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06/07/2016

Belle Epoque ~ Elizabeth ROSS

Titre : Belle Epoque
Titre VO : Belle Epoque
Auteur : Elizabeth ROSS
Robert Laffont (R) – 2013 – 395 pages – 17€50


Résumé :
Lorsque Maude Pichon s'enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : « On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile. » L'Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus attirante. » Étranglée par la misère, Maude postule...




Mon avis :
Mon premier roman de la collection R et un coup de cœur. Franchement, j'aimerais lire plus de romans historiques sur des aspects peu connus comme les repoussoirs. Je l'ai lu rapidement, c'est bien écrit, captivant malgré le peu d'action présent, j'ai pris plaisir à le découvrir.

Ce qui m'a évidemment captivée, c'est le choix original et fascinant, à la fois historique et moderne, de l'auteure. Le commerce de la laideur, la notion de beauté et des normes de la société à travers les repoussoirs et la nouvelle de Zola. Cette dernière est présente en fin d'ouvrage et j'ai adoré la découvrir, on ressent toute l'ironie de l'auteur concernant les critères de modes et le vertueux Durandeau. L'idée de la comparaison empoisonnée, de faire-valoir est intensément moderne, ces idées que l'on peut trouver désuète ou dépassée, sont encore vivaces aujourd'hui et c'est pour cela que le roman est génial.

L'intrigue est bien présente, de manière douce et délicate, peu d'actions, mais beaucoup de philosophie, de force de caractère et d'envie de dépasser les préjugés et cette barrière imposée par l'agence Durandeau. Maude Pichon a fui un mariage arrangé par son père en Bretagne pour se rendre dans la ville de lumière où tous les rêves sont possibles : Paris. Sa déconvenue est grande, car elle se retrouve en bas de l'échelle et ses économies fondent comme neige au soleil. Elle pousse la porte de l'agence de faire-valoir et devient un repoussoir pour Isabelle Dubern.

Une intrigue qui s'installe progressivement, qui prend le temps de faire le point sur les sentiments des différents protagonistes rencontrés. C'est ce que j'ai apprécié, cette immersion dans les pensées de Maude, plus intelligente qu'il n'y paraît, plus gentille et forte que tous ces nobles superficiels. L'utilisation du « je » rends facile l'attachement que l'on ressent pour cette jeune femme intrépide et caractérielle qui devient amie avec Isabelle, qui découvre le monde luxueux et sombre de l'aristocratie. L'auteure mène son intrigue avec brio, elle ne s’essouffle jamais, elle a su nous faire tourbillonner comme Maude dans tout Paris. Son style d'écriture est précis et fouillé, on sent qu'elle s'est renseignée pour nous offrir une histoire qui tient la route.

L'immersion dans le Paris de la Belle Époque est une réussite. Elizabeth Ross a dépeint avec une impressionnante minutie le rendu de la capitale à cette époque, avec la tour Eiffel en construction et les débats qu'elle a suscités... Montmartre et ses artistes, les cafés et leurs ambiances chaleureuses, la haute, ses bals et ses opéras, sa course pour le mariage au plus riche et beau parti. Les monuments, les mœurs, le quotidien, les vêtements, la mode, les répliques... tout est estampillé fin 19e. Je suis tombée dedans, je n'ai pas pu m'en détacher et cette ambiance m'a rendue davantage accro au roman. J'ai beaucoup aimé les références à la science et en particulier à la photographie.

Les personnages sont vraiment attachants, la relation entre Maude et Isabelle est très touchante, elle évolue petit à petit. J'avais eu peur qu'Isabelle soit une petite peste hautaine et méprisante, elle se révèle surprenante et finalement, c'est un de mes personnages préférés avec Maude et Marie-Josée. Ses parents, comme toutes ces personnes des hautes sphères sont détestables, je regrette peut-être qu'il n'y ait pas plus de cas comme Isabelle, pour ne pas avoir cette impression de tout blanc et tout noir. En revanche, j'ai adoré les amies repoussoirs, elles sont sympathiques, même si elles n'apparaissent pas plus souvent. J'ai une préférence pour la bonne humeur de Marie-Josée, très forte personnalité, surprenante et si bienveillante à l'égard de Maude. Durandeau est absolument écœurant tant dans son idée épouvantable du commerce de la laideur que pour son attitude mielleuse et monstrueuse.


En vérité, la vraie laideur n'est pas physique, elle est montrée par le manque d'humanité et d'humilité de certains personnages que l'on rencontre au cours du récit. C'est pour cette morale, ce sens intéressant de la philosophie, de l'art et de l'histoire que j'ai apprécié l'originalité et la plume d'Elizabeth Ross. Belle Époque est une belle histoire d'amitié et de force, le roman est doté d'une immersion incroyable dans le Paris de la fin 19e, de personnages inoubliables et fascinants ainsi que d'une belle histoire, sans actions, simple, mais terriblement attachante. C'était mon premier roman de la collection R et j'en suis ravie, c'est un coup de cœur et j'ai hâte de lire les autres de ma PAL.

3 commentaires:

  1. Il est dans ma PAL car il me tentait beaucoup depuis quelques mois, c'est surement ma prochaine lecture !
    C'est vrai que La Collection R est top !

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    1. Il est vraiment top, je l'ai beaucoup aimé et en garde un très bon souvenir. J'espère qu'il te plaira ;)

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  2. J'avais adoré ce roman, j'ai d'ailleurs très envie de le relire!! ^^

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