LECTURES EN VRAC : Du thé pour les fantômes - Les gardiens du monde sauvage - Les noces de la renarde - La péninsule aux 24 saisons - Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ?
Du thé pour les fantômes de Chris VUKLISEVIC
Éditions Denoël (Folio pour la version poche) – 2023 – 439 pages – 21 €
Écoutée dans sa version audio chez Gallimard (Écoutez lire) par Clotilde SEILLE, 665 minutes
Littérature adulte | Fantômes | Famille | Monde du thé | Sorcellerie et Magie
Avertissement : [roman sur le thème du deuil et de la mort, violences verbales et physiques, parentalité toxique]
Dead Dance de Lady Gaga
Agonie est sorcière. Félicité, passeuse de fantômes. Le silence dure depuis trente ans entre ces deux filles de berger, jusqu’au jour où la mort brutale de leur mère les réunit malgré elles. Pour recueillir ses derniers mots, elles doivent retrouver son spectre, retracer ensemble le passé de cette femme qui a aimé l’une et rejeté l’autre. Mais le fantôme de leur mère reste introuvable, et les témoins de sa vie, morts ou vivants, en dessinent un portrait étrange, voire contradictoire. Que voulait-elle révéler avant de mourir ? Qui était vraiment cette femme fragmentée, multiple ? Leur quête de vérité emmènera les sœurs des ruelles de Nice au désert d’Almeria, de la vallée des Merveilles aux villages abandonnés de Provence, et dans les profondeurs des silences familiaux. Entrez dans le salon de thé. Prenez une tasse chaude à l’abri de la pluie. Écoutez leur histoire.
Une lecture audio très intéressante, ce fut une expérience que j’ai beaucoup aimé faire parce que la narratrice Clotilde Seille était parfaite pour lire ce roman et retranscrire toute la puissance du texte, l’écriture et les mots, l’humour aussi. Je pense sans aucun doute lire un jour la version papier pour m’imprégner davantage des détails et je compte aussi lire l’autre roman de l’autrice Porcelaine de ruines (Ada Vivalda).
En attendant, Du thé pour les fantômes est un roman atypique qui va sans aucun doute ne laisser personne indifférent, qu’on aime ou non le récit, il restera marquant. L’écriture est probablement ce qui m’a le plus séduite en écoutant la version audio, parce que c’est hyper travaillé, chargé en émotions et en humour sarcastique, c’est captivant et chantant, net et cassant. Cela renforce cette ambiance si particulière que l’autrice a construite dans cette histoire.
Deux sœurs qui se retrouvent forcées à collaborer pour retrouver le fantôme de leur mère, un récit familial et fantastique avec une belle part d’aventure aux quatre coins de la Méditerranée, en compagnie de théière et de thés enchantés ou de fantômes aussi curieux que fantasques. J’ai adoré cette atmosphère très automne-hiver, sombre et délicate, les différentes thématiques sont bien abordées et rendent l’intrigue dynamique.
Maintenant, je dois quand même dire que le récit est très dense, au-delà de la plume aussi moderne que chargée, on a un voyage introspectif de la part des deux sœurs, des retours dans le passé de la mère, des ellipses, c’est un roman qu’il faut suivre et qui demande une bonne dose de concentration, parce que mine de rien, chaque détail compte et qu’il est amusant de mener l’enquête avec Agonie et Félicité. Par ailleurs, si tout me fascine (ambiance, plume, histoire), ce n’est pas le cas des protagonistes qui m’ont plus d’une fois laissée de marbre. Je ne me suis pas attachée et c’est là, mon seul regret.
Vous reprendrez bien un peu de magie pour Noël ? de Carène PONTE
Éditions Fleuve (Pocket pour la version poche) – 2021 – 288 pages – 17 €
Écoutée dans sa version audio chez Lizzie par Élodie HUBER et Caroline VICTORIA, 331 minutes
Littérature adulte | Noël | Famille | Harcèlement | Monde du travail | Maladie
Avertissement : [thèmes du deuil, du harcèlement en milieu scolaire, maladie]
I need you Christmas des Jonas Brothers
Victoria Delmas, trente-cinq ans, dirige d’une main de fer son agence de publicité. Dans son quotidien réglé comme une horloge, aucune place n’est laissée à l’improvisation, et encore moins aux relations humaines qu’elle considère comme une perte de temps pure et simple. Jusqu’à un matin de décembre où sa vie bascule. Renversée par un bus, Victoria sombre dans le coma et atterrit dans un… centre de réhabilitation de Noël ! Cette mystérieuse organisation lui propose un marché : pour se voir accorder une seconde chance, elle devra se racheter auprès d’une personne qu’elle a fait souffrir par le passé, et ce avant le 26 décembre, minuit. Une mission qui risque de lui donner du fil à retordre. Car si Victoria excelle dans son métier, nouer des liens avec ses semblables n’est pas son fort. Mais s’il y a bien un moment de l’année où l’on peut espérer un miracle, c’est à Noël !
