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La citadelle d'Ewylyn




Gustave : chevalier de l’autre monde d’Emmanuelle REY et Julien ARNAL
Éditions Gautier-Languereau – 2022 – 32 pages – 15 €
Album jeunesse | Fantasy | Aventure



La vie de Gustave était bien ordinaire, jusqu’au jour où une mystérieuse bouteille apparaît à la surface de la mer. Comme par magie, elle le transporte dans un autre monde, celui des minuscules Poipois. Commence alors une quête haletante pour terrasser le terrible Bartatosk. L’histoire fabuleuse d’un héros malgré lui.



Quelle belle histoire, j’ai eu un gros coup de cœur pour cet album jeunesse qui me faisait de l’œil depuis sa sortie. C’est une intrigue pleine de fantaisie et d’aventure, donc je suis ravie d’avoir découvert ce duo, parce que je pense que je lirais d’autres livres d’eux.

Le texte est super agréable lire, cela donne un très chouette conte je trouve, un beau voyage qui m’a séduite dès le départ, et même à haute voix, ça rend bien. J’ai apprécié suivre Gustave dans ses péripéties, on s’attache très vite au personnage et j’ai adoré les poipois.

Les illustrations sont magnifiques, j’ai adoré le style des personnages, les couleurs sont merveilleuses, ça foisonne de détails, visuellement, ça m’a totalement embarquée. Et même que le texte soit conséquent, ça ne dérange pas la lisibilité de l’album.






Le Chevalier de Ventre-à-Terre de Gilles BACHELET
Éditions Seuil – 2014 – 30 pages – 15 €
Album | Lectorat jeunesse | Humour | Escargot



Aujourd’hui c’est le grand jour. Le Chevalier de Ventre-à-Terre combat son rival Corne-Molle. Mais avant de partir, cet escargot bien pressé doit régler quelques détails… Oh, trois fois rien ! Prendre son petit déjeuner, mettre à jour sa page Facebook, embrasser sa femme et ses enfants, délivrer une princesse, faire une petite partie d’échecs… Arrivé sur le champ de bataille, c’est l’heure de déjeuner. Il est décidé que l’on reprendra le combat après un bon repas et une sieste réparatrice, mais le temps manque et on n’aime pas bâcler. Le rendez-vous est fixé au lendemain, histoire de faire les choses comme il faut. Mais le lendemain…



Je poursuis ma découverte de la bibliographie de Gilles Bachelet et quel régal de découvrir le Chevalier de Ventre-à-Terre, je retrouve avec joie, cette malice que l’auteur a pour jouer sur les mots, le rythme, l’imprévu et le fantasque. C’est un très bon mélange d’allier humour, modernité et fantaisie. C’est une véritable ode à l’enfance et à l’imaginaire, et la maquette est parfaite pour renforcer le dynamisme du livre.

Notre bon gastéropode va vivre un périple des plus surprenants alors qu’il se rendait au champ de bataille, j’ai retrouvé l’énergie d’un autre album jeunesse, celui de Tom Gauld « Le robot de bois et la princesse bûche ». Tout le voyage permet une riche panoplie d’événements improbables et inattendus, ce qui rend l’album très drôle à suivre.

La fin est parfaite, tout le texte respire le fantasque et le burlesque, l’auteur s’amusant autant qu’il amuse le lectorat, j’ai pas mal ri et les illustrations sont superbes, dans le style de l’auteur où je retrouve les lignes fines, le sens du détail, les couleurs douces et soignées. Je suis très fan des planches ou encore du design de notre chevalier qui est très attachant, sans compter cette ambiance très chevaleresque et médiévale.





Cette maison est hantée d’Oliver JEFFERS
Éditions Kaléidoscope – 2022 – 80 pages – 18 €
Album jeunesse | Enfance | Manoir | Fantômes



Bonjour, entre donc. Tu pourrais peut-être m’aider ? Vois-tu, il paraît… que cette maison est HANTÉE ! Participe à une chasse aux fantômes palpitante : une aventure interactive pour frissonner de peur et de plaisir, où des pages transparentes te permettent de faire apparaître des fantômes.



