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17/07/2016

Bragelonne : Haut-Royaume, Le chevalier (PEVEL) + La Voie de la Colère, Le livre et l'épée (ROUAUD)







Titre : Le Chevalier
Auteur : Pierre PEVEL
Tome 1
Série : Haut-Royaume
Bragelonne — 2013
527 pages
22€



Résumé :
Un homme, un royaume, un destin. Il avait nom Lorn Askariàn. Certains disent que le malheur arriva par lui et d'autres qu'il fut celui par qui tout fut sauvé. Dans ses veines coulait le sang noir des héros condamnés. Le Haut-Royaume connaît sa période la plus sombre. Le roi est affaibli et la rébellion gronde aux frontières du territoire. En dernier recours, le souverain libère Lorn de ses geôles et le nomme Chevalier du Trône d’Onyx, chargé de protéger l’autorité royale. Héros valeureux et juste, Lorn est une figure d’espoir pour le peuple, mais il poursuit également un but secret : retrouver ceux qui l’ont maintenu en captivité, les uns après les autres… et leur faire sentir le goût de la vengeance.


Mon avis :
Je remercie les éditions Bragelonne et Livraddict pour la découverte de ce très beau roman de fantasy. Ce fut une agréable lecture, ce premier tome est une vraie réussite et j'espère avoir le deuxième tome dès sa sortie parce qu'il mérite qu'on le lise, que l'on soit fan ou non du genre.

L'univers est très riche et complexe, ce premier tome introduit donc toutes les notions dont le lecteur aura besoin pour comprendre la série. Ainsi nous découvrons au fil des pages ce monde qu'est le Haut-Royaume, sa mythologie, sa géographie, sa politique et ses différentes castes. Loin d'être jetée au lecteur en tout début de récit, l'auteur sème les informations au cours des 527 pages, ce qui fait qu'on est jamais perdu, on apprécie même d'en apprendre davantage. Bien sûr, il reste bien des mystères, il manque encore de connaître certains points.

L'histoire est très fournie, elle est longue, mais je n'ai pas recensé de longueurs, le rythme est savamment orchestré entre descriptions, dialogues, actions et découvertes. On passe de passages plus tranquilles à des moments qui demande une plus grande concentration et j'ai apprécié ce style de lecture. L'intrigue est bien menée, nous suivons Lorn récemment libéré de prison, pour trahison et qui doit se reconstruire. Seulement, il est rongé par l'Obscure et par une soif de vengeance, parce qu'il n'a pas été en prison de son plein gré et il veut connaître l'intégralité de son procès. L'histoire nous emmène dans différentes villes, dans la fuite de Lorn, dans sa rencontre avec le Haut-Roi, sa nomination en tant que premier Chevalier et la reconstruction des Gardes d'Onyx.

Personnellement, l'auteur m'a embarquée dans l'univers de Lorn, j'ai adoré l'histoire. On y voit de la romance, de l'aventure, de l'amitié... On retrouve les grands thèmes de la fantasy comme les intrigues et complots politiques, les ordres de chevalerie, les guerres et les tractations pour obtenir des territoires. On a de la magie, avec ces dragons, ce conseil qui semble connaître le destin, l'Obscure. J'ai beaucoup aimé le côté réaliste lors des batailles, je trouve que la société un est peu régi comme celle du moyen-âge et c'est intéressant. Les références au Conte de Monte-Cristo et au trône de fer sont cohérentes et normales, c'est vrai que les ambiances y font penser sans que cela soit une pâle copie.

Le style de l'auteur est captivant. Le français est bien manié, les mots sont choisis avec soin, les effets de style sont poétiques et donne de la force au récit. Les descriptions nous plongent au cœur du récit, les personnages, les lieux et les objets nous apparaissent clairement sans que cela soit trop détaillé. Les répliques sont justes, elles tombent au bon moment et délivre des informations sur le caractère des protagonistes ou des révélations de choix. C'est un style fouillé et fluide, très agréable à lire. D'autant plus que les chapitres font peu de pages, permettant de rendre addictif l'ensemble. La forme est vraiment bien pensée, les ellipses sont faites avec un symbole d'épée croisée, la typographie est claire. On passe un bon moment de lecture avec cet ouvrage.

