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21/10/2016

Les Colombes du Roi-Soleil (DESPLAT-DUC) ~ Hortense, Isabeau et Eléonore



Titre : La promesse d'Hortense
Auteur : Anne-Marie DESPLAT-DUC
Tome 4
Série : Les colombes du Roi-Soleil
Flammarion — 2006
330 pages
12€



Résumé :
Quatre jeunes filles rêvent d'aventure et de succès. Élevées aux portes de Versailles, ces Colombes du Roi-Soleil volent vers leur destin. Hortense a fait une promesse à son amie Isabeau : rester avec elle à Saint-Cyr jusqu'à leