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26/07/2016

Les fausses bonnes question ~ Lemony SNICKET : Tomes 1 à 3




Titre : Mais qui cela peut-il être à cette heure ?
Titre VO : All the Wrong Questions, book 1, Who could that be at this hour ?
Auteur : Lemony SNICKET
Illustrateur : Seth
Tome 1
Série : Les fausses bonnes questions
Nathan — 2014
250 pages
15€90


 

Résumé :
Avant de considérer lire "Who Could that be at this Hour?", posez vous ces questions :
1- Êtes vous curieux de savoir ce qu'il s'est passé dans une ville en bord de mer qui n'est maintenant plus en bord de mer ?
2- Voulez-vous en savoir plus à propos de cet objet volé qui n'a pas été volé du tout ?
3- Pensez vous vraiment que ça vous concerne de quelque façon ? Pourquoi ? Quelle genre de personne êtes-vous ? Êtes vous sûr ?
4- Qui est donc cette personne derrière vous ?


 
Mon avis :
Je remercie Babelio ainsi que les éditions Nathan pour cet ouvrage, c'est un très bon livre, un premier tome qui pose de bonnes bases pour la suite de la série et une ambiance très singulière. J'ai bien aimé cette lecture.

Esthétiquement, c'est un bel ouvrage. Le choix du papier, la typographie, l'intérieur des couvertures, graphiquement, il y a des partis pris très intéressants. On joue très clairement sur le blanc, le bleu et le noir, ces trois couleurs fonctionnent bien entre elles, la présence de l’orange surprend, mais comme il s'agit de la couleur complémentaire du bleu, il a une place importante dans l'esthétique. Les illustrations jouent également avec les trois couleurs principales que sont le bleu, le blanc et le noir. Les dessins sont beaux, ils ont un style particulier qui me rappelle un peu Hergé par moment, ça me plonge dans une ambiance années 30 – 50. En tout cas, j'ai adoré les illustrations de Seth, elles complètent l'ambiance déjà esquissée par Lemony Snicket dans son roman.

L'intrigue est sympathique, elle est bien menée. Je lui trouve du charme, parce que l'enquête n'est pas forcément écrite comme une enquête « classique ». On a une succession de questions, de mystères qui s'épaississent, c'est captivant et passionnant. Personnellement, ce changement ne m'a posé aucun souci, ça même plut. Certes, on peut dire qu'il y a des longueurs, un manque d'action du style « Les experts », mais je pense qu'il s'agit plus d'un concept dû à l'ambiance choisie par l'auteur.

Ce premier tome pose les bases d'une série intéressante, les personnages notamment, le style d'enquête, l'ambiance. Comme je le disais plus haut grâce aux illustrations, les descriptions nous plongent dans une ambiance années 30 – 50, dans le traitement donné aux lieux, aux objets, aux protagonistes. C'est singulier et atypique, j'ai adoré, d'autant plus que l'année n'est pas précisée, alors l'imagination peut travailler à plein temps. Sincèrement, j'ai été happée dès les premières lignes et je me suis beaucoup amusée.

Ces mystères autour de Salencres-sur-mer, de cette statuette soi-disant volée, ce mystérieux Hangfire, tout s'accumule et je pense que pour certains, ça doit être frustrant de ne pas obtenir de réponses. Cette accumulation de questions m'a rendue très impatiente de découvrir la suite, suite que je lirais avec enthousiasme. J'ai été prise dans le raisonnement atypique de Lemony Snicket. Je n'avais pas lu les Orphelins de Baudelaire, mais je pense que je vais le faire, le style de l'auteur m'a convaincue. C'est le personnage principal, Lemony, qui s'exprime, on est au cœur de ses pensées, le rendant attachant. On suit son évolution et ses pérégrinations avec l'envie d'avoir la suite, car le choix des mots est soigné, la lecture est fluide, simple et efficace, c'est pour ma part une agréable lecture.

