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22/08/2016

Antiquité : L'Enéide (VIRGILE), Sur des aventures que je n'ai pas eues (LUCIEN) et 25 métamorphoses (OVIDE)




Titre : L'Enéide
Titre VO : Aeneis
Auteur : VIRGILE
GF Flammarion – 2000
189 pages


Résumé :
Obligé de fuir Troie vaincue par les Grecs, Enée prend la mer en quête d'une nouvelle patrie. Après un long périple et maintes épreuves, il parviendra en Italie où il entreprendra la conquête du Latium et bâtira la ville de Rome.


Mon avis :
Je viens de terminer l'Enéide et je dois dire que je suis plutôt contente de l'avoir lu. Il est très captivant à suivre en raison de son côté mythologique et parce qu'il s'agit d'un classique dans la littérature antique. En revanche, j'avoue m'être ennuyée à plusieurs reprises.

Je pense que le fait de n'avoir lu que des extraits m'a coupée dans la lecture et la rendue tellement hachurées que des éléments restent mystérieux pour moi. Je n'ai pas eu la réponse à toutes mes questions et la lecture fut fastidieuse, même si je suis restée captivée par les informations mythologiques données dedans. En revanche, l'intrigue est très intéressante. J'ai adoré suivre cette aventure maritime, ces batailles, ces péripéties en découvrant des créatures, c'est rythmé et il se passe toujours quelque chose. Si je ne suis pas rentrée totalement, c'est vraiment à cause des coupures en plein dans le récit.

L'histoire nous amène auprès d'Enée, un enfant de Vénus, fuyant Troie dans la perspective de reconstruire sa vie ailleurs. De sa fuite de Troie jusqu'à sa victoire pour bâtir Rome, j'ai adoré voir à quel point le destin d'Enée se rapproche un peu de celui d'Ulysse. Les deux vont devoir longtemps naviguer pour apercevoir le bout de leur quête. Au-delà de l'aspect du voyage maritime avec toutes les thématiques qu'il comprend, nous avons une belle fresque autour de la culture antique, comme les Enfers, la mort, les jeux, la guerre, l'honneur. J'ai beaucoup aimé ce récit pour sa richesse culturelle, un autre monde s'ouvre devant nos yeux.

L'ambiance est véritablement épique. Nous sommes dans l'aventure et le voyage, avec ses rebondissements, une guerre, des rencontres, de l'amour, des péripéties. Nous sommes en plein cœur du monde latin antique, avec son vocabulaire et ses références à la mythologie. Elles sont si fréquentes qu'il est possible de s'y perdre et de ne pas tout connaître. De ce fait, les amateurs seront déroutés et perdus tandis que les fans du genre s'y retrouveront volontiers. En tout cas, l'immersion dans cette époque éloignée est totale.

C'est en grande partie dû au style de Virgile. C'est assez paradoxal, mais passé les problèmes de références, c'est très fluide et agréable à lire. On se plonge facilement dans ce genre à part, proche de Homère, les descriptions sont réussies – même si parfois, elles sont longues. Les mots employés sont riches, la langue est soignée et je me suis régalée à lire ce récit. Une fois de plus, je pense que ma « déroute » vient de mon édition et du fait d'avoir eu que des extraits. Je suis persuadée qu'en le lisant tout entier, nous obtenons une belle fresque très intéressante à parcourir.

Les personnages sont sympathiques, mais c'est très dur de s'y attacher, à cause du format « extraits ». Excepté Enée, il m'a été difficile d'être sensible à tous ces protagonistes rencontrés. Enée est le protagoniste principal, il est courageux, intelligent, amical et volontaire, il aime sa famille et ses amis, il reste fidèle à lui-même durant toute cette histoire. J'ai eu beaucoup d'affection pour deux autres personnages : Didon et son triste destin ainsi que pour Pallas qui n'a pas eu plus de chance lui aussi. Les deux offrent une intrigue prenante à lire et sont plutôt sympathiques à voir.

En somme, je pense qu'après avoir apprécié cette lecture, il me faudra lire le récit dans son intégralité. Ce n'est pas une priorité, parce que – malheureusement, ces coupures m'ont entaché le plaisir de découvrir ce récit qui comporte pourtant des éléments captivants. Néanmoins, la fan de mythologie que je suis fut ravie de lire ce voyage, j'ai adoré le personnage d'Enée très agréable à suivre et ces aventures m'ont intriguée. C'est un bilan en demi-teinte que je dresse parce que je reste convaincue de l'envergure du récit, mais que mon édition n'a pas su lui donner toutes ses lettres de noblesse.



Titre : Sur des aventures que je n’ai pas eues
Extrait d’Histoire véritable
Auteur : LUCIEN
Folio — 2013
84 pages
2€


Résumé :
Lucien, mû par le «désir de choses nouvelles», se lance dans une surprenante épopée aux confins du monde connu. Il rencontrera des femmes-vignes aussi enivrantes que des sirènes et de redoutables Cavaliers-Vautours. Avant d’être avalé par une baleine géante abritant des terres cultivées et d’étranges habitants, il participera à une guerre absurde entre habitants du Soleil et de la Lune, où s'affrontent Salades ailées, Lances Puces et Bombardiers-d’ail… Lucien, en précurseur de Rabelais, Cyrano de Bergerac et Voltaire, se moque avec truculence des travers des hommes : un grand éclat de rire !


Mon avis :
Je remercie vivement les éditions Folio ainsi que la team de Livraddict pour m’avoir permis de découvrir ce court texte fort sympathique !

C’est un vrai régal que d’avoir lu un précurseur de Voltaire avec son « Candide ». Je vous conseille de lire ce conte philosophie de Voltaire, car il est excellent et bien drôle, un récit de voyage intéressant et riche en événements. Lucien est un auteur de l’antiquité grecque et nous propose une histoire totalement inventée afin de se moquer des récits comme « l’Odyssée ». Mais attention, il s’en moque de manière élégante, comme Voltaire, nous avons une histoire pour rire des modes et des travers des hommes de son temps. Cette idée qui m’avait déjà fortement plu chez « Candide », m’enchante une nouvelle fois avec « Sur des aventures que je n’ai pas eues ».

D’ailleurs, c’est ce qui m’a de suite attirée lors des partenariats. Le titre donne une idée de ce qui nous attend, il est très bien choisi et correspond au parti pris de l’auteur. De plus, la couverture avec cette baleine m’intriguait fortement et j’avais grande hâte de lire ces aventures loufoques.

Avant toute chose, je tiens à signaler qu’il faut une certaine culture concernant la mythologie grecque et la littérature de l’époque, car l’auteur y fait de très nombreuses références, même si des notes très appréciées se situent en fin d’ouvrage. J’ai eu plus de mal avec les noms de la littérature grecque qu’avec la mythologie, mais j’ai fini avec internet par sympathiser avec ces personnes. Dernier point le style est très travaillé et il sera compliqué pour ceux n’ayant pas l’habitude de familiariser avec.

Ainsi, je ressors personnellement enchantée et enthousiaste, puisque j’ai énormément adoré la manière dont Lucien raconte son récit et je suis absolument fan de la qualité des événements rencontrés qui mêle une pointe d’humour mordant au genre de l’épique. Il est facile de se plonger dans la tête de l’auteur en dépit de son vocabulaire soutenu puisque le récit est écrit à la première personne du singulier.

Lucien se lance dans l’aventure tel Ulysse avant lui. Il ne se jette pas seul, il est accompagné d’un équipage avec lequel il va vivre de véritables histoires extraordinaires. Il fait étalage des lieux qui sont bien décrits, des coutumes parfois étranges et soigne ses descriptions de batailles, comme Homère pour l’Illiade. Lucien ne se contente pas de rester que sur mer, non, il va même se rendre sur la Lune pour y rencontrer Endymion ! Il sera même avalé par une baleine.

Chaque rencontre est une réelle joie, Lucien sait que tout voyage s’accompagne de haut et de bas, mais surtout de rencontres. Chaque personnage ou créature est soigné, à un tel point que l’on se demande comment l’auteur a pu imaginer tout ce bestiaire incroyable : Lance-puces, Cavaliers-vautours, Femmes-vignes, Salades-ailées… C’est déroutant et tellement truculent, chaque page possède de quoi rire ou s’amuser des piques de Lucien lancées aux auteurs de son époque.

Par ailleurs, je crois que mon passage préféré restera la visite sa rencontre avec tous les morts, dont Platon, Pythagore ou encore Homère lui-même ! Le plus drôle surviendra avec notre belle Hélène qui réitère sa petite gaffe de Troie avec un autre homme cette fois. Le moment où Lucien s’envole pour aller sur la Lune est lui aussi très amusant, surtout quand on lit ce qui lui arrive par la suite avec cette bataille absolument abracadabrante.

En conclusion, un livre qui amusera les fans de Voltaire et de Candide, ou de Cyrano de Bergerac (l’auteur). Un livre qui se lit très vite en raison de son peu de pages, mais qui contient cependant son lot en aventures épiques et en rires. Il m’a totalement ravie, j’ai été enchantée de lire autant de références à Homère ou à la mythologie grecque et je suis heureuse d’avoir pu lire les aventures qu’il n’a pas eues.




