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23/09/2016

Aventure ~ Big Game (SMITH), De cape et de mots (VESCO), Odd et les géants de glace (GAIMAN)

 
Titre : Big Game
Titre VO : Big Game
Auteur : Dan SMITH
Michel Lafon — 2015
281 pages
14€95

Résumé :
Comme tous les garçons de son village, et ce depuis des générations, Oskari est envoyé dans la forêt vivre le rite d’initiation qui fera de lui un homme à la veille de ses 13 ans. Sa mission : chasser un animal sauvage. Peu habile, Oskari est la risée des autres adolescents. Livré à lui-même en plein coeur de la forêt boréale, il s’apprête à rentrer bredouille, lorsqu’un avion explose sous ses yeux. Près du lieu de l’accident, il découvre une capsule de sauvetage où ne se trouve rien de moins que le président des États-Unis ! Oskari est alors investi d’une toute nouvelle mission : sauver l’homme le plus puissant au monde des terroristes qui le pourchassent. Une aventure hors du commun qui sera pour lui l’occasion de découvrir la véritable signification du mot « courage ».

Mon avis :
Un roman qui me rendait curieuse en raison de son résumé, j'aimais bien sa couverture, le concept. J'étais très intriguée et je suis contente d'avoir pu le lire, il va parfaitement bien avec une atmosphère très nordique, en hiver, quand il fait froid (ou alors l'été si vous avez trop chaud).

Du côté du style d'écriture, il est simple. Nous sommes sur une adaptation en roman d'un film que je suis très tentée de voir. Ainsi, les descriptions, l'ambiance, les personnages, tout est bien décrit, mais reste cependant en surface. Toutefois, ça ne m'a pas posé de problèmes, dans le sens où j'ai de l'imagination, mais surtout parce que le sujet important du récit c'est l'action. Le côté haletant, course poursuite, survie en nature, ce sont le coeur du récit et ce pourquoi j'ai été très vite emballée.

La plume de l'auteur est donc sympathique et très fluide, je suis parvenue facilement à entrer dans le récit et c'est le rendu des émotions qui est particulièrement fort. Si le tout début n'est pas entièrement convaincant, dès qu'Oskari tombe sur l'homme à sauver, tout s'enchaîne. Ce n'est ni rapide ni trop lent, c'est juste parfait pour l'immersion ; les actions sont parfois tendues, on sent naître une belle complicité entre le personnage principal et la pauvre victime.

Je suis contente de l'avoir lu dans le cadre du Weekly Book Color Challenge de Galleane, parce que je n'aurais pas su résister. Les 180 dernières pages ont été lues d'une traite. Il faut dire que ces deux protagonistes sont merveilleux. Très touchant, on s'attache très vite à eux et impossible de reposer le livre sans connaître la fin. Oskari est un adolescent de bientôt 13 ans, il doit passer une épreuve qui fera de lui un homme : chasser un animal. Il est la risée des autres enfants, son père n'a pas réellement confiance en lui quoiqu'il en dise. Il est intelligent, mais très anxieux, il a une certaine sensibilité qui le rend étonnant et si touchant. J'ai de suite accroché à lui et il se révèle surprenant au fil du récit, il sera complètement changé après cette histoire. L'homme sauvé est quelqu'un de fort, de puissant que la situation rend plus faible et humain. Il devient vite un mentor et un ami pour Oskari, il est intéressant à suivre pour son histoire. Des mercenaires le traquent et j'ai adoré découvrir toute cette partie de l'affaire.

Le côté chasse à l'homme est vraiment prenant, l'action est d'autant plus percutante parce qu'elle se lit à travers les yeux d'Oskari. L'emploi de la première personne du singulier permet de garder une grande part de mystère concernant les mercenaires. Le « je » permets surtout de nous plonger dans le monde d'Oskari et de son père, leurs coutumes en Finlande, il y a une grande part de mysticisme. Dans ce rite de passage, dans la part accordée aux magnifiques paysages, une nature sauvage et belle. J'ai sincèrement été très surprise par ce roman dont je n'attendais pas vraiment qu'il me passionne à ce point. J'adore ce type de récit, mais celui-ci m'a énormément enchantée. C'est un univers de neige, d'animaux, de nature, sans oublier la force de l'instinct de survie, la peur de mourir, la détermination d'Oskari a ramené une proie. Il y a de belles émotions dans ce récit.

En somme, une très grande surprise. Il se révèle étonnant à plus d'un titre. Les personnages sont passionnants à suivre, à cause du contexte dans lequel ils vont être plongés, à cause de cette traque dont ils sont l'objet. Même si la plume reste sommaire, nous avons de belles descriptions de paysages enchanteurs, d'actions et de rebondissements. Les émotions sont présentes, c'est une belle histoire d'amitié entre deux personnes absolument pas destinée à se rencontrer et ils formeront un duo touchant. L'intrigue est bien menée, j'ai eu un très bon moment de lecture avec.