Lemony est intelligent et « naïf », dans le sens de spontané. C'est un curieux personnage, la fin surtout me laisse songeuse. Je me suis rendu compte que j'ai appris à le connaître durant ce tome, mais qu'il me manque encore des données. Sa mentore est une femme très étrange, elle n'a pas l'air d'être une bonne détective, elle me fait rire, elle apparaît un brin impétueuse. Theodora Markson est une femme spéciale, c'est un drôle de mentor pour Lemony, ils sont très différents et leur duo est un peu épatant. J'aimerais bien les voir travailler plus ensemble, car quand ils sont tous les deux à se chamailler, ça donne de très bonnes répliques. Moxie est une jeune fille adorable, je rêve d'avoir sa machine à écrire, le bibliothécaire Qwerty est sympathique, Ellington est bien mystérieuse, en un mot, les habitants de Salencres-sur-mer sont singuliers, drôles, attachants. Je me suis bien amusée en leur compagnie.

Pour terminer cette chronique, je suis convaincue que cette série est très agréable à lire. J'attends de confirmer mes impressions avec le deuxième tome, mais celui-ci ne m'a pas déçue ! Le style de l'auteur est fluide, les protagonistes sont singuliers, tout comme la ville dans laquelle ils évoluent. Ce premier tome pose des bases captivantes qui ne demandent qu'à être éclaircies par la suite, l'enquête m'a séduite, Lemony est un détective surprenant et mystérieux. La fin me fait attendre avec impatience le deuxième opus et cette ambiance typique années 30 – 50 est bien développée, les illustrations sont bien pensées pour une immersion totale. Ce fut une promenade aussi palpitante que passionnante.









Titre : Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?
Titre VO : All the Wrong Questions, book 2, When did you see her last ?
Auteur : Lemony SNICKET
Illustrateur : Seth
Tome 2
Série : Les fausses bonnes questions
Nathan – 2014
288 pages
15€90


 
Résumé :
Avant de vous aventurer dans "When did you see her last?", posez-vous ces questions :
1- Est-ce que quelqu'un a vu la disparue ?
2- Pourquoi ses parents ne sont-ils pas contrariés ? Ils ont plutôt l'air désorienté.
3- Qu'ont à voir une expérience de chimie, une épicerie, des cheveux indisciplinés et une statue volée ?
4- Maintenant c'est moi qui suit désorienté. Pourquoi changez-vous le sujet ? Vous êtes supposés réfléchir à propos de la disparue. Où est-elle ?



Mon avis :
Je suis très ravie d'avoir pu lire la suite, je sais que cette série est critiquée, mais personnellement, elle compte parmi mes préférées. J'adore l'ambiance, les personnages, ce côté atypique et décalé, cette série a du charme, une écriture recherchée, un style à part entière. Et ce second tome n'échappe pas à la règle, même si le premier restera au-dessus, pour l'aspect découverte.

Quand on commence cette aventure, il vaut mieux être concentré sur la lecture, le style de l'auteur peut paraître simple, mais en réalité, il est très fouillé. Il y a des jeux sur les mots, un aspect très ergoteur, de bonnes idées avec cette écriture recherchée, j'applaudis le travail de la traductrice pour retranscrire ces jeux. En tout cas, c'est agréable à lire, prenant, les pensées de Lemony sont claires et obscures, il reste des petites zones secrètes à comprendre autour de cet enfant. Néanmoins, c'est un plaisir d'avoir devant nous un héros curieux, vif d'esprit, intelligent, courageux, quoique parfois inconscient du danger. C'est un personnage plaisant à découvrir et à suivre.

Ce qui me plaît, c'est l'univers. J'ai l'impression avec le phrasé, les dessins ou l'ambiance que nous sommes au cœur des années 30 – 50. Pourtant, on se voit entouré d'objets plus contemporains, montrant ainsi que Salencres-sur-Mer vit entre deux âges. J'ai adoré en apprendre plus sur cette ville mystérieuse et sympathique. Le fait qu'elle est perdue sa gloire d'autrefois, la tentative de Cleo Knight de trouver de l'encre invisible pour redorer le blason. L'univers c'est en premier lieu les illustrations, la couverture comme la quatrième de couverture et leurs intérieurs sont soignés, c'est un très bel objet. Les illustrations se poursuivent en début de chaque chapitre et sur quelques dessins en pleine page. Le style est très graphique, la couleur dominante est le violet, c'est très sympathique à voir et l'on se rend compte de l'ambiance atypique que possède cette série. Cette ville a une forte identité et c'est intéressant de lire ces affaires policières.