Les personnages sont complexes et humains. Il me manque des données pour les apprécier à leur juste valeur, ils sont tellement mystérieux, je ne parviens pas toujours à comprendre où l'auteur va les conduire. Ce qui prouve qu'ils sont réussis, ils sont imprévisibles. Lorn est distant, froid, mais on compatit à son sort, on lui souhaite de s'en sortir, même s'il choisit une autre voix. Alan est très sympathique, on ressent le poids politique qui pèse sur ses épaules, j'ai bien aimé ses interventions. Les Feln sont très intrigants, Enzio, je l'aime bien tout comme sa sœur que j'aurais aimé revoir. Estévéris, la reine, le haut-roi, il y a beaucoup de personnages, certains plus importants que d'autres, mais tous sont correctement introduits, de manière à ne jamais nous perdre. J'attends d'en savoir plus sur eux pour pouvoir m'en faire une meilleure idée.

En conclusion, c'est un excellent roman de fantasy que nous offre Pierre Pevel. La plume de l'auteur est fluide et très belle, le récit est intrigant et captivant, ce premier tome présente un monde riche et complexe aux personnages aussi passionnants que diversifiés. J'ai passé un excellent moment de lecture en compagnie de Lorn et de son aventure, je suis très enthousiaste quant à la suite que j'attends avec impatience. Les dernières lignes promettent un deuxième opus palpitant.









 Titre : Le livre et l'épée
Auteur : Antoine ROUAUD
Tome 1
Série : La Voie de la Colère
Bragelonne — 2013
475 pages
25€




Résumé :
An 10 de la République, dans la cité portuaire de Masalia. Dun-Cadal n’est plus que l’ombre de lui-même. Trahi par ses amis et accablé par la mort de son apprenti, celui qui fut le plus grand général de l’Empire déchu passe désormais son temps à boire dans une taverne. Il s’est détourné de la politique, des aventures, et même de l’Histoire. Mais l’Histoire n’en a pas fini avec lui. Viola est une jeune historienne à la recherche de l’épée de l’Empereur, symbole de l’ancien régime. Elle sait que Dun-Cadal est la dernière personne à avoir été en possession de la précieuse relique, qu’il aurait cachée pendant les dernières heures de la révolution. Curieusement, c’est lorsqu’elle met enfin la main sur l’ancien chevalier que débute une série d’assassinats. L’un après l’autre, tous les anciens alliés de Dun-Cadal sont abattus par un homme qu’il a bien connu : l’assassin personnel de l’Empereur. L’ex-général en est convaincu : aucun de ces événements n’est le fruit du hasard. Dans l’ombre se dessine une conspiration qui va bouleverser le destin de chacun. Des secrets vont être révélés au fur et à mesure que Dun-Cadal va raconter son histoire. La véritable histoire.

Mon avis :
Je tenais à remercier Babelio pour cette opération Masse critique et les éditions Bragelonne pour ce livre. Lorsque le mail de Babelio m'a été envoyé, en lisant le résumé, je savais que ce livre était fait pour moi. On parle d'une relique, d'une historienne, d'un livre, de politique, d'amitié, de révolte... Il combinait des mots clés qui m'ont instantanément fait réagir et accepter la proposition.

Après lecture, mon enthousiasme est tout aussi palpable. J'ai sincèrement adhéré à ce premier tome dont la fin pourrait se suffire à elle-même, même si d'éventuels détails restent en suspend et qu'ils restent à être éclaircis.

L'histoire est complexe, du moins, on la croit simple, mais elle se complexifie de chapitre en chapitre pour gagner son apogée à la fin de la première partie. La première partie nous présente Dun-Cadal, un ancien général de l'Empire, aujourd'hui une République. Ce Dun est un sacré personnage, un fort tempérament, courageux, atypique et impressionnant. Même s'il n'est plus le vaillant personnage d'autrefois, sa gouaille demeure inchangée, Viola, l'historienne va vite s'en rendre compte. Il nous livre alors son histoire, ses pensées ainsi que les grands événements qui ont bouleversé le cours de l'Histoire.

