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23/09/2016

Contemporain ~ Moi et les aquaboys (LUURTSEMA), Fans de la vie impossible (SCELSA), Une semaine, 7 lundis (BRODY)


Titre : Moi et les aquaboys
Titre VO : Girl out of water
Auteur : Nat LUURTSEMA
Gallimard Jeunesse (On lit plus fort) — 2016
313 pages
15€50


Résumé :
L'avenir de Lou Brown, quinze ans, est tout tracé. Elle suit depuis toute petite un entrainement de natation intensif, avec sa meilleure amie, Hannah. Et ce quatre cents mètres quatre nages va leur permettre de se qualifier pour les Jeux Olympiques. Mais Lou rate sa course tandis que Hannah, elle, est sélectionnée. Lou fait sa première rentrée seule dans un lycée où elle ne connaît personne. L'adolescente trop grande, gauche et timide hors de l'eau affronte sa nouvelle vie avec autant de courage que d'humour. Un jour, elle retourne à la piscine. Trois garçons du lycée lui proposent un défi complètement fou...

Mon avis :
Je tenais à remercier les éditions Gallimard Jeunesse (On lit plus fort) pour cette découverte. C'est une pure lecture détente et divertissante, joyeuse et pleine de vie ; j'avais peur au départ, parce que je ne suis pas très branchée contemporain et en plus, le sujet piscine et aquatique ne me parle pas de cette manière. Je ne sais pas nager et j'ai un peu le mal de mer... et je m'appelle Marine, oui, je sais, c'est curieux la nature.

Bref, toute cette introduction pour vous présenter ma surprise. La couverture que j'ai avec cette épreuve non corrigée est super jolie, mais celle définitive reste pop et vive. À l'image du roman en fin de compte. Et je suis très agréablement surprise par cette lecture, elle coule de source, fluide et agréable, sympathique et drôle, touchante, un vrai flot de bonnes émotions. J'aime bien ce genre de récit, positif et intelligent, qui montre des adolescents autrement que comme des irresponsables, des drogués absolus et des irrespectueux en puissance. L'histoire est simple, mais elle est prenante. Lou est perdue, sa vie sans la natation est compliquée et elle accepte de devenir coach pour trois garçons qui lui proposent un défi hors des sentiers battus : la natation synchronisée. Une bonne histoire révélant un quotidien d'adolescents pleins d'idées et de bonne volonté, pas toujours brillants, mais sans jamais baisser les bras.

Il existe des impairs, mais ils servent le récit ; il y a des sujets graves, mais ils sont abordés avec humanité et douceur. Lou est une lycéenne gauche et mal dans sa peau, triste de quitter le monde de la natation aux portes d'une compétition cruciale pour elle. Lou m'a touchée, elle m'a fait rire avec son envie de se sociabiliser, son humour maladroit, ses tentatives de faire bien et de gaffer tout le temps. C'est une héroïne très sympathique et attachante, originale, pas vulgaire ou méchante, pas du genre à se prendre pour ce qu'elle n'est pas. Elle essaye d'être cool, mais au fond, ses échecs l'amusent. J'ai donc passé un excellent moment en sa compagnie, l'emploi de la première personne du singulier m'a permis d'être encore plus proche d'elle et de l'apprécier à sa juste valeur. Une adolescente fragile et sensible, forte et déterminée, naturelle et spontanée, qui grandit beaucoup avec les Aquaboys.

J'étais sceptique sur les choix de l'auteur de montrer des garçons en train de faire de la natation synchronisée. C'est de la danse dans l'eau et j'avais peur des clichés, de tombes sur des débats houleux sur les hommes et la danse, vous voyez un peu le genre ? Et bah, pas du tout ! C'est trop génial. J'aurais aimé plus de force dans l'acceptation de la part des garçons, mais globalement, ces derniers sont très amusants, attentionnés et sympathiques à découvrir. J'aurais aimé qu'ils soient tout aussi bien travaillés que Lou, mais j'ai adoré passer ce roman en leur compagnie. J'aime le sujet abordé par l'auteure et sa manière de le rendre décalé, original, prenant et plein de peps.