Titre : 25 métamorphoses
Auteur : OVIDE
Le livre de poche Jeunesse – 2009
190 pages
4€50


Résumé :
La création du monde et la naissance de l’homme, l’âge d’or, le déluge, l’orgueil d'Arachné, Écho et Narcisse, Dédale et Icare, Orphée et Eurydice, Apollon et Daphné. Des récits mythiques et poétiques qui fascinent l’homme en quête des ses origines. Cette édition originale propose de découvrir vingt-cinq histoires de métamorphoses parmi les plus représentatives de l’œuvre d’Ovide.


Mon avis :
Un bail que je souhaitais découvrir ces métamorphoses signées Ovide, j'avais peur de me lancer dans le texte intégral, du coup, j'ai jeté mon dévolu sur cette adaptation en 25 textes. Un choix intéressant de récits, à courts pages, facile à lire, avec de chouettes introductions en latin et leurs traductions. Je suis contente d'avoir lu ce qui pour moi s'apparente à un préambule, je sais maintenant que je suis plutôt tentée de lire l'intégral.

Beaucoup de textes, je les avais en tête, déjà parce que je suis passionnée de mythologie gréco-romaine, mais aussi parce que j'aime beaucoup la série Percy Jackson. De ce fait, de nombreux textes sont obligés de parler aux amateurs de ces livres, comme ce qui relate d'Icare ou encore d'Arachné. J'ai pris plaisir à découvrir ces petites histoires, elles sont fascinantes et variées, les transformations peuvent être minérales, animales, végétales ; il existe par ailleurs, une bonne dose d'aventure, de romance et de fantastique. Un mélange très prenant qui rend cet ouvrage très agréable à lire.

Il faut dire que l'on croise pas mal de personnages, divins, héros ou mortels, nous contant des histoires hors du commun et qui ressemblent à s'y méprendre aux contes des origines. La mythologie est la religion des gréco-romains et par conséquent, il n'est pas étonnant de trouver l'origine de faits, d'étoiles, d'objets, de plantes à travers ces histoires. La fleur Narcisse et le malheur de cette pauvre Écho, condamnée à répéter les derniers propos qu'on lui dit ; Arachné qui ayant provoqué Athéna, finit transformé en araignée, tissant des toiles comme lorsqu'elle était humaine. L'origine de la Grande et Petite Ourse restera mon histoire préférée dans cette partie relatant l'origine des choses.

Il y a une autre partie plus centrée sur l'aventure, comme le Minotaure, Thésée et Andromaque, Méduse, Icare. Ce sont des récits plus centrés sur l'action, les péripéties, même si l'on rage de ne pas en avoir plus, le but est de faire une première approche sur ce type d'écriture et de narration. L'initiation est réussie, je suis restée concentrée sur ces histoires très palpitantes à lire. Parmi ces concentrés d'actions, une histoire retient mon attention, celle de Latone et des enfants de Niobé. Cette dernière défit Latone, une déesse et la mère d'Apollon et de Diane (Artémis). Sa colère, sa suffisance et ses insultes lui valent le courroux des deux enfants qui exterminent un par un les enfants de Niobé. Une histoire qui glace le sang.

Fort heureusement, après moult péripéties et rebondissements dangereux, quelques métamorphoses évoquent l'amour. Jupiter en tête, évidemment, mais pas que ! Surprise de voir figurer Pyrame et Thisbé, l'histoire qui aura inspiré Roméo et Juliette de Shakespeare. Une sombre et belle histoire. Les amours de Jupiter prennent une bonne place, mais donnent surtout de bons récits, en particulier quand il doit ruser pour tromper Junon (Héra), sa femme. L'enlèvement de Proserpine (Perséphone) par Pluton (Hadès) est une histoire intéressante et touchante, avec une belle idée pour expliquer l'alternance des saisons.

En somme, il sera difficile de s'attacher à un personnage, vu que les textes sont courts et adaptés. Toutefois, j'ai adoré découvrir les aventures et destinées de cette fresque importante que constitue la mythologie grecque. J'avais peur de ne pas adhérer, mais la traduction et adaptation d'Annie Collognat permet une lecture aisée, facile et très agréable, avec de bonnes notes en bas de pages qui n'empiète pas la lecture. Des récits tous aussi passionnants les uns que les autres, un univers riche et fascinant, opération découverte réussie. Je me plongerai volontiers dans l'intégral des Métamorphoses, et je compléterai ce voyage en terres antiques avec l’Iliade et l'Odyssée, présents dans ma PAL.

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