LECTURE EN VRAC : Le cercle du dragon-thé, Hooky, Miss Charity, Comme un oiseau dans un bocal

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Le Cercle du Dragon-thé de K. O’Neill
Éditions Bliss – 2020 – 60 pages – 18 €
Bande dessinée | Enfance | Fantasy | Cosy | Dragon | Thé
Radar à diversité : [personnages et romances LGBT]



Greta, apprentie forgeronne, découvre une petite créature perdue sur la place du marché. En ramenant le dragon-thé chez lui, elle va rencontrer les deux propriétaires du salon de thé : Hesekiel et Erik. Ces derniers vont alors l’initier à l’art délicat du soin des dragons-thé. Tandis qu’elle se lie d’amitié avec eux et avec la timide Minette, Greta va découvrir l’étendue de cet art et comment les dragons-thé enrichissent leurs vies.



Très gros coup de cœur pour ce premier tome et je suis impatiente de pouvoir un jour m’offrir cette trilogie, en attendant, je la poursuivrais à la médiathèque, mais quel régal du début à la fin. J’étais curieuse dès sa sortie en raison de la couverture trop mignonne et de ce résumé qui invitait à faire une pause avec cette omniprésence du thé.

J’ai bien aimé la maquette du livre, avec cette belle séparation en saisons pour marquer le passage du temps, pour faire avancer le récit et donner cet aspect tranche de vie. C’est un univers de fantasy très chouette, juste ce qu’il faut pour nous mettre dans cette ambiance cosy et douce, réconfortant et apaisant. J’ai adoré faire la rencontre de tous ces petits dragons-thé trop mignons que cela soit par le biais du récit ou par les pages en fin de bande dessinée.

O’Neill a su créer une histoire très agréable à lire autour de la petite Greta, c’est un personnage attachant et j’ai apprécié sa relation avec Minette et les autres membres du cercle, nous avons donc un monde inclusif et fait de diversité dans lequel il fait bon de s’y plonger. Par ailleurs, chaque personnage voit son histoire se développer ce qui les rend très attachants, j’applaudis le travail fait pour donner aux enfants une belle histoire de cosy fantasy.

Les illustrations sont magnifiques, j’adore le design des personnages faits de créatures fantastiques, c’était une excellente idée. Les dragons sont merveilleux et trop trognons, j’ai mes petits chouchous, mais tous sont adorables. Découvrir ce cercle, les soins, la confection du thé auprès d’Hesekiel et d’Eric était top, ce sont de bons personnages. Et ces couleurs pastel et douces, cela donne une esthétique dont je suis trop fan.





Hooky de Miriam BONASTRE TUR
Tomes 1 et 2
Éditions Dupuis – 2023 – 210, 224 pages – 19 €
Bande dessinée | Adolescent | Fantasy | Aventure
Avertissement : [sujets de deuil, mort, violences physiques et verbales]



Dani et Dorian sont sœur et frère, jumeaux, et descendants de la prestigieuse lignée des sorciers Wytte. Après avoir raté le bus de l’école de magie, ils décident de se chercher un professeur perso, sans rien dire à leurs parents. Mais ils vont ainsi surtout se trouver de sacrés ennuis ! Car les sorciers ne sont pas tous aussi bienveillants qu’eux, et certains organiseraient même un complot… Ils vont se retrouver pourchassés par plusieurs familles magiques puissantes, qui pensent que l’un des deux est le Roi-Sorcier d’une prophétie. Heureusement, ils peuvent compter sur un groupe d’amis unique en son genre pour régler tous les malentendus que leurs bêtises ont causés. Mais peuvent-ils aussi régler les conflits du royaume une fois pour toutes ?



Dans la très longue liste des bandes dessinées qui me faisaient de l’œil depuis la parution du premier tome, il y a Hooky. Quel régal d’avoir pu mettre la main sur les deux premiers tomes d’un coup à la médiathèque, ils sont si difficiles à avoir en temps normal et d’autant plus heureuse de les avoir lu en cette période d’Halloween. Ils sont parfaits pour la saison automnal et j’ai passé un très bon moment de lecture.