Oliver Jeffers, j’avais eu un énorme coup de cœur pour son travail sur Il était une fois l’alphabet en vingt-six escales rocambolesques qui est une pépite en matière d’histoires pour les enfants et un livre magnifique à étudier tant sur le texte que sur l’esthétique. J’avais tellement envie de lire d’autres ouvrages et deux ans plus tard, voilà que je tombe par hasard sur cette maison hantée alors que nous sommes en octobre.

Forcément, je me suis jetée dessus et j’en ressors très contente. Je dirais que l’unique point négatif c’est la fin qui est plutôt brutale et n’apporte pas de réelle conclusion au récit. Ça m’a interpellé, parce que tout s’arrête d’un coup et à mes yeux, l’histoire n’a pas de fin. Par ailleurs, le texte est agréable à lire, mais il n’est pas aussi poussé et cherché que sur Il était une fois.

Sinon, le concept est incroyable. J’ai tellement aimé découvrir cette petite fille en train de chercher des fantômes, et devoir jouer avec ces pages transparentes pour les dénicher, ça rend la lecture interactive, ludique et très drôle. Le texte ne fonctionne uniquement accompagné des illustrations, sans cela, le texte paraît pauvre, mais les dessins apportent tant.

J’aime le décalage que les images font ressentir, ces fantômes se cachent et nous incluent dans leurs facéties ou encore en se cachant dans des objets du quotidien. C’est toujours inattendu, amusant et plein de malice. En plus de cela, la palette de couleurs employée pour cet album est parfaitement pensée pour coller à cette atmosphère hantée, des nuances de blanc à noir en passant par du gris, seule la petite fille sort du lot.

Enfin, les illustrations ont cette magie de mélanger le dessin avec de la peinture et du feutre tout en montrant un manoir qui lui est composé de photos, de collage pour le rendre le plus réel possible. Le résultat est frissonnant à souhait. Les fantômes sont aussi attachants que cette petite fille. J’ai hâte de pouvoir me replonger dans la bibliographie de ce créateur.





Pedro crocodile et George alligator de Delphine PERRET
Éditions Les fourmis rouges – 2013 – 32 pages – 17 €
Album Jeunesse | Enfance | Humour | Animaux | École



Georges et Pedro sont deux cousins. L’un est alligator, l’autre crocodile, et ils commencent à en avoir marre qu’on les confonde constamment. Ils quittent donc la jungle pour aller à la recherche d’enfants, ces fameux êtres qui se mangent et qui colportent de fausses rumeurs. Après une très longue marche, ils arrivent à l’école, où l’accueil n’est pas des plus chaleureux…



Un album bien sympathique sur lequel je me devais de m’arrêter, forcément, il est de Delphine Perret, donc j’étais très curieuse de savoir ce qu’il pouvait raconter. Une bonne surprise et je suis impatiente de découvrir un nouveau livre de cette autrice-illustratrice.

En attendant, quel régal de découvrir Georges et Pedro, deux animaux très attachants qui vont vivre une aventure des plus rocambolesques. L’un est un alligator, l’autre un crocodile et ayant assez d’être confondus à tout bout de champ, ils vont aller à l’école, déterminés à croquer un enfant ou deux. Rien que le pitch m’a fait sourire et m’a poussé à emprunter ce livre.

Ce fut une belle lecture, les personnages sont sympathiques, leurs aventures dans cette école était si drôle et un peu touchant aussi. C’est un album plein de vie et d’humour, avec de beaux messages dans le fond, et le final est absolument parfait, un beau clin d’œil au début de l’histoire. Vraiment, j’ai adoré l’intrigue développé et la manière dont chaque page tournée, il y a une surprise.

Autant sur le texte qui est fin, ciselé et parfait pour une lecture à haute voix, mais aussi à travers de l’illustration. Dans les dessins, il y a des détails dont seule Delphine Perret en a le secret et ça ajoute pas mal de piquant. Je retrouve avec plaisir ces lignes noires contrastant uniquement avec ces deux formes colorées en vert qui sont nos deux héros.




Mimi Rose, la postière de bisous de Nicola LUBAC et Delphine RENON
Éditions Gründ – 2025 – 24 pages – 15 €
Album jeunesse | Fées | Train



Aide Mimi Rose dans sa tournée des bisous ! Savez-vous que certaines fées rendent service aux humains ? Leur rôle est de livrer les bisous envoyés au loin. Parmi elles se trouve Mimi Rose, la fée courageuse qui ose ! Aujourd’hui, une mission de la plus haute importance l’attend !