Viola est attachante, à sa manière, elle est effacée, mais tenace et surtout perspicace. J'adore ce qu'elle représente et ce qu'elle recherche auprès de Dun, l'Histoire, une Vérité et une relique sacrée, l’Épée de l'Empereur, Ereid. Elle gagne en importance dans la deuxième partie, mais d'une manière très inattendue, c'est lié à cette surprise de la fin de la première partie. Un coup de maître de la part de l'auteur, quel revirement, je n'y aurais jamais crût, j'applaudis ce retournement de situation.

La forme du récit est elle aussi bien pensée, les changements entre passé et présents sont très bien orchestrés, bien assez pour que l'on ne se sente pas perdue une seule seconde. J'ai trouvé intelligent de commencer avec la version de Dun-Cadal avant de passer au point de vue d'un autre personnage durant la seconde partie du récit. Je ne me suis pas sentie perdue, au contraire, l'auteur sait également manier la fluidité de ses mots. On se laisse aisément embarquer dans cet univers riche et complexe, la plume d'Antoine Rouaud étant soignée et fluide.

Ce fut une très belle lecture d'un point de vue des mots. Les répliques sonnent justes, les tics de langage, le cynisme, la manipulation politique, l'hésitation, tout est habilement bien transcrit. Quant aux descriptions, elles sont magistrales, les scènes de combats sont réalistes, l'ambiance des diverses cités, les émotions, l'auteur maîtrise son univers, ses personnages et son récit jusqu'au bout. On pourrait juste lui reprocher la surabondance de points d'exclamation ou la superposition de signes de ponctuation comme « !, », on m'avait fait la réflexion que cela n'était pas possible, réflexion approuvée dans les livres sur la langue française, je m'en étonne à chaque fois que je ça. Mais rien de très grave, ça n'altère ni mon enthousiasme ni la très bonne qualité du texte.

Quant aux autres personnages, ils sont à l'image de Dun-Cadal, complexe, ils sont leurs petits défauts et leurs qualités, leurs passés et leurs espoirs futurs. Grenouille est certainement le plus complexe parmi tous ces protagonistes, je vous laisse le plaisir de le découvrir, car il ne mérite pas que je le gâche. Rogant est sympathique, on manque d'information à son sujet, mais il est toujours là au bon moment. De Page est compliqué, j'ai encore dû mal à saisir ses souhaits, ce qu'il recherche véritablement. Esyld m'a totalement stupéfaite, son intrigue m'intéresse énormément et j'espère en apprendre davantage à son sujet, comme Viola ou Mildrel. Aladzio m'a beaucoup intéressée, je l'ai trouvé fort sympathique et drôle quant à l'Empereur, je l'ai trouvé démuni et touchant. J'aurais aimé en connaître encore plus sur l'Empire, les Reyes ou encore Logrid, ils méritaient d'être plus mis en avant. Les Azdeki, notamment le père est terriblement ambitieux et fin stratège, je me demande ce qu'il mijote. En somme, chaque personnage apporte sa pierre dans ce récit, ils ont tous leur importance de manière directe ou pas, les protagonistes principaux sont aussi bien travaillés que les secondaires, c'est un des nombreux atouts du roman.

En conclusion, je vous conseille ce premier tome de la Voie de la Colère. L'auteur nous transporte dans un autre monde, avec ses hauts et ses bas, avec des personnages complexes et réalistes et une intrigue bien menée. Le récit oscille brillamment entre fluidités et une plume très recherchée, tous les ingrédients sont réunis pour en faire un très bon livre, malgré quelques menus détails négatifs. J'ai été charmée par l'histoire, je suis entièrement conquise et j'ai hâte de lire la suite, car il mérite d'être lu. Ce roman n'a pas besoin d'être comparé au Trône de fer, ça lui dessert presque, il a bien d'atouts qui se suffisent à eux tous seuls et qui prouvent qu'il a tout d'un grand livre.

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