Titre : Odd et les géants de glace
Auteur : Neil GAIMAN
Albin Michel (Wiz) — 2010
141 pages
10€


Résumé :
Dans un village nordique isolé, vit Odd, douze ans, un garçon à qui la chance ne sourit guère : son père n’est jamais revenu d’une expédition viking, et un arbre a écrasé sa jambe, le laissant boiteux. Cette année, l’hiver glacial ne se termine pas, rendant les villageois bougons et méfiants. Un aigle, un ours et un renard apprennent à Odd pourquoi l’hiver a envahi le pays : les géants de glace l’ont givré. Seul un garçon très spécial, malin, optimiste et à l’éternel sourire serait en mesure de ramener l’ordre chez les dieux, et la chaleur chez les hommes…


Mon avis :
Un très bon conte nous entrainant dans un univers riche et passionnant. Un ouvrage qui se lit très vite et dont le style est beau.

La couverture est déjà très belle, toutes ces couleurs de bleus et de blanc donne vraiment envie. Je pense que cette histoire devrait réellement devenir un album avec des illustrations colorées comme celle de la couverture, ce serait magique !

Nous avons tous les ingrédients du conte, des gentils et des méchants, le « Il était une fois », le happy end, un voyage initiatique avec un héros sympathique… L’auteur emploi tous les codes du conte de manière intelligente et le tout se mélange pour donner un beau récit.

Ce qui m’a plut c’est le fait qu’Odd, bien qu’il soit le héros, soit très éloigné du beau prince charmant. C’est un enfant au sourire exaspérant pour son entourage, son père est mort et sa mère est dès lors inconsolable, l’oubliant un peu. En plus, il est boiteux ! Un arbre lui ait tombé sur le pied et depuis, il a du mal à marcher. C’est un héros souriant et surprenant que l’auteur a créé. J’ai beaucoup aimé ce personnage, un peu naïf, mais tellement optimiste et confiant. Son sourire qui exaspère m’a bien amusée.

Le deuxième plus de cette histoire, ce sont les références à la mythologie nordique. Cela m’a énormément surprise, je ne m’y attendais pas et cependant, j’ai adoré la manière dont l’auteur s’est servi de cette mythologie. Asgard, Midgard, le marteau de Thor, Odin, Thor, Loki… Ce qui m’a surtout amusée ce sont les transformations en animaux de Thor, Odin et de Loki. C’est réellement intelligent et surprenant.

La quête d’Odd est sympathique, elle est truffée de références aux mythes nordiques, l’ours, l’aigle et le renard (respectivement Thor, Odin et Loki) sont drôles. On suit alors une drôle de compagnie, trois animaux divins et un garçon atypique. C’est sincèrement le genre de récit que j’affectionne pour le mélange des styles et pour ce côté loufoque et décalé.

Je pense d’ailleurs lire d’autres livres de l’auteur, car j’avoue adorer son style. C’est très bien écrit. Les mots ne sont ni trop simples ni trop complexes, les mots sont justes et ils sont à leur bonne place. Les diverses étapes de la quête sont l’équivalent des épreuves dans les contes et elles sont plutôt intéressantes. Ma préférée restera le pont arc-en-ciel, la manière dont Neil Gaiman l’a écrite est très belle.

Les chapitres sont courts, ça se lit très vite puisqu’il n’y en a que huit, mais l’auteur sait nous embarquer dès les premiers mots dans cet univers. Le style à la fois fluide et sympathique de l’auteur permet de rester attentif au récit et on se laisse facilement prendre au jeu. J’aime aussi le travail autour des illustrations en noir et blanc qui ponctuent le récit, ces dessins sont très beaux. A chaque nouveau chapitre, nous trouvons une frise d’entrelacs avec un médaillon où à l’intérieur il y a un petit dessin et qui fait écho au texte. C’est réellement bien pensé et sympathique pour la lecture.

En conclusion, on passe un très bon moment de lecture en découvrant l’histoire d’Odd et de son surprenant voyage. C’est simple, rapide à lire, fluide, beau, sympathique, ça sort de l’ordinaire, c’est un petit coup de cœur. Je pense que l’on soit petit ou grand, ça n’a pas d’importance, l’histoire se suffit, elle est n’est qu’enchantement.