Premier Carène Ponte pour moi et probablement pas le dernier, même si on est très loin du coup de cœur et de la bonne lecture, j’en ressors mitigée, mais pas au point de ne plus lire d’autres romans de l’autrice. L’expérience audio avec les deux narratrices était au top, en plus, c’est un livre très rapide à écouter, car il fait moins de 6 heures.
J’ai failli abandonner. Il a fallu dépasser la moitié du récit pour enfin voir la lumière au bout du tunnel et apprécier de plus en plus l’histoire. La fin est méga touchante et très mignonne, les thèmes abordés par l’autrice sont fabuleux, bien traités, j’ai adoré toutes ces histoires de famille, de parentalité et d’éducation, de vies très différentes entre Dakota et Victoria, d’amour et de travail. Mine de rien, le roman nous interroge sur pas mal de notions.
Nous avons donc un roman contemporain sur Noël sans romance (ou presque), en tout cas, trop léger pour devenir une réelle romance de noël. Personnellement, ça ne m’a pas dérangé, tant il y avait de thématiques exploitées. Il y a un bon sens de l’humour, en particulier à travers le personnage de Mounette, la grand-mère de Dakota. Elle est à mourir de rire et j’ai adoré chacune de ses répliques, quant à sa relation avec ses petits-enfants, c’était trop adorable à lire.
Dakota et Austin sont géniaux, une belle relation frère-sœur, où ils sont aussi tendres et malicieux que complices et piquants. Dakota est par ailleurs un personnage que j’ai adoré, tout en émotion, en délicatesse. Par contre, et c’est là, le très gros point noir du récit pour moi, Victoria. J’ai failli abandonner cette lecture à cause du protagoniste principal qui est un cauchemar ambiant, et qui est beaucoup trop angoissant avec ces grands airs, son égocentrisme, ses valeurs du travail poussé au jusqu’auboutisme, son manque cruel d’empathie. C’était un calvaire d’entendre ses discours, et le fait de savoir que je suivais une harceleuse n’a rien arrangé. Encore heureux que les changements s’opèrent passé la moitié, pas assez pour remonter dans mon estime, mais suffisant pour me faire terminer le livre audio.
L’incroyable voyage de Melissa HARRISON
Les Gardiens du monde sauvage, tome 1
Éditions Milan (Tilt) – 2024 – 296 pages – 14 €
Littérature jeunesse| Printemps | Voyage | Nature | Animaux | Environnement | Amitié | Petit peuple
La chanson de la pluie du film Bambi (Disney)
Au premier matin du printemps, de petites et anciennes créatures émergent du creux d’un arbre : depuis des milliers d’années, Mousse, Brunet et Cumulus veillent sur le jardin et ses habitants. Quand leur frêne est détruit par une tempête, ils entament un long voyage à la recherche des derniers membres de leur espèce, le Peuple caché. L’aventure les entraîne au plus profond de la campagne anglaise, puis d’une ville humaine, échappant aux Mortels et aux prédateurs nocturnes avec l’aide d’alliés inattendus. Mais ce n’est que le début d’une quête pour la survie du Peuple caché, dans un monde sauvage et fragile qui disparaît peu à peu…
Après mon immense coup de cœur pour Le merveilleux pays des Snergs, j’étais très curieuse de découvrir cet univers de fantasy à la splendide couverture et au résumé très intéressant. J’ai donc tenté l’aventure aux côtés du peuple caché durant le Blossom Spring Challenge et je ressors de cette lecture mitigée, voire un brin déçue. Je ne pense pas lire le second tome, pour autant, je suppose que pour le lectorat visé (7-9 ans), il restera un chouette roman à lire. C’était donc sympa et mignon, mais sans plus.
Je suis restée sur ma faim, j’ai trouvé que dans l’ensemble, le roman exploité de bonnes idées, mais qu’elles n’étaient jamais développées ou abouties, tout allait très vite et il y avait trop de choses. J’ai fini avec cette impression que ça partait dans tous les sens et que les enchaînements rapides ne permettaient pas de s’attacher correctement aux événements et aux personnages. Les personnages principaux sont mignons, mais ils ne sont pas réellement attachants.
J’ai adoré l’ambiance printanière qui se dégage de l’histoire, l’autrice a fait d’importantes recherches pour donner à ce monde insectes, animaux, plantes typique de la saison. Offrant ainsi de belles rencontres, un cadre naturel poussé et une grande place accordée à la faune et la flore. La matière est là et le roman permet d’avoir un ton, des messages engagés sur l’environnement et l’écologie. Mais cela manque parfois de raffinement et c’était dommage.
