, disparu depuis ?; Michiko, hantée par le souvenir de son père qu’elle a rejeté ?; Sunao, qui pleure son chien adoré… Sauront-ils dire au revoir à leurs aimés et, ce faisant, se réconcilier avec eux-mêmes ? Car pour honorer la mémoire des absents, il faut d’abord trouver la paix en soi.
Nouveau tome pour cette saga que j’apprécie de retrouver au fil des saisons. Après un détour au bord de mer, nous voici de retour dans le Funiculi Funicula, auprès de Kazu et de Nagare pour rencontrer de nouveaux personnages, leurs secrets, leurs remords, leurs envies de changement. Un tome que j’ai trouvé plus touchant, plus chargé en émotion, ce qui va de pair avec le titre qui met à l’honneur les au revoir et les adieux.
Comme toujours, l’auteur parvient rapidement à créer une atmosphère atypique avec ce petit café caché, intimiste avec sa particularité de vous faire voyager dans le temps en suivant des conditions strictes. De plus, sa plume rend les histoires captivantes avec ce mélange de pudeur, de retenue pour ne pas trop en faire tout en transmettant des émotions.
La deuxième histoire sur la jeune femme attachée à son chien et la toute dernière écrite pour commémorer les dix ans du 11 mars 2018 sont sans nul doute les deux chapitres qui m’ont le plus touchée et émue. Les personnages, les thèmes, la manière dont la narration est construite, tout était hyper poignant et m’a totalement transportée.
Sincèrement, quatre opus pour cette saga et je suis toujours à fond dedans, jamais déçue des choix fait par l’auteur, des personnages que l’on rencontre, des thèmes qui en étant similaires offrent tant de surprises, d’émotions que les tomes se suivent et ne se ressemblent pas. Je suis toujours fan de cette douceur, de cette atmosphère entre espoir et nostalgie.
Très contente de retrouver Kazu et Nagare, de replonger dans une autre temporalité du café, un an après le premier tome et donc de retrouver le fantôme. J’aime cette manière que l’auteur a, à travers les personnages, de nous pousser à la réflexion, de nous interroger sur telle thématique ou situation, sur tel carrefour, j’ai passé un bon moment de lecture avec Ce café des au revoir et je suis très curieuse de savoir où La douceur du café va me mener.
La théorie des couleurs de Mazey EDDINGS
Éditions Larousse (Comet) – 2024 – 375 pages – 20 €
Roman | Young Adult | Romance | Contemporain
Radar à diversité : [romance LGBTQIA+, homoparentalité, autisme, TDAH, autrice autiste et TDAH]
Tilly Twomley est surexcitée : elle part tout l’été en voyage en Europe, sous couvert d’un stage dans la start-up de sa sœur. C’est un prétexte en or pour quitter le nid familial étouffant. Loin de ses parents, elle est prête à prouver qu’elle peut faire ses propres choix et vivre pleinement avec son TDAH. C’est sûr, ce voyage sera incroyable ! Enfin… si Tilly supporte Oliver Clark, le deuxième stagiaire de sa sœur, beau comme un dieu mais plus glacial que la banquise. Pour Oliver, survivre à Tilly est aussi une épreuve. Si son autisme complique ses relations avec les autres, c’est encore pire avec cette jeune fille débordante d’émotions. Lui qui d’habitude arrive à organiser le monde par couleurs, celles qui composent Tilly semblent lui échapper constamment. De pays en pays, Tilly et Oliver vont se rapprocher, se soutenir et résoudre une énigme aussi excitante que merveilleuse, celle de leur amour naissant.
J’avais besoin d’une romance sympathique en ce printemps 2026 et quoi de mieux que du contemporain + YA pour m’offrir un nouveau défi hors de ma zone de confort. J’avais craqué sur ce titre en raison de la forte présence des couleurs et pour les sujets évoqués dans le résumé, à savoir l’autisme et le TDAH. Je ne regrette pas de l’avoir emprunté, c’est un petit coup de cœur et une très belle expérience de lecture, je l’ai dévoré rapidement et espère un jour me le prendre pour le relire.
Les deux personnages sont incroyables et si attachants, humains et passionnants, que cela soit en solo ou en duo, ils sont géniaux et j’ai adoré passer du temps avec eux, la première personne du singulier permet de les découvrir, de comprendre l’autisme et le TDAH et comme l’autrice est elle-même concernée par les deux sujets, cela rend le tout accessible, touchant et intéressant.
Ce n’est pas le seul sujet qui permet à ce roman d’être bienveillant et moderne avec ces belles touches de diversité et d’inclusivité, ça rend le roman actuel. En plus d’une romance magnifique, avec une chouette évolution, Tilly comme Oliver se retrouvent confronter à leurs propres problèmes, l’avenir passé le lycée, le passage à l’âge adulte, le regard des autres et l’acceptation de soi. J’avoue que j’ai été davantage touchée par l’histoire personnelle de Tilly, mais que j’ai adoré Oliver dès les premières lignes.
Les personnages secondaires offrent de chouettes scènes et permettent de faire avancer le récit, de proposer des petites histoires et de sympathiques mystères tout du long. L’écriture de Mazey Eddings est super agréable, j’ai pas vu le temps passer et l’effet page turner était présent. Si le road trip a manqué de précision et de développement pour ma part, je comprends le choix de l’autrice de mettre en avant Tilly et Oliver.
En tout cas, j’ai été très touchée par ce récit et j’aurais pu garder des centaines de citations et de passages, tant je me suis retrouvée dans certains mots. Je ne sais pas si les autres romans de l’autrice seront un jour traduits, mais si c’est le cas, je serais enchantée de les découvrir.
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