Je suis contente d’avoir découvert cet album jeunesse via la Masse Critique de Babelio, parce que j’avais super envie de découvrir les textes gagnants des concours Gründ, donc merci à la maison d’édition parce que j’ai passé un bon moment de lecture avec ce texte.

J’ai bien aimé l’histoire que j’ai trouvé très jolie, mignonne et douce, elle était parfaite pour le lectorat visé, les 3-5 ans. C’était hyper apaisant et j’ai bien aimé le personnage de Mimi Rose, elle était adorable et c’était cool de la suivre dans sa nouvelle mission.

Le texte est accessible et agréable à lire que cela soit pour soi-même ou lire à haute voix, surtout que la maquette permet de jouer avec, il y a des phrases qui se tordent comme pour suivre le sens du vent, c’était bien pensé.

Enfin, les illustrations qui sont super belles, j’ai adoré ce style à base de crayons de couleurs, avec la palette de couleur douces, ça renforce l’aspect féerique donné à ce monde plein de fantaisie. J’ai bien aimé le design des personnages, en particulier des petites fées.



Crédits images :
Livraddict * Flaticon * Canva * Unsplash * Maisons d'éditions pour les planches

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Le talisman du Loup de Nicolas DIGARD, Myriam DAHMAN et Julia SARDA
Éditions Gallimard Jeunesse – 2020 – 48 pages – 15 €
Album | Lectorat Jeunesse | Conte | Ambiance automnale

Gran'ma Dola - Castle in the sky OST



Dans la forêt vivait un loup. Ce loup avait un secret. Laissez-vous envoûter par ce conte fantastique où s’entremêlent le mystère, la magie et la puissance de l’amitié.



Après avoir découvert un autre album jeunesse dans cette veine, Leina et le Seigneur des Amanites, je me suis dit que ce serait une bonne idée de lire celui-ci. Je l’ai emprunté à la bibliothèque et je ne regrette pas, parce que c’était une chouette histoire.

J’aime énormément l’aspect conte qui se ressent aussi bien dans l’ambiance, le texte ou encore les illustrations, notamment les ornements pour décorer les pages. L’intrigue développe de belles thématiques faite d’amitié, avec des émotions, le tout avec un côté frissonnant parfait pour la saison automnale.

C’était intéressant d’avoir ce monde proche du nôtre, mais avec cette pointe de magie, de féerie, avec cette forêt enchantée, les créatures fantastiques. J’ai bien aimé le lien entre le loup et la jeune femme, cela donne une relation émouvante. De plus, j’ai trouvé que le texte était soigné, élégant et très agréable à lire.

Pour terminer, je suis conquise par les illustrations, loin d’être un style que j’apprécie, je les trouve cependant fascinantes. Cela donne un aspect hors du temps, une palette de couleurs simples et des jeux de textures et de motifs pour un visuel atypique.




À la campagne de Laurie COHEN et Marjorie BEAL
Éditions Balivernes – 2013 – 48 pages – 15 €
Album jeunesse | Lectorat Jeunesse | Paysage | Campagne

The path of the wind - Totoro OST



À la campagne, on rêve sous les toits des nuages, on écrit des histoires à l’ombre des feuillages, dans ses senteurs et ses paysages, on voyage… Venez respirer et gambader, jouer avec les papillons, les coccinelles. A la campagne, la vie est si belle !



Je poursuis mon aventure auprès des albums jeunesse signés par le duo Cohen et Béal, cette fois-ci, place aux paysages champêtres, aux prairies et à la campagne. J’ai passé un bon moment avec cette lecture, mais c’est probablement le titre qui m’a le moins séduit, il ne me reste qu’à découvrir celui sur l’espace et je serais à jour.

En vérité, j’ai trouvé que l’album était moins inspiré et j’ai envie d’être indulgente, parce qu’il me semble que c’est le premier du duo, donc je suppose qu’il faut un début à tout. J’étais moins emballée par les différentes double-page, notamment dans le texte que j’ai jugé moins poétique, pourtant il reste soigné et agréable à lire.

Les illustrations sont très chouettes, c’est un style graphique qui évidemment ne plaira pas à tout le monde, parce que l’on est sur un aspect plus géométrique et des couleurs très vives. Personnellement, j’aime bien, car ça donne de la matière pour imaginer et je dois dire que j’ai adoré les palettes utilisées pour représenter la campagne.