Titre : De cape et de mots
Auteur : Flore VESCO
Didier Jeunesse — 2015
182 pages
14€20


Résumé :
Au palais, les demoiselles de compagnie se succèdent. Aucune d'elles n'est capable de satisfaire les caprices d'une reine tyrannique. Serine décide de tenter sa chance. Avec son franc-parler et sa joie de vivre, la jeune fille va semer la zizanie au sein de la cour... Sans se douter qu'elle est en train de risquer sa vie !
Avec De Cape et de Mots, Flore Vesco signe un premier roman époustouflant de fantaisie. On y découvre les cent façons d'ôter sa coquille à un escargot, ce que signifie "aghchamoughch" et pourquoi il faut se méfier des vaches et des encyclopédies.



Mon avis :
Je connaissais le roman de nom, je l'avais vu défiler lors d'un partenariat ou d'une masse critique sans pour autant m'y arrêter. C'est la rencontre avec l'auteure qui m'a poussée à faire ma curieuse et à l'emprunter à la bibliothèque. Ce roman est bourré d'humour, d'aventure, un roman de cape et d'épée avec une intelligence incroyable dans le style. C'est un roman jeunesse captivant !

L'histoire me présente une jeune fille peu sûre d'elle, un peu gauche, mais dotée d'un esprit vif et d'un génie certain. Elle parvient à se faire une place au sein du palais, toujours avec brio, et se retrouve mêler à de sombres complots, des intrigues de coeur et de cour. C'est une histoire rocambolesque, les rebondissements et péripéties sont très bien amenés par l'auteure, avec verve et panache. Je ne me suis jamais ennuyée à suivre les facéties et l'insolence de Serine.

Les personnages peuvent paraître caricaturaux, mais ils sont merveilleux à suivre. La reine est antipathique, odieuse et cruelle, je m'amusais à ses dépens ; le roi est adorable et touchant, j'ai beaucoup aimé la partie où lui et Serine deviennent presque ami à travers le fou. Serine est merveilleuse. Elle est l'antihéroïne par excellence, elle est humaine, elle ne se laisse pas faire sans pour autant se venger de manière stupide. Elle ne baisse pas les bras, elle déjoue tous les pièges avec force et esprit, j'aime ses répliques précises et tranchantes. Léon est très sympathique, j'adore le fait qu'il soit apprenti du bourreau, c'est une romance qui s'installe et elle sort du lot. Les personnages paraissent simples, mais ils nous promettent de très beaux moments comme le Secrétaire ou Crisante.

L'ambiance générale est fascinante. Serine se rend au palais, on se rend dans un monde intemporel (ou presque), et ce flou artistique ne m'a pas dérangée une seule minute. On est direct pris dans une histoire pleine de charme et de fantaisie, avec une belle atmosphère de cape et d'épée comme les Trois Mousquetaires ou le Capitaine Fracasse. Des complots, un fou qui amuse la galerie, des geôles astiquées et hygiéniques, des demoiselles de cour caquetant à tout va, des affaires de coeur et d'amants, du poison, des tentatives de meurtre... Flore Vesco invente un univers surprenant et très agréable à découvrir page après page.

C'est qu'il faut bien admettre que la plume est magnifique. Tout est soigné et écrit avec précision ; on ressent tout le travail de l'auteure pour nous présenter des tas de termes alambiqués qui se fondent parfaitement dans l'ambiance. L'auteur a une très belle plume pour ce qui touche aux jeux de mots, aux calembours osés et autres figures littéraires qu'elle emploie avec parcimonie et justesse. Elle invente même des mots comme esperlune, lifrejole ou attrape-bernet, que l'auteur sait expliquer avec charme et poésie, avec humour et souvent de manière surprenante, là où s'y attend le moins. C'est un très beau travail, j'ai été scotchée par l'écriture fine, fluide et jolie de Flore Vesco.

La couverture est jolie, le dénouement est finement mené, l'auteure sait toujours rebondir, retomber sur ses pattes. Elle parvient à créer des problèmes, des quiproquos et des situations inextricables auxquelles Serine s'en sort par des pirouettes fantastiques. On sent une légère pointe médiévale, quelques anachronismes sûrement faits exprès pour nous amuser. Le tout se révèle charmant et prenant du début à la fin.

En somme, les personnages sont colorés et aussi fantasques que l'ensemble. Tout est mesuré, presque parfait, tant on ne s'ennuie jamais, que l'intrigue a du sens, du charme et de l'humour. Une bonne dose d'aventure, un soupçon de rocambolesque et de cape et d'épée ; un excellent univers, une écriture magnifique et travaillée. C'est un roman qui frôle le coup de coeur, mais il mérite clairement qu'il soit plus connu et reconnu. Il est drôle et merveilleux. Je le recommande vivement !

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