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20/08/2016

Cinéma ~ Anna Karénine et Jane Eyre



Réalisateur : Joe WRIGHT
Compositeur : Dario MARIANELLI
Date de sortie : 2012
Durée du film : 2 heures et 10 minutes
Genre (s) : Drame
Adaptation du roman Anna Karénine de Léon Tolstoï.


Casting :
Keira Knightley — Jude Law — Aaron Taylor-Johnson — Kelly Macdonald — Domhnall Gleeson — Matthew Macfadyen — Alicia Vikander — Emily Watson — Olivia Williams — Shirley Henderson — Ruth Wilson


Synopsis :
Russie, 1874, la belle et ardente Anna Karénine jouit de tout ce à quoi ses contemporains aspirent : mariée à Karénine, un haut fonctionnaire du gouvernement à qui elle a donné un fils, elle a atteint un éminent statut social à Saint-Pétersbourg. À la réception d’une lettre de son incorrigible séducteur de frère Oblonski, la suppliant de venir l’aider à sauver son mariage avec Dolly, elle se rend à Moscou. Au cours de son voyage, elle rencontre la comtesse Vronski que son fils, un charmant officier de la cavalerie, vient accueillir à la gare. Quelques brefs échanges suffisent pour éveiller en Anna et Vronski une attirance mutuelle.

 

Mon avis :
Un film sympathique avec une mise en scène assez originale, malgré quelques longueurs, il m’a fait passer un bon moment.

Il porte bien son genre, dramatique à souhait. Je ne connaissais pas l’histoire d’Anna Karénine, si ce n’est que les grandes lignes, je n’ai pas encore eu le temps de lire le roman de Tolstoï. Nous suivons la vie d’Anna Karénine qui en rendant visite à son frère, croise la route du comte de Vronsky. S’enchaîne alors tous les problèmes, ils tombent amoureux, mais Anna est mariée. Elle va devoir choisir entre son mari et son amant, quitte à perdre son fils, son statut, sa vie. C’est une belle histoire, mais terriblement triste, ce qui la rend si attachante et sublime.

La mise en scène est originale, j’aime ce côté entre théâtre et opéra, c’est très réussi. Ca en a gêné plus d’un qui ont pour ailleurs détesté le film à cause de la mise en scène, mais je pense que c’est la force du film. Le dramatique prend tout son sens et s’en trouve même décuplé grâce à ce côté théâtre. On change de décor, on emploi les même décors en les changeant un iota pour faire d’un bureau un restaurant… J’ai trouvé cette idée intelligente et bien pensée, cohérente avec la dramaturgie omniprésente dans l’histoire d’Anna Karénine.

Les répliques sont intéressantes, le jeu des chorégraphies et des couleurs fonctionnent à merveille, on a souvent l’impression de se trouver dans une comédie musicale tant tout est si bien synchronisé. Les costumes sont de toute beauté, vraiment beau esthétiquement et bien choisi en ce qui concerne les couleurs, ce que l’on peut remarquer dans la scène de bal. Par ailleurs, c’est une scène assez belle, j’aime beaucoup la façon qu’ont les protagonistes de danser, j’en reviens à ce que je disais plus haut, un effet chorégraphie qui demeure plaisant.

Quant à la musique, je la trouve sympathique, nous avons le même réalisateur et compositeur qu’Orgueil et Préjugés dans lequel joué déjà Keira Knightley. La bande originale ne transcende pas des masses, mais il y a petit quelque chose d’intéressant et de touchant, j’ai trouvé qu’elle collait assez bien avec l’ambiance du film.

Les deux heures et dix minutes constituant le film passent tantôt vite tantôt lentement. On prend le temps de découvrir les personnages, leurs relations, leurs ressenties, et ça peut agacer plus d’un, car des lenteurs y’en a pas mal. Parfois on aimerait aller plus vite et dès fois on se dit qu’on aurait aimé que cela dure plus longtemps, c’est assez particulier comme sentiment. Néanmoins, je ne regrette pas d’être allée le voir. J’avais gagné une place avec Le livre de poche et j’ai été le voir en VOSTFR. On se laisse tout de même emporté dans le film, et l’on s’attache bien aux personnages.