Le plus bel été du monde de Delphine PERRET
Éditions Les fourmis rouges – 2021 – 123 pages – 19 €
Album jeunesse | Famille | Nature | Été

On a clear day - Kiki la petite sorcière OST



Arriver la nuit et faire semblant de dormir pour être porté de la voiture à la maison. Manger des glaces. S’allonger dans l’herbe. Danser. Faire des cabanes. Trouver un scarabée mort. Cueillir des mûres. Ramasser des bâtons. Observer des fourmis et en écraser sans faire exprès. Vivre le plus bel été du monde.



Toujours dans mon exploration de la bibliographie de Delphine Perret, je suis tombée sur cet album à la médiathèque et je n’ai pas résisté vu qu’on était en plein été à ce moment-là. Ni une ni deux, aussitôt emprunté, aussitôt lu et quel régal ! Un très beau livre qui porte merveilleusement bien son nom.

Je retrouve avec joie le style de l’artiste dans ce joyeux mélange entre des planches en couleurs et d’autres en noir et blanc, entre ces formes entières et pleines, et ces lignes délicates et simples. Cela donne un album qui est comme un carnet de voyage, un lieu où se rencontre tout ce qui constitue un bel été.

Loin d’être un album souvenir digne d’une liste avec des choses empilées, l’autrice sait marquer les heures et les jours, le passage du temps se voit au gré des réveils ou des couchers, des retrouvailles avec la famille et leur départ, la nostalgie des jours passés via l’arrivée tonitruante. J’ai aimé suivre cette temporalité délicate, surtout que tous ces petits bonheurs donnent une vraie bouffée d’air frais, quelque chose de doux où tout le monde peut se reconnaître.

Les illustrations sont magnifiques, j’adore le style des personnages, les beaux paysages à l’aquarelle et qui sont évoqués, esquissés. Les pages thématiques sont intéressantes, j’aime beaucoup celle sur les feuilles collectées. Et le texte est juste ce qu’il faut, ni trop peu ni pas assez, simple et poétique, des fragments du quotidien, des évocations intimes ou des réflexions plus poussées. C’est toujours bien écrit et agréable à lire, un régal et un gros coup de cœur pour ce très bel été.





La nuit des Yokai de Romain TASEK
Éditions L’Apprimerie – 2020 – 40 pages – 16 €
Album jeunesse | Enfance | Japon | Yokai

The cheerful song - Pom poko OST



Tanaka est un jeune salarié tokyoïte. Depuis qu’il est enfant, le jeune homme rêve de voir des y?kai, ces fantômes qui peuplent le folklore japonais. Parfois bons, parfois mauvais, ces spectres sont souvent très farceurs ! Pour ce faire, il décide de se rendre dans un temple, habité par les y?kai, et d’y passer la nuit. Les lunettes magiques glissées à l’intérieur du livre permettent de découvrir les fantômes cachés entre les pages !



Un bon album jeunesse sur la culture japonaise, notamment sur les Yokai, j'aurais aimé en savoir plus sur le contexte, sur l’histoire, c’est reste un peu en surface pour ma part. Pour autant, pour une première entrée en la matière pour les plus petits, ce sera au top.

C’était extra d’avoir des pages annexes pour présenter certains esprits et elles sont intéressantes en plus de ça. Je ne suis pas parvenue à m’attacher au personnage principal, à comprendre son périple, à entrer dans le récit, mais ça, ça n'enlève pas les belles qualités de l'ouvrage.

J’ai adoré le travail des couleurs qui sont pop et pétillantes, le livre possède une esthétique très particulière, ça donne un visuel tranché presque un rappel d’affiches rétro je trouve. Là où j’applaudis l’ouvrage, c’est sur son aspect interactif grâce aux lunettes en 3D pour permettre de dénicher les esprits bien camouflés dans les décors.





Le rocher tombé du ciel de Jon KLASSEN
Éditions L’École des loisirs – 2022 – 90 pages – 16 €
Album jeunesse | Enfance | Animaux | Humour

Monsters, Inc - Monsters, Inc. OST



« J’aime bien rester à cet endroit », dit une tortue à chapeau à un tatou qui passe par là. « J’ai un mauvais pressentiment » répond celui-ci. « Je vais aller voir si c’est mieux là-bas qu’ici. » Ce n’est pas seulement l’histoire d’un endroit, c’est aussi celle d’un astéroïde, d’un alien et même celle de notre destinée.