L'intrigue policière est peut-être moins captivante que dans le premier, car une fois que l'on comprend la stratégie des fausses bonnes questions, on se doute des rebondissements futurs. Toutefois, il y a des événements que je n'avais pas prévu, notamment autour de Hangfire, qui reste un antagoniste de qualité, inquiétant et fascinant. J'ai apprécié ces nouvelles découvertes à son sujet et toutes ces révélations finales me rendent encore plus curieuse au sujet du troisième tome. L'enquête autour disparition de Cleo fut passionnante à lire, on retrouve des personnages connus au premier tome et l'on en découvre des nouveaux.

Les enfants sont mis à l'honneur, ces adolescents sont plus pertinents et curieux que les adultes ; cela se voit très bien avec Moxie ou Lemony. Le père de la première se contente de vaquer à ses occupations, le journalisme ne le passionne pas vraiment, contrairement à Moxie, éveillée et déterminée à user de sa machine à écrire pour poursuivre le journal. Le mentor de Lemony, Theodora Markson, a toujours son inimitable répartie et sa profonde capacité à partir sur les mauvaises pistes, mais si elle ne le faisait pas, notre héros ne découvrirait pas la vérité. Ces ados parlent souvent avec un ton adulte, dans d'autres cas, ça aurait pu être peu crédible, mais dans cette série, cela ne me choque pas. J'ai eu le même constat avec Les enfants de Timpelbach, il y a cette forme d'ironie vis-à-vis des adultes qui sont censés, parce qu'ils sont adultes, être des puits de science et sagesse. Ce qui est faux, certains enfants ou ados ont plus de jugeote que certains adultes et cette série le prouve parfaitement. J'ai adoré retrouver les deux enfants chauffeurs de taxi, ils sont toujours aussi drôles, le bibliothécaire Qwerty est une belle référence aux claviers d'ordinateurs anglais (chez nous, c'est Azerty, si, regardez votre clavier). Bref, ces protagonistes colorés et spéciaux rendent la lecture géniale.

En conclusion, en dépit des mauvais avis (ou avis mitigés) qui pleuvent sur cette série, je la défends prestement, car elle a potentiel imposant. Déjà l'ambiance, détective privé, dans cette ville perdue et fantôme, où les enfants s'expriment avec un phrasé particulier, les illustrations minimalistes de type années 30 – 50, avec une grande pointe de modernité, un décalage assumé et bien écrit. Je pourrais passer des heures à revendiquer l'originalité et la singularité des personnages, de l'expression et de style, de l'univers ou de la manière dont se décompose les enquêtes. C'est sincèrement intelligent de poser de fausses bonnes questions. C'est vrai, quand quelqu'un disparaît, la première question c'est « Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ? », dans ce cas, ce n'est pas la bonne question à se poser, et fort heureusement, Lemony Snicket est là.








Titre : Ne devriez-vous pas être en classe ?
Titre VO : All the Wrong Questions, book 3,
Auteur : Lemony SNICKET
Illustrateur : Seth
Tome 3
Série : Les fausses bonnes questions
Nathan — 2015
352 pages
15€90


 
Résumé :
La suite des aventures de Lemony Snicket, 13 ans et détective stagiaire ! Lemony Snicket est-il détective ou détecteur de fumée ? Le voilà qui enquête sur des cas d’incendies criminels, mais il se retrouve vite enveloppé dans le mystère sans cesse plus épais qui hante les rues de Salencres-sur-Mer. Qui donc allume ces feux ? Quels secrets dissimule le Département d’Éducation ? Pourquoi les élèves de la ville sont-ils en danger ? Est-ce là un nouveau complot du terrible Hangfire ? Comment osez-vous poser cette question ? Est-ce là le genre d'éducation que vous avez reçue ? N'est-ce pas plutôt vous qui devriez être en classe ?


Mon avis :
Un troisième et avant dernier tome très intéressant. J'ai apprécié une nouvelle l'histoire, les personnages, le côté décalé et l'ambiance singulière de ce roman. Il suit la bonne lignée des opus précédents, ce fut un bon moment de passé en compagnie de Lemony Snicket et de ses amis dans la sombre ville de Salencres-sur-Mer.

L'intrigue se développe sur deux axes qui ne présentent à première vue aucun lien, mais c'est parce que Lemony le dit lui-même, il ne se pose pas les bonnes questions. J'adore ce concept de poser des questions intéressantes, cependant, elles ne sont pas les bonnes à demander. Du coup, cette affaire très sérieuse d'incendies incriminant un personnage important de la série et cette mystérieuse école à l'éducation douteuse m'ont tenue en haleine. Je pressentais la patte de l'antagoniste majeur Hangfire, toutefois, j'attendais sérieusement les fils pour tout relier et je n'ai pas été déçue.