Le jeu des comédiens est très bon, on a un casting vraiment réussi et l’alchimie opère à l’écran, on n’a pas vraiment à s’en plaindre. De temps à autre, je pourrais trouver Keira Knightley un brin dans le sur-jeu, mais c’est si rare que j’ai choisi de ne pas m’en faire. Son personnage est bien campé, sensible, entre envie et réserve, elle joue très bien les rôles en costume, y’a pas à dire, elle est douée. Je préfère son rôle dans The Duchess, mais Anna Karénine est réussie. Le comte Vronsky est un drôle de personnage, je ne l’ai pas vraiment apprécié, pas que l’acteur jouait mal, bien au contraire, mais la personnalité sonne faux dès le départ. Je l’ai vraiment pris pour un sale type un brin profiteur et peu charitable, malgré toutes les louanges qu’il adresse à Anna. Ce qui rend leur histoire si triste, elle est touchante, bien composée par les deux comédiens, mais je pressentais que le comte lui ferait un coup tordu.

J’ai adoré le frère d’Anna, Oblonsky, très drôle, une bouffée d’air dans ce monde si conventionnel, par ailleurs chaque scène où il apparait m’a bien amusée. Matthew Macfadyen est loin de Mr. Darcy ou d’Athos, il campe un personnage plus libre et joyeux que j’ai adoré regarder. Son amitié avec Lévine, personnage qui est tout le contraire d’Oblonsky, est sincère et bien retranscrite. Domhnall Gleeson est lui aussi très loin de Bill Weasley, nous offrant une justesse époustouflante en incarnant ce jeune riche soucieux de son terrain agricole, évitant les mondanités. J’ai bien aimé ce personnage aussi. Le dernier protagoniste masculin important est le mari d’Anna. On le plaint et en même temps, au vue de son caractère affable et taciturne, on se dit qu’Anna à raison de vouloir chercher l’amour de Vronsky. Pourtant, je préfère Alexis Karénine, droit et humble, plus honnête que Jude Law incarne à merveille, j’ai vraiment adoré ce personnage que l’on ne peut que plaindre et qui pourtant demeure droit et fier. C’était assez impressionnant.

Dolly et Kitty sont les deux protagonistes féminins très présents dans le film. La première est la femme d’Oblonsky, forte et si touchante. J’ai adoré Kelly Macdonald, qui nous interprète une femme soucieuse du bonheur des autres, fort diplomate, même si elle a quelques problèmes avec son mari. Cette scène m’a d’ailleurs bien fait rire, elle est en tout début de film et est très drôle. Kitty se retrouve un brin effacée à cause d’Anna, elle devait être avec Vronsky, mais celui-ci a jeté son dévolue sur Anna. Elle va devoir se reconstruire après cette trahison et son évolution est intéressante, j’ai apprécié ce personnage touchant et juste que Alicia Vikander interprète avec brio.

En conclusion, j’ai bien aimé cette version d’Anna Karénine, pleine de poésie, d’originalité dans la mise en scène porté par un excellent casting. Je me suis que très rarement ennuyée, mais le film se doit d’être vu au moins une fois.



Réalisateur : Cary Joji FUKUNAGA
Compositeur : Dario MARIANELLI
Date de sortie : 2011
Durée du film : 2 heures
Genre (s) : Drame, Romance
Adaptation du roman de Charlotte Brontë « Jane Eyre ».


Casting :
Mia Wasikowska — Michael Fassbender — Jamie Bell — Imogen Poots — Judi Dench — Sally Hawkins — Craig Roberts — Harry Lloyd — Holliday Grainger


Synopsis :
Nouvelle adaptation de l'histoire de Jane Eyre, gouvernante de la petite Adèle chez le riche Edward Rochester, un homme ombrageux qui ne tarde pas à être sensible aux charmes de la jeune fille. C'est le début d'une folle passion...


Mon avis :
J’ai apprécié ce film, il est réussi, avec de bonnes idées et il me permet d’ajouter le roman de Jane Eyre à la liste des livres que je dois absolument lire !