Comme j’aime énormément cet auteur-illustrateur, forcément, j’ai poursuivi mon périple à travers sa bibliographie, et quelle joie de pouvoir emprunter un nouvel ouvrage à la médiathèque. Ce fut une excellente lecture, j’ai adoré cet album du début à la fin.

Je suis trop fan de l’histoire qui absolument à mourir de rire, parce que chaque double-page offre un tournant inattendu et qu’il est impossible de savoir à l’avance où l’auteur va aller, et surtout, jusqu’où va aller cette intrigue. À son habitude, il use de la répétition et de l’absurde et pourtant, il sait parfaitement se renouveler et nous emporter ailleurs.

Le texte est super soigné avec un humour au top, les jeux sur la typographie et la police de style sont parfaits pour jouer chaque scène et amuser petits et grands. Quant aux illustrations, elles sont géniales, la patte de Jon Klassen se reconnaît aisément, il y a ces formes simples et ces jeux de textures, cette manière de faire évoluer et continuer le récit par l’image, les couleurs naturelles.

C’est tendre et malicieux, j’aime le design des personnages qui sont très attachants et mignons, on compatit très vite à leurs mésaventures.



Crédits images :
Livraddict * Flaticon * Canva * Unsplash

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Le gros livre de Delphine PERRET
Éditions Les fourmis rouges – 2024 – 184 pages – 14 €
Album jeunesse | Humour Absurde | Merveilleux | Philosophie | Recueil d’histoires



Le gros livre, c’est celui qu’on trimballe partout, celui dans lequel on se plonge avant de dormir, celui dans lequel on pioche entre deux autres activités. Celui qui nous appartient. Celui qu’on partage. Celui qui a tellement de pages qu’on est forcément grand. Celui qui nous fait bizarre, celui qui nous fait rire, celui qui dit n’importe quoi mais pas que. Bref, LE gros livre. Delphine Perret a décidé de s’installer dans un tout petit format pour ouvrir grand l’imaginaire.



Delphine Perret ça a été une de mes révélations de l’année 2024, depuis une super histoire de Cow-Boy jusqu’à ce titre, j’ai adoré me plonger dans ses histoires pétillantes de malice, avec cet humour absurde qui me fait beaucoup rire, avec cette imagination touchante et cette délicatesse dans les mots, les illustrations. Je remercie sincèrement les éditions Les fourmis rouges et le site Babelio pour cette Masse Critique et cette découverte qui est un gros coup de cœur.

Le format est astucieux, le gros livre est en réalité un tout petit livre, de format poche que l’on peut emporter partout avec soi, les enfants seront donc enchantés d’avoir cet ouvrage à portée de main, en hardback – donc facile à manier. J’ai adoré cette idée qui est parfaite et qui donne 17 histoires à découvrir, des courtes, des très courtes, des plus longues, impossible de s’ennuyer.

Delphine Perret nous présente toute une galerie de personnages attachants, drôles, amicaux que l’on prend plaisir à découvrir ou à redécouvrir plus loin, car certains sont récurrents et nul doute que s’il y a un deuxième opus, nous les retrouverons à coup sûr. Super-Content, Mi le poussin, Henri le canard, Gilbert et Jean-Cive, j’ai adoré lire leurs aventures.

Ce qu’il y a de bien avec cet ouvrage, c’est qu’il est surprenant, je ne savais jamais où l’autrice allait nous emmener, quelle sera la fin/la chute, les histoires sont donc très bien pensées, comme toujours avec Delphine Perret, les mots sont précieux et bien choisis, le texte est peu bavard, mais il parfait. Et en plus de ça, il est super agréable à lire, parce que les lettres sont bien formées, lisibles, c’est aéré et ça fait du bien dans ce petit format.

La maquette est chouette, du noir et blanc pour les illustrations qui sont réalisées avec des traits fins qui permettent d’identifier rapidement objets, éléments naturels ou encore animaux et humains. J’adore le fait d’avoir joué sur le blanc et deux teintes d’orange pour construire le livre, séparer les histoires ou faire des pauses avec des double-pages décalées (On a le droit, On n’a pas le droit). Tout est astucieux, lisible, attirant sans être criard, l’ode à l’imaginaire et à l’enfance passe autant dans le texte comme dans les images, j’ai passé un excellent moment avec ce livre que je relirais sans modération !