L'enquête est très bien menée, j'ai ressenti les rouages plus inquiétants qui signent la fin de la série, on se rapproche de très près de Hangfire, il me fait penser à un gangster, avec tout ce mystère autour de son identité. J'ai de petites idées, mais l'auteur est très doué pour brouiller les pistes. C'est aussi le cas de cette affaire, une histoire fascinante, bien écrite et rondement menée avec des rebondissements et des révélations bien distillées. Le fin mot de cette histoire est brillant, la vérité sur le coupable, sur le rôle d'Ellington, cette fin m'a totalement bluffée.

Il faut avouer que l'ambiance est prenante. Je le répète à chaque chronique sur cette série, cependant, j'insiste. Ces romans nous plongent dans une atmosphère très atypique, la ville de Salencres-sur-Mer est une cité fantôme livrée à Hangfire dont les ambitions demeurent curieuses. J'aime le fait que les enfants soient plus intelligents que les adultes et qu'ils se liguent pour faire face à cette crise. Cela me rappelle Les enfants de Timpelbach, dans le concept. L'ambiance oscille entre ancien et moderne, on a un effet années 50, avec les gangster, la manière dont les intrigues sont rédigées et pourtant, la modernité est là. Peut-être est-ce dû à l'histoire même de la ville de Salencres. En tout cas, l'ambiance m'a séduite depuis les premières lignes et j'y reste très sensible, j'adore ce type de roman où le flou aurait pu me déranger s'il n'était pas aussi palpitant.

La plume de Lemony Snicket (l'auteur) est très jolie, une fois de plus comme pour l'ambiance, on aime ou l'on aime pas, quoiqu'il en soi, j'adore. Je suis captivée par ces jeux autour des mots, ce soin apporté à l'emploi des figures de styles et de répétitions, de jeux et d'anagrammes. Lire ce roman est très plaisant et drôle, il y a cet humour singulier, proche du cynisme, c'est une plume soignée dans les descriptions, dans l'ambiance espionnage, filature et policière que demande le roman. Les dialogues sont signés par des répliques piquantes, un vrai régal ! Les illustrations et les couvertures sont placées sous le signe des teintes orangées avec le noir et blanc, ça colle très bien avec les incendies. Les dessins sont aussi atypiques que le texte, j'apprécie la patte graphique de Seth.

Les personnages sont véritablement sympathiques et attachants. Passés les antagonistes principaux qui suivent Hangfire sous la contrainte, nous trouvons l'insaisissable Ellington, je ne parviens pas à comprendre cette jeune fille. Elle est très intelligente et pourtant, son camp est indéfinissable, est-elle avec Lemony ou Hangfire ? C'est impossible à savoir. Nous voyons le mentor de Lemony, Theodora sous un autre jour, plus lucide et fragile ; j'ai été ravie de retrouver des personnages vus dans le second tome comme Cleo. Moxie est toujours aussi extraordinaire et loyale, j'aime sa personnalité. En dernier lieu, il y a Lemony Snicket, cet enfant aussi agaçant que fascinant, perspicace et naïf, il est tout et son contraire, ce qui le rend humain. L'utilisation du « je » permets de s'identifier plus vite à lui et de suivre ses pensées, même s'il ne nous communique pas tous ses plans. J'apprécie cette part de cachotterie en lui.

En conclusion, il me tarde de lire le prochain, même si je suis un peu triste qu'il s'agisse du dernier. L'ambiance de ce troisième tome est plus sombre, cette affaire d'incendies et d'école mystérieuse m'a happée dès les premières lignes. L'enquête policière est bien menée, rebondissements et révélations se construisent sur le long terme, Hangfire reste toujours une énigme, mais l'on se rapproche dangereusement de la vérité. Les personnages sont hauts en couleur et intéressants, la plume est merveilleuse, soignée et irrésistible avec ces jeux linguistiques, quant à l'ambiance, elle oscille entre récits de gangster dans les années 50 et modernité actuelle. J'ai passé un très bon moment avec ce troisième opus des fausses bonnes questions.

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