J’ai vu la série BBC de 2006 quelques jours avant de visionner le film. Y’a des ressemblances et des différences, c’est par ailleurs très intéressant de voir l’immense travail d’interprétation qui est fournit d’un côté comme de l’autre. La série commence avec une Jane enfant et l’on suit ses pérégrinations comme on lirait un livre. Certes, la série en raison de son format (4x50) permet de poser bien plus d’éléments que le film, mais celui possède ses atouts. En conclusion, après analyse, si pour Orgueil et préjugés je préfère la série de 1995, en ce qui concerne Jane Eyre, je ne sais pas vers quelle version ma balance penche.

Le film s’ouvre sur Jane Eyre courant dans la lande et qui épuisée finit par tomber inconsciente. Cette scène arrive bien tardivement dans le roman, mais le procédé est intelligent, car à partir de cette perte de conscience nous arrive chaque élément permettant de comprendre cette jeune gouvernante. J’ai trouvé l’idée sympathique et elle marche plutôt bien dans l’ensemble. La scène finale est belle, il y manque quelques éléments apportés dans la série – et certainement dans le livre – mais elle me satisfait, je la trouve touchante en soi.

La musique m’a rappelée dans certaines sonorités la bande originale de la série. Quoi qu’il soit l’une comme l’autre sont de très belles bandes sonores, les instrumentales suivent et accompagnent les personnages. Elle correspond aux diverses ambiances du film. Les décors sont somptueux, les plans sur les jardins, les paysages et sur Thornfield sont très beaux. Les costumes sont eux aussi très réussis. Tout est fait pour nous plonger dans le film et son ambiance.

L’ambiance de Jane Eyre est plutôt dans le fantastique. Toutes ces choses qui se passent la nuit, cette touche de gothique, l’inquiétante Grace Poole, les rêves que fait Jane. C’est une ambiance très particulière et qui m’aura enchanté. J’essayais moi-même de comprendre tous ces évènements, et je ne me serais jamais attendue à de telles révélations.

La grande force du film tient dans ses personnages. Jane est sympathique, intelligente et incroyable, c’est un personnage décrit comme pas réellement belle, pauvre. Elle a grandit dans un pensionnat horrible, elle n’a pas été aimée par Mme Reed sa tante… On pourrait croire avoir à faire avec une héroïne tristounette et geignarde, loin de là ! C’est même tout le contraire. Mia Wasikowska – déjà rencontré dans Alice au pays des merveilles de T. Burton – interprète avec brio Jane Eyre. Elle correspond à l’idée du personnage, avec cette pâleur, ce regard franc. L’actrice incarne toute la palette d’émotion de Jane, je suis contente qu’elle ait joué ce rôle, ce personnage lui va bien.

Autre personnage fort du roman, il s’agit du lunatique et mystérieux Edward Rochester. Cynique, sympathique, tellement d’adjectifs viennent en tête pour en parler, on ne peut pas réellement le juger sans le connaitre entièrement. J’ai bien aimé ce personnage loin d’être le prince charmant, il est assez proche de Fitzwilliam Darcy, qui lui aussi renvoie une image bien différente de la réalité. Michael Fassbender, que j’avais déjà vu dans X-Men et dans Inglourious Basterds, confirme son incroyable talent. Le duo qu’il forme avec Mia Wasikowska marche du tonnerre, on ressent une certaine alchimie entre les deux.

Les autres personnages sont tout aussi sympathiques et bien campés. Je regrette de ne pas avoir vu plus souvent Blanche Ingram, la « rivale », car l’actrice Imogen Poots me parait douée. D’autant plus que la relation entre le triangle amoureux aurait pu donner lieu à quelques scènes supplémentaires. Judi Dench qui interprète Mme Fairfax est elle aussi géniale, elle joue avec justesse et bonne humeur. Elle m’avait déjà étonnée en Lady Catherine de Bourgh dans Orgueil et préjugés en 2005. Quant à St John Rivers, Jamie Bell lui donne un caractère plus affirmé, j’ai bien aimé son personnage et son interprétation.

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