Après un début un peu chaotique, le temps pour moi de me faire aux personnages, aux moult détails et subtilités à prendre en main, et l’aspect très bavard des protagonistes, j’ai fini par apprécier de me plonger dedans et d’enchaîner les deux tomes.

Les personnages sont très nombreux, mais ils sont attachants et très sympathiques, avec une histoire, une personnalité, des secrets que j’ai aimé voir, entrevoir ou percer à jour. L’autrice maîtrise cette part de mystère entourant certains d’entre eux et sait animer relations et interactions, donc je ne me suis pas ennuyée. J’ai mes petits chouchous comme la princesse Monica, le prince William, Marc ou encore Dorian Wytte.

L’univers et l’histoire sont riches en péripéties, en trouvailles, c’était rythmé avec un texte entraînant et des répliques bien pensées. Ce qui a surtout capté mon attention, c’est ce parfait travail entre univers coloré et bon enfant, les ingrédients d’une fantasy classique et cette maturité dans les thématiques explorées, cette tension pesante et ce final incroyable pour le second tome.

Les planches sont très belles, comme je l’ai dit c’est coloré et pétillant dans les couleurs employées, il y a un certain enthousiasme et émerveillement devant les lignes, les actions, les expressions des personnages. Ces derniers ont un chouette design en plus de ça. L’illustratrice est ravie de partager de chouettes bonus en fin d’ouvrage comme des interviews, partager son travail de conception des couvertures françaises, etc. Ce sont vraiment de beaux objets.





L'enfance de l'art + Le petit théâtre de la vie de Loïc CLEMENT et Anne MONTEL
Tomes 1 et 2 de la saga Miss Charity
D’après le roman Miss Charity de Marie-Aude MURAIL
Éditions Rue de Sèvres – 2020 et 2023 – 118 et 120 pages – 16 €
Bande dessinée | Adolescence | Historique | Famille | Art | XIXe siècle | Angleterre | Animaux | Sciences
Avertissement : [incendie volontaire, tentative de meurtre, mort et deuil]



En 1880, Charity est une petite fille de la bonne société anglaise. Endeuillée par la mort de ses petites sœurs, sa famille lui accorde peu d’attention ; aussi se réfugie-t-elle auprès de sa bonne, Tabitha. Elle élève également des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope et apprend Shakespeare par cœur, espérant qu’un jour quelque chose rompra sa solitude.



Je ne connaissais pas du tout ce roman de Marie-Aude Murail, mais je connaissais le travail d’Anne Montel et de Loïc Clément, donc en apprenant que cette saga parle d’histoire, d’art et de sciences, en partant de la vie de Beatrix Potter, je ne pouvais pas passer à côté. J’ai emprunté ce premier tome et j’en ressors conquise.

J’ai bien aimé l’intrigue, suivre l’éducation de cette petite fille vive et passionnée par le monde animal et végétale était trop chouette. Quelque part, ça m’a un peu rappelé les Malheurs de Sophie, avec tous les déboires vécus par notre héroïne. En voir l’évolution année après année était sympathique, et je suis fan du mélange entre arts et sciences.

Les personnages sont attachants, et ça me rend hyper curieuse de découvrir le roman d’origine, parce que je sens que je pourrais en apprendre plus sur eux. La famille de Charity est touchante, même si je ne suis pas fan des parents, la nurse Tabitha est singulière, elle peut être gentille, mais ses légendes terrifiantes la rendent parfois étrange. J’ai beaucoup aimé l’éducatrice qui l’aide dans son apprentissage de l’aquarelle, de la musique et des sciences.

Le texte est agréable à lire, simple et efficace, moderne pour être accessible sans pour autant renier l’aspect historique dans les relations, les expressions ou l’immersion. Cette dernière passe aussi par le travail des illustrations, de belles aquarelles, des planches lisibles, des couleurs qui rendent le texte vivant.