Les autres protagonistes du roman sont assez sympathiques. Pas assez développés à mon goût, toutefois, ils ont chacun un rôle particulier à jouer. La soeur de Lou, Lavande est à mourir de rire, elle paraît superficielle, mais elle sait être loyale et présente pour sa famille. Les parents de Lou sont très gentils, j'aime surtout le père, amusant et décalé, avec une bonne réflexion sur le chômage. Hannah et son histoire m'ont beaucoup touchée, je regrette que tout ceci ne soit pas plus construit, mais l'on comprend son calvaire. J'ai détesté les filles de la piscine ainsi que l'entraîneur, Debbie, je trouve ça dommage d'abandonner quelqu'un juste parce qu'elle perd. Ça me révolte de soutenir quelqu'un que quand ça va bien, ça n'a juste pas de sens pour moi.

Pas de trucs larmoyants ou négatifs, ça fait du bien. De bons messages sur l'acceptation de soi, de sa passion par les autres, sur la compétition et jusqu'où elle peut nous pousser. Il y a l'équipe, l'esprit d'équipe, l'amitié, la famille, un peu de romance, beaucoup d'humour. Nat Luurtsema aborde l'adolescence et la vie de nageur avec force, on sent son expérience en la matière avec une partie un peu autobiographique. Les messages affleurent d'eux-mêmes sans force ou sans être tarabiscotés, j'ai apprécié la force tranquille de ce récit. De plus, la plume de l'auteure est moderne, elle se lit toute seule, c'est absolument irrésistible et il devient naturel de tourner les pages sans s'arrêter.

En conclusion, le roman vaut le détour. Ce n'est pas un coup de coeur, mais il m'a fait passer un très bon moment de détente et d'humour, une petite parenthèse pop et joyeuse. Les personnages sont amusants et sympathiques, le tout se veut plein de vie, plein d'espoir et touchant. La plume de l'auteure est bien ciselée et moderne, ça se lit tout seul et l'intrigue se montre agréable et surprenante. Un super bon récit qui sort de l'ordinaire et qui est rempli d'ondes positives, un régal pour l'été.



Titre : Fans de la vie impossible
Auteur : Kate SCELSA
Gallimard Jeunesse (Scripto) (On lit plus fort) — 2016
365 pages — 15€


Résumé :
Trois adolescents en perte de repères : Amour, Amitié, Tentations.... Un 1er roman young adult affranchi, brulant, profond. Mira tente de faire croire qu'elle peut fonctionner comme un etre humain normalement constitué, dans ce nouveau lycée, et pas comme une fille incapable de quitter son lit pendant des jours. Jeremy est le passionné d'art terriblement timide, qui s'isole depuis l’incident qui a ruiné sa dernière année scolaire. Sebby, le meilleur ami gay de Mira, vit en famille d'accueil. Lumineux et charismatique, il s'est construit avec elle un univers de rituels magiques et d'escapades secrètes destiné a réparer les brisures de leurs vies. Ensemble, ils tentent de sublimer une vie dont ils ne perçoivent que la dureté. Mais les tentations destructives sont la. S'aimer suffira-t-il a les sauver ? Un trio follement attachant et déterminé malgré tout a vivre pour le meilleur, pour l'impossible.


Mon avis :
Je tenais à remercier les éditions Gallimard Jeunesse via On lit plus fort pour ce nouveau partenariat, le premier de cette année 2016. Le roman m'intriguait à cause de son résumé très prometteur, il se révèle être sympathique, sans pour autant m'accrocher. J'avoue cependant qu'il est marquant et qu'il fait office d'OVNI.

Il fait partie de ces romans relatant la vie quotidienne, l'adolescence, la vie autant que la mort, contemporain et curieux dans le paysage littéraire. Il a un truc, c'est indéniable, il est différent et il sait aborder des thèmes importants et sérieux. Seulement, il a de nombreux clichés et couacs qui le rendent parfois gênant.