Bonnes nuits de Sang-Keun KIM
Éditions Sens Dessus Dessous – 2023 – 53 pages – 13 €90
Album Jeunesse | Littérature de Corée du Sud | Nuit | Insomnie | Amitié



Quand Célestine ne parvient pas à s’endormir, elle entame un fabuleux voyage au pays de la lune et des étoiles. Elle y rencontrera un drôle de Petit Lapin et s’y fera des amis pour toutes les nuits et pour toute la vie. Des amis qui, comme des constellations dans le ciel, veilleront toujours avec douceur sur son sommeil.


Une bonne surprise avec cet album jeunesse doux et poétique que j’ai emprunté à la médiathèque, première histoire que je lis de cet auteur/illustrateur, et vu que j’ai bien aimé ma lecture, il est fort probable que je m’empare des autres dans les prochains mois.

J’adore l’histoire qui est délicieuse et apaisante, douce et lumineuse, pleine de magie et de poésie. Une excellente idée de parler aux enfants de la nuit à travers le thème de l’insomnie qui peut parfaitement les toucher. J’ai aimé rencontrer Célestine et cet adorable petit lapin, ainsi que tous leurs amis à qui le sommeil fait défaut, parce que ce qui les relie les rendent attachants.

Les illustrations sont superbes, de belles planches tout en bleu, avec ces petites touches scintillantes en blanc et jaune pour les étoiles, cette magnifique lune où tous nos personnages se rencontrent. C’est sobre et élégant, l’auteur en fait juste ce qu’il faut pour nous attendrir, nous amuser aussi, j’adore cet équilibre. Le design des animaux et humains est travaillé et trop mignon.

Le texte est lui aussi économe, mais il est précis, joue sur la répétition et l’effet de surprise, la douceur et le non jugement, c’est délicat et réconfortant, ce qu’il faut pour les plus petits. C’est lisible et aéré, les 56 pages défilent toutes seules, je me suis vraiment régalée à suivre les aventures du Petit Lapin et de Célestine.





Je veux mon chapeau de Jon KLASSEN
Éditions Milan – 2020 – 32 pages – 12 €
Album jeunesse | Humour | Mensonge | Animaux



L’ours a perdu son chapeau. Il demande à tous les animaux qu’il rencontre s’ils l’ont vu. Personne ne peut l’aider. L’ours est désespéré. Oui mais voilà : parmi eux se trouve un lapin… qui porte un chapeau sur la tête… Cet album d’une grande intelligence réussit l’exploit, avec une histoire très simple et des illustrations d’une rare sobriété, de s’adresser autant aux jeunes lecteurs qu’à leurs parents. Une forme cinématographique, beaucoup d’humour : un futur classique !


Une relecture pour ma part, parce qu’il y a 10 ans, j’avais eu un énorme fou rire pour cette lecture découverte sur le site Ricochet et parce que tout de même, cette couverture interpellerait n’importe qui. C’est un album jeunesse qui est original et déroutant, piquant à souhait avec son final improbable et à mourir de rire.

L’histoire est simple, efficace et ne manque pas de mordant. Ce pauvre ours recherche son chapeau et la farandole d’animaux qu’il va croiser lui réserve bien des surprises. Cette petite enquête permet d’évoquer les thématiques du vol et du mensonge, de l’entraide aussi et la fin de l’ouvrage aussi surprenante que drôle réalise une jolie boucle je trouve.

C’est le génie de cet album, le travail du texte, la redondance et la répétition, les jeux sur la typographie et les couleurs, tout est fait pour donner une théâtralité à cette lecture, attirant ainsi l’attention sur des points spécifiques et renforçant ainsi cette notion d’enquête. Parce que finalement, on veut tous que cet ours retrouve son chapeau.

J’aime le style graphique de Jon Klassen, les formes sont simples, les textures recherchées, c’est juste ce qu’il faut pour reconnaître animaux, planter le décor, s’attacher à cet ours et même rire de bon cœur devant les silences, les jeux de regards. Un bonheur à lire, à relire sans modération, parce que cet album est vivant, malicieux et conviendra aux petits comme aux grands.