Les noces de la renarde de Floriane SOULAS
Éditions Pocket – 2021 – 464 pages – 9 €
Littérature Young Adult | Fantastique | Japon | Créatures fantastiques | XVe siècle | Contemporain
Avertissement : [scènes de violences physiques, meurtres]
Radar à diversité : [personnages et culture issus du Japon]
The sun rises du jeu vidéo Okami
1461, Japon. Hikari vit dans les forêts peuplées de croyances et de dieux du Japon du 15e siècle et s’intéresse de près au village installé au pied de la montagne… à ses risques et périls. 2016, Tokyo. Mina, qui a le pouvoir de voir les yokaï, esprits et monstres du folklore japonais, va se laisser entraîner dans une chasse au démon, en plein cœur de Tokyo.
C’était une autrice que j’avais très envie de découvrir depuis très longtemps et ce titre était dans ma wishlist dès sa sortie grand format chez Scrineo. Si je reste tentée par Rouille ou encore les oubliés de l’Amas, j’ai abandonné Les noces de la Renarde à la moitié du récit.
L’histoire a un très chouette concept, j’adorais le mélange de ces deux intrigues qui s’entremêlent, la partie du 15e siècle qui nous transporte dans un japon historique, avec des relations complexes dans cette sororité et une belle romance. De l’autre côté, ce japon plus contemporain, nocturne et tout aussi dangereux avec ces êtres fantastiques, les yokaï, rôdant partout à Tokyo. C’était super sympa, mais cela n’a pas suffi pour maintenir mon attention éveillée et me pousser à dépasser les 200 pages.
L’univers est fascinant, l’autrice a fait des recherches pour donner un cadre à son récit, le rendre intéressant et le mettre au service d’une histoire à l’ambiance fantastique, historique et un brin thriller aussi, parce que Mina est en quête de vérité, elle cherche à se comprendre et à savoir d’où lui vient ce don, ce qui est arrivé à son père.
Seulement, si la plume est formidable et travaillée, les trop nombreuses longueurs et les étirements à rallonge de certaines scènes ou dialogues ont fini par ternir ma lecture, la rendre fastidieuse et mon attention déclinante, je n’avais plus envie de reprendre le roman ou à contrecœur. J’ai donc stoppé.
La péninsule aux 24 saisons de Mayumi INABA
Éditions Philippe Picquier (poche) – 2022 – 272 pages – 8 €
Roman | Littérature japonaise | Contemporain | Lectorat adulte | Japon | Tranche de vie
Radar à diversité : [autrice japonaise, personnages et culture issus du Japon]
Sayuri's Theme du film Mémoires d'une geisha
Dans un paysage de mer et de falaises d’une beauté paisible, bien loin de Tôkyô, une femme en désaccord avec le monde entreprend la redécouverte d’elle-même et passe des jours heureux d’une grande douceur. En compagnie de son chat, elle fera durant douze mois l’apprentissage des vingt-quatre saisons d’une année japonaise. A la manière d’un jardinier observant scrupuleusement son almanach, elle se laisse purifier par le vent, prépare des confitures de fraises des bois, compose des haïkus dans l’attente des lucioles de l’été, sillonne la forêt, attentive aux présences invisibles, et regarde la neige danser. Dans ce hameau au bord du monde, l’entraide entre voisins prend toute sa valeur, les brassées de pousses de bambou déposées devant sa porte au moment de la récolte, et les visites chaleureuses à l’atelier du miel de son amie Kayoko. Vingt-quatre saisons, c’est le temps qu’il faut pour une renaissance, pour laisser se déployer un sensuel amour de la vie.
J’avais deux maisons d’éditions à tester en matière de littérature japonaise, de tranche de vie, Nami et Philippe Picquier. J’ai donc emprunté à la médiathèque ce roman et si j’en ressors un brin mitigée, cela n’amoindrira pas mon envie de lire d’autres romans de cette maison d’édition et d’affiner ainsi mes goûts. En tout cas, je reste contente d’avoir pu me lancer dans ce titre dont j’en avais beaucoup entendu parler.
Comme je le disais, je n’ai pas passé un bon moment avec ce livre que j’ai trouvé pas mal long et ennuyeux et pourtant, je suis tout de même fan de livre aux rythmes plus contemplatifs ou poétiques. Mais là, j’ai eu du mal à me plonger dedans et à m’accrocher à quelque chose pour rester captivée. J’ai trouvé la narration tellement décousue que le tout me laisse une impression de bouillie confuse.
Je ne me suis pas du tout attachée au personnage principal malgré une chouette histoire personnelle et des questionnements intéressants sur la cinquantaine, la mort et le vieillissement. Je ne me suis donc pas réellement intéressée à ce qui se déroule dans le roman, malgré une jolie plume qui permet d’apprécier la nature notamment à travers les cinq sens.
Les 24 saisons ne sont pas super claires ou certaines tellement pas ou peu développées ce qui m’a totalement sorti de ma lecture plus d’une fois. Ce côté expéditif sur certains aspects est éloigné de ce que j’aime en matière de tranche de vie, de réconfortant et de contemplatif. J’aurais aimé une structure plus affirmée pour m’y retrouver dans cette année, parce que j’étais très intriguée à la base.









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