La plume de l'auteure est sympathique, sans plus. L'auteure nous livre un texte brut, j'aurais aimé plus de délicatesse et moins de facilité. La grossièreté finit clairement par être lourde, alors que les dialogues sont percutants, tout est gâché par cette facilité dans le langage. J'en viens donc à mon coup de colère envers ce cliché suprême du jeune, de l'adolescent. Peut-être que je ne comprends pas parce que je n'étais pas ce type d'ado, mais franchement, sexe, drogue, alcool, faire le mur, piéger des adultes, faire mourir d'angoisse sa famille, tenter de suicider au moindre premier tracas... cela devient imbuvable au bout d'un moment.

Sebby a toute la misère du monde dans son histoire et il représente le parfait cliché de l'homosexuel, surtout en présence de Jeremy. Sebby est juste un horrible vilain petit canard qui dérape tout le temps et qui aime ça, il ne veut pas changer, quitte à s'attirer de gros problème. Ainsi, ce qui lui arrive ne m'a pas touchée, je ne l'ai pas trouvé très attachant. J'ai préféré Jeremy, plus doux, plus mature, plus réservé et dont l'histoire est plus que touchante, originale et percutante. J'ai adoré son évolution, le fait qu'il retrouve le goût à la vie, à la société, le voir se faire des amis, il est de loin le plus attachant du trio. Mira n'est pas loin derrière. Son histoire est touchante, ses aspirations et ses maux le sont aussi, elle rêve de voir sa famille la comprendre. En revanche, j'ai été moins fan de sa personnalité, tout est jérémiades, c'était parfois déroutant alors qu'elle a de quoi s'affirmer.

J'attire l'attention sur le fait que les personnages sont très intéressants, dans leurs histoires, leurs manières d'être, leurs évolutions. C'est à mon sens le gros atout de ce roman, les personnages sont géniaux, parfois agaçants et clichés. Toutefois, ils demeurent fascinants à cause de l'orientation prise dans l'histoire. Le roman possède des rebondissements intéressants, dans le sens où chaque moment clé forme et va changer un des trois protagonistes principaux. L'auteure arpente l'homosexualité, l'acception de cette dernière, la famille, l'amour, elle prend des chemins pas faciles et sait s'en sortir. J'aurais aimé que l'art prenne une meilleure place, parce qu'il permet de mieux se sentir, de parler par gestes et couleurs, d'être un peu « catharsis » et d'expier douleur et rancune. L'histoire est très fluide à lire, même si le changement de pronom personnel — intéressant et original — n'apporte pas grand-chose au final.

En conclusion, j'ai passé un bon moment. Mon ressenti est mitigé à cause de petites facilités et dérapage, à cause d'une portée un peu trop moralisatrice par endroits. Toutefois, j'ai adoré les personnages, leurs histoires, ce qu'ils apportent les uns aux autres, il y a un beau récit d'amitié, d'acceptation de soi, de changements, ce fut sympathique à lire grâce une plume simple et directe. L'histoire manque un peu de punchs et les personnages de véracité, cependant l'ensemble reste innovant et percutant. Un ovni que je conseille de découvrir pour s'en faire sa propre idée.



Titre : Une semaine, 7 lundis
Titre VO : A week of mondays
Auteur : Jessica BRODY
Gallimard Jeunesse (On lit plus fort) — 2016 — 482 pages


Résumé :
Moi, Ellie Spark, j'ai survécu au pire lundi de tous les temps. Une journée HO-RRI-BLE, qui n'a été qu'une succession d'évènements catastrophiques du type:
1) recevoir au réveil un texto de son petit copain qui dit: "il faut qu'on parle" (formule qui est, soyons honnête, le signal universel d'un désastre imminent)
2) oublier son parapluie et se retrouver avec tête de rat mouillé sur la photo de classe
3) avoir les lèvres qui gonflent en plein discours à cause d'une stupide allergie aux amandes.
Alors quand j'ai découvert, le lendemain, que j'avais une chance de tout recommencer, j'ai béni les dieux, sauté dans mes vêtements et je me suis précipitée au lycée, avec un seul but en tête : rattraper mes erreurs et reconquérir le coeur du garçon de mes rêves.



