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04/04/2016

L'anneau de Claddagh ~ Béatrice NICODEME ~ Seamróg







Titre : Seamróg
Auteur : Béatrice NICODEME
Tome 1
Série : L'anneau de Claddagh
Gulf stream éditeur — 2015
250 pages
16€




Résumé :
Irlande, comté de Galway, 1846. Keira est la fille d’une cuisinière irlandaise, Arthur le fils d’un grand propriétaire anglais. Ils ne devraient pas se rencontrer, et encore moins s’aimer. Mais le destin les réunit et menace de les séparer. Sur quel avenir commun peuvent-ils compter ? Dans un pays ravagé par la famine, Keira peut s’estimer heureuse d’être employée dans une maison où l'on ne manque de rien. Et l'âme de sa grand-mère veille sur elle grâce à un anneau à la puissance mystérieuse. Saura-t-il la guider parmi les drames qui s'apprêtent à bouleverser son existence ?


Mon avis :
Ce premier tome m'a été offert à la fin de mon stage au sein de la maison d'édition Gulf stream éditeur (que je tiens une nouvelle fois à remercier pour tout ce qu'ils m'ont apporté). Le roman partait gagnant, l'Irlande qui est après l'Ecosse mon pays chouchou, une petite romance, un brin de fantastique... Il a une couverture merveilleuse et le petit bijou est super pour accompagner sa lecture. J'en ressors conquise et enthousiaste, j'ai hâte de pouvoir découvrir ce que nous réserve l'auteure pour la suite.

C'est mon premier roman de Béatrice Nicodème et sûrement pas le dernier, j'apprécie beaucoup le style d'écriture, à la fois recherché et simple. On sent l'important travail de recherche de la part de l'auteure pour nous transporter en Irlande, en 1846. Les descriptions sont idéales pour le voyage, la condition paysanne et celle des irlandais exploité par les anglais sont très bien contées. On ressent tout l'épuisement, la résignation, le ras-le-bol qu'éprouvent les irlandais, leurs dures conditions de vie, la précarité, l'instabilité de leur emploi. Ce fut instructif et intéressant à découvrir page après page.

Je l'ai trouvé riche en émotion, outre la grogne qui grandit, vient également la peur, celle de la maladie. Le typhus gagne du terrain et n'épargne personne. La jalousie et l'envie donnant naissance à des scènes hystériques et terrifiantes avec Clementine (une sorte de Lavinia pour les initiés à Princesse Sara) ou avec Mrs. Mulligan. L'envie de liberté, de s'offrir des jours meilleurs, l'espoir, j'ai apprécié ces petites touches venant illuminé cette dure vie. L'amour vient enfin parachever l'ensemble avec une histoire originale et différente. J'entends par-là qu'elle ne se construit pas comme je l'imaginais et surtout, la relation emprunte des sentiers hors norme. Je pensais avoir une amourette simple et belle, je me retrouve avec de l'indécision, des doutes, des promesses et des questions. Je suis par ailleurs très curieuse de voir ce que l'auteure prépare de ce côté pour la suite.

La petite dose de fantastique est peut-être mon seul regret, même si j'admets qu'elle me tient en haleine et me pousse à en savoir davantage. Je me rends surtout compte que j'adhère au fait que l'auteure n'en a pas trop fait ou dit. Le prologue est captivant, l'anneau devient fascinant au fil des chapitres, l'esprit de la grand-mère est sympathique et bienveillant. J'aime ce monde celtique plein de légendes et de superstition, Keira nous offre de belles histoires folkloriques, sans compter le gaélique. L'auteure nous donne de belles chansons dans cette langue que je trouve super jolie et qui donne du cachet à l'ensemble.

L'histoire est pour moi très agréable à suivre. Elle s'installe progressivement et pourra sembler longue et descriptive. Je me suis laissée emporter, prise dans ce monde celte, dans le quotidien de Keira, domestique pour une noble famille anglaise. Un quotidien aussi féerique que triste, j'ai apprécié la romance qui se noue entre Arthur et Keira, les rivalités amoureuses et domestiques, les enjeux politiques et agricoles... L'auteure prend son temps, mais c'est elle suspend le temps, on suit les personnages, on s'attache facilement à eux et on reste captivé jusqu'au bout. L'ensemble se révèle être charmant.

Les personnages sont sympathiques à suivre. J'aime l'absence de manichéisme réel. Les anglais, riches propriétaires pourraient passer facilement pour les méchants, ils viennent chambouler le quotidien des irlandais en somme. Pourtant, Lady Winterbottom, prouve qu'elle est loin d'être mauvaise, un peu superficielle certes, mais très touchante. Les domestiques au service des Winterbottom ne sont pas tous gentils, je pense à Mrs. Mulligan. La famille Duggan a une histoire si touchante et forte, je me suis sentie très triste à leur sujet, pareil pour Morna, la mère de Keira, ou cette chère Lilly, si naïve qu'elle se laisse influencer par Clementine et Mulligan.

Arthur m'a fait bonne impression, toutefois, je reste sur ma faim, j'aimerais - comme Keira - comprendre son geste. La relation entre Morna et Keira est singulière et captivante, mère et fille se soutiennent et semblent pourtant si éloignée. Notre héroïne principale se nomme Keira et j'ai craqué pour elle. Attachante, elle est à la fois sensible, bienveillante et entêtée, volontaire. J'aime ses choix, sa manière d'être et de penser, j'ai donc passé de bons moments avec elle.

En conclusion, je pourrais parler encore longtemps sur ce premier tome. Il n'est pas seulement introductif, il a une âme, un charme atypique avec ce monde irlandais prononcé. L'aspect celte et fantastique m'enchante dès les premières pages ; l'aspect historique est formidable, soigné et recherché pour une immersion totale ; l'aspect romance est travaillé pour s'avancer sur des sentiers différents. Les personnages sont passionnants et l'histoire se lit avec fluidité, c'est un petit coup de coeur charmant.


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