Ce n’est pas mon chapeau de Jon KLASSEN
Éditions Milan – 2021 – 30 pages – 12 €90
Album jeunesse | Humour | Mensonge | Monde maritime



Ce chapeau n’est pas à moi. Je viens de le voler. Jamais personne ne m’attrapera. Jamais…


J’ai emprunté quelques albums de Jon Klassen dont celui-ci, parce que la couverture attirait ma curiosité, que ce poisson était très élégant avec son petit chapeau et que le résumé me promettait une belle histoire, à l’instar de Je veux mon chapeau qui m’avait fait beaucoup rire. Je ne regrette pas cette lecture, c’était drôle et bien pensé, un coup de cœur.

J’applaudis réellement la structure narrative de cette histoire, le fait de suivre le texte du point de vue du voleur, de le voir se vanter de son vol, d’être persuadé que personne ne le retrouvera, de nous confier son plan MAIS d’avoir le visuel qui nous raconte une tout autre histoire, ça m’a énormément amusée. Je trouve cela original, maîtrisé et parfait.

Ce petit poisson a beau être élégant avec ce chapeau, ce n’est pas le sien, et aborder le vol, le mensonge ainsi que les conséquences de ses actes, tout ceci était intéressant, avec ce final que seul l’auteur sait faire : piquant, irrévérencieux, dans le silence et le non-dit, ce qu’il faut pour imaginer la suite, la fin. Un régal comme toujours. Le texte est parfaitement écrit et soigné, plein d’humour, se prêtant à la lecture à haute voix.

Enfin, les illustrations sont merveilleuses, j’aime vraiment la manière dont Jon Klassen utilise des formes simples, des couleurs restreintes pour des effets et des textures plus travaillés. Tout est reconnaissable, les fond marins sont délicats, les poissons sont expressifs, je suis conquise par l’esthétique de cet album qui ravira tous les lecteurs.





Kaléidoscopages de Delphine PERRET
Éditions du Rouergue – 2019 – 104 pages – 15 €
Album jeunesse | Lignes, formes et couleurs | Humour | Jeu de mots



Un « O » pourrait indiquer un zéro ou un œuf, ou même une poule en anticipant, ou le souvenir d’une poule. Dans cet ouvrage le sens des images est bousculé par les interprétations possibles, car la représentation permet des lectures multiples : parfums, couleurs, le temps, tous les registres de la perception entrent dans ce jeu à multiple facettes. Manifeste pour la liberté de décoder, de s’affranchir des codes, « Kaléidoscopage » raconte aussi la liberté de dessiner, celle qui est finalement si essentielle dans le champ visuel du livre pour enfants.


Un album jeunesse très intéressant sur le plan du concept, parce qu’on a près de 100 pages de jeux sur les formes, les traits, les couleurs, les mots, les sons, il est étonnant, drôle et parfait pour s’amuser en solo ou en famille. Je poursuis ma découverte de l’autrice-illustratrice et je suis absolument fan de sa manière d’élaborer ses projets, ses livres pour enfant.

Chaque page ouverte renferme une surprise, impossible de prévoir où l’autrice va nous amener, vers quel jeu elle va nous transporter, je suis donc restée épatée par les enchaînements, retrouvant ainsi l’ambiance, le caractère bon enfant du Gros livre découvert l’année passée. C’est super bien écrit comme toujours, un texte lisible et aéré, des phrases simples mais efficaces, où la malice et les jeux de mots persistent.

C’est dynamique et plein de fantaisie, une ode à l’enfance, avec cette liberté de créer, de partir d’un point pour aller vers des choses incroyables, des univers enchantés, j’aime énormément ce monde poétique et charmant. J’adore les contrastes, les oppositions, les décalages qui font rire, les mélange qui interroge, quelque part, c’est hyper ingénieux pour le jeune public.

Comme pour ses précédents livres, c’est un régal de retrouver la patte graphique de Delphine Perret, avec des jeux sur des traits, des points, des coups de crayons, des hachures, des taches de couleurs ou en noir, des formes identifiables et d’autres plus abstraites, ça fait travailler l’imaginaire et je ressors de cette lecture complètement conquise par ce type de livre qu’il me tarde un jour de trouver pour ma bibliothèque perso.