Mon avis :
Je remercie les éditions Gallimard Jeunesse pour ce partenariat, je suis ravie d'avoir pu découvrir ce roman contemporain et divertissant. Il est loin du coup de coeur, pour diverses raisons ; néanmoins, il a un concept agréable, une bonne histoire, un côté pop et plein de vie. J'ai passé un bon moment en dépit de ses défauts. Il est idéal pour passer un bon moment.

J'ai mis du temps à entrer dans l'histoire. Il m'a fallu 250 pages pour pleinement adhérer à la lecture, la principale cause de tout ça : l'héroïne et ses choix. Le premier lundi permet de poser les bases, de comprendre qui est qui, ce qui va poser problème. J'ai vu une très mauvaise journée, je plaignais véritablement Ellie, parce qu'elle perd son petit ami, elle n'est pas prête pour la photo de classe, il pleut, elle rate un contrôle, un oiseau s'écrase sur la vitre, le discours pour les délégués est ennuyeux et ses essais pour intégrer l'équipe de base-ball sont pitoyables. Elle a tout accumulé en terme de faux pas et je lui souhaiter de réussir ses autres lundis.

J'ai eu dû mal à comprendre Ellie. Les trois lundis suivants me l'ont rendue antipathique, superficielle, plate... Avec tout ce qui ne va pas dans son premier lundi, la seule chose qui l'intéresse, c'est son copain. Les choses sont en train de voler en éclat dans sa famille, sa relation avec son meilleur ami devient tendue... et pourtant, tout ce qui est digne d'intérêt : Tristan. J'étais prête à abandonner, parce que lire sept lundis avec ses jérémiades sur un type qui — en mode normal — regarde les photos de ses groupies à moitié nues à côté de sa copine sans que cela ne lui pose la moindre interrogation. Tristan, je l'aimais bien au début, et je l'ai aimé dans les flash-back. En revanche, je ne l'ai pas assez compris le reste du temps pour en donner un avis tranché.

J'ai persévéré et finalement, les trois derniers lundis sont géniaux. Ellie se réveille enfin, elle se pose les bonnes questions et elle ose penser à elle. Elle oublie d'être la petite amie de Tristan pour s'affirmer, se rebeller et comprendre qu'elle n'est pas seule. Elle descend de son petit nuage et j'ai pleinement apprécié la philosophie, les rebondissements, les idées... J'ai fait la paix avec Ellie et elle est devenue attachante, drôle, pétillante. Je suis contente de la fin, parce que dès le départ j'ai aimé Owen. Je me suis sentie triste pour lui, il est drôle, bienveillant, sympathique et attachant. C'est un personnage fort et juste merveilleux. Ellie et Owen forment un duo agréable à lire et à découvrir page après page.

L'intrigue repose sur un principe simple, mais efficace. Sept lundis s'offrent à Ellie pour apprendre à se connaître, pour réparer ses erreurs, se retrouver, changer le cours de sa vie. J'ai beaucoup aimé l'histoire, elle est simple, agréable à lire, sans réelles surprises dans le sens où je me doutais de la fin rien qu'en lisant le premier lundi. Le style d'écriture de l'auteure est simple, là aussi, sans être extraordinaire. J'ai bien aimé découvrir les pensées d'Ellie, les descriptions sont sympathiques, les répliques simples. J'aurais aimé un peu plus de tension, de force et de philosophie ; j'ai manqué de petites choses par-ci, par-là, c'est dommage parce qu'il aurait pu être sensationnel. Peut-être que ça m'a manqué d'enjeux. Il existe un roman de Lauren Oliver (Le dernier jour de ma vie) où il existe un vrai enjeu, l'héroïne doit sauver sa vie.

En conclusion, j'ai passé un bon moment en le lisant, mais c'est tout. Je dirais qu'il a une bonne histoire, une chouette ambiance, un côté frais et divertissant, un côté pop et joyeux bien assumé. Ellie a mis du temps à me capter, mais elle a su se rendre pétillante et sympathique. Owen est extraordinaire du début à la fin, les personnages secondaires sont sympas. Malheureusement, ils ne sont pas assez exploités pour être indispensables. Je n'ai pas senti Tristan si essentiel dans la vie d'Ellie, donc le fait qu'elle lui coure après ne m'a pas saisie. Malgré ses défauts, l'ensemble reste charmant.


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