Un second tome qui me permet de conclure le dytique et qui me donne très envie de découvrir le roman de Marie-Aude Murail. J’ai passé un chouette moment avec Le petit théâtre de la vie, je l’ai même légèrement préféré au premier opus, en revanche, l’un comme l’autre m’a plongé dans une atmosphère prenante autour de l’art, du XIXe siècle et de la société britannique de l’époque.

J’ai adoré le fait de baigner dans un milieu entre art et science, l’amour des animaux et de la nature que Charity possède me rappelle Beatrix Potter (qui est d’ailleurs la source d’inspiration de cette histoire), et ce sens de l’artistique autour de l’aquarelle, du dessin, du théâtre, c’était fascinant et très intéressant. D’autant plus que ce parallèle entre le fictif et la vie de Charity autour du théâtre est bien pensé.

Il y a tout de la dramaturgie, des affaires de romance et des péripéties romanesques, des conflits intérieurs, des démons à combattre avec des conséquences terribles, des choix cornéliens à faire, des amours contrariés, des pertes et des rencontres, des jeux de dupes… J’ai vraiment beaucoup aimé découvrir toute la richesse de l’intrigue via ce deuxième tome. D’ailleurs, Charity est si attachante comme héroïne que je suis en compassion avec ce qu’elle vit.

Le texte est super, j’ai adoré les répliques des personnages, le seul reproche que j’aurais à dire c’est le choix de la typo qui est certes très esthétique et apprêtée pour la BD, mais qui peut parfois être confuse à décrypter. Quant aux illustrations, elles sont toujours magnifiques, avec cette patte d’aquarelles, de couleurs douces et de traits subtiles. C’est hyper agréable à regarder et j’en suis très fan.





Comme un oiseau dans un bocal : Portraits de surdoués de Lou LUBIE
Éditions Delcourt – 2023 – 181 pages – 22 €
Bande dessinée | Adulte | Sciences | Neuroatypie | Surdoués
Radar à diversité : [traite de la neuroatypie]



On parle beaucoup des enfants précoces, mais que deviennent-ils une fois adultes ? Birdo, brillant chef de restaurant, discret et solitaire, sait qu’il est surdoué depuis tout petit. Raya, prise dans une vie qu’elle sabote inconsciemment, cherche des réponses dans son diagnostic tout récent de « Haut Potentiel Intellectuel ». En confrontant leurs expériences, ces deux êtres singuliers vont repenser leur rapport à la douance.



Depuis le temps que les bandes dessinées de Lou Lubie sont dans ma wishlist, je suis contente d’avoir pu emprunter celle-ci à la médiathèque, parce que c’est ma dernière lecture de 2025 et un très gros coup de cœur.

C’est une excellente bande dessinée qui me donne envie de lire d’autres ouvrages de Lou Lubie, et même si je ne suis pas concernée par douance, beaucoup d’informations sont données pour comprendre le sujet, et je me suis retrouvée dans certains éléments. Attention, je ne ferais pas l’affront de dire que je suis HPI, seulement ce qui parlait d’hypersensibilité, d’empathie, des émotions en général m’a beaucoup parlé.

Le style graphique est super beau, je suis trop fan du design des personnages, du rendu des décors, de la composition des planches et des cases pour mêler l’histoire de Raya et de Birdo VS l’aspect ludique et pédagogique pour parler des surdoués. La palette de couleur rend le tout dynamique, captivant et simple, j’ai passé un très bon moment de lecture.

La lecture fut agréable grâce aux textes de qualité, une bonne dose d’humour, de la sensibilité, et c’était si passionnant de lire cet ouvrage. Les personnages sont attachants, j’ai aimé l’amitié qui relie Raya et Birdo, l’histoire est très touchante et d’une grande humanité.



Crédits images :
Livraddict * Flaticon * Canva * Unsplash * BDGest (planches)

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