Points Points de Hervé TULLET
Éditions Bayard Jeunesse – 2018 – 140 pages – 10 €
Album jeunesse | Art | Formes géométriques | Couleurs | Lignes



Quel plaisir de dessiner des points, des lignes, des gribouillis, des boucles, des cercles… Chaque page propose une consigne différente et amusante. Ce livre d’activité est une symphonie de points et de couleurs qui donne furieusement envie de dessiner !


Je poursuis ma découverte de la bibliographie d’Hervé Tullet avec ce nouvel album au titre délicieusement chantant pour un concept absolument génial qui ravira petits et grands, le droit de dessiner, d’écrire, de gribouiller dans un livre.

Une belle expérience de lecture ludique et amusante, même si l’ayant emprunté à la médiathèque, il m’était impossible d’en prendre possession si ce n’est qu’en traçant lignes et formes avec mon doigt. Mais quel régal, après le livre faussement interactif, voici que l’auteur s’empare d’un autre cliché du livre, celui où l’on ne peut pas écrire dedans.

En plus en bon rapport qualité/prix, à moins de 10 euros, avec une consigne à chaque double-page et un ouvrage de 140 pages, il y a de quoi s’amuser, s’émerveiller et créer. J’étais conquise par l’ouvrage qui propose donc une belle surprise chaque fois que l’on tourne une nouvelle page, et c’est bien pensé pour dessiner, faire des boucles, compléter des points, les relier, le texte est varié, drôle et malicieux.

Quant aux illustrations, comme toujours, c’est un plaisir de retrouver la marque de fabrique du créateur, le rouge, le bleu et le jaune, les couleurs primaires pour un maximum de visuels, des points plus ou moins gros, des belles lignes noires et même de très bonnes surprises qui appellent à se servir de son imagination ou à transformer des formes géométriques en merveilleux poissons ou voitures.





Le voyage de Pippo de Satoe TONE
Éditions Nobi Nobi – 2014 – 40 pages – 15 €
Album jeunesse | Lectorat Enfance | Animaux | Voyage | Rêves et souhaits



Pippo la grenouille ne sait plus rêver… Plus de souhait, plus d’envie, plus de folie : pour s’endormir, il compte les moutons. C’est ainsi qu’il fait la rencontre d’une petite brebis. Avec elle, il pourrait peut-être retrouver le chemin des songes ? De page en page, de mois en mois, défilent les désirs enfouis : partir, rester, s’envoler, plonger, revenir, ou bien, tout simplement, trouver un ami.


J’adore le travail de Staoe Tone depuis longtemps, j’avais adoré Joyeux anniversaire Maman et Une si jolie Terre. J’ai pu emprunter celui-ci à la médiathèque et je ne regrette pas, parce qu’il est clairement doux, poétique, plein de charme et que je suis impatiente de pouvoir découvrir d’autres albums un de ces jours, parce que ce titre a été un coup de cœur, un régal tant sur le fond que sur la forme.

L’histoire est poétique, j’ai adoré faire ce voyage au fil des mois au côté de cette adorable petite grenouille qui a perdu l’envie, la motivation, ses souhaits et envies. Je trouve le pitch de base vraiment chouette à explorer pour le lectorat jeunesse, et les messages délivrés par l’autrice sont délicats et précieux à mes yeux.

La plume est sobre, mais elle est élégante et avec peu de mots, l’autrice sait faire parler les émotions. L’autre personnage important est la petite brebis, et elle aussi mimi que la grenouille, leur amitié est belle et le format est super agréable pour rêver et s’émerveiller.

Pour finir, les illustrations sont magnifiques, elles sont douces et apaisantes, elles sont épurées dans la composition, avec des couleurs absolument incroyables dont je suis très fan. J’aime énormément le rendu des fleurs et des plantes, les autres animaux sont super chouettes également, c’est un travail merveilleux et délicat, un régal.



Crédits images :
Livraddict * Flaticon * Canva * Unsplash * Ewylyn (extraits) * Editions du Rouergue, Les Fourmis Rouges et Bayard Jeunesse (extraits)

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23.11.25 2 comments
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Ewylyn ✨

Ewylyn * 33 ans


J'aime les genres de l'imaginaire et j'affectionne les récits historiques et/ou d'aventure. J'adore la non-fiction, les albums jeunesse ou encore les BD et mangas. Je raffole de thé et de pâtisseries, de jeux vidéos, d'animation, d'histoire de l'art et d'histoire, de papeterie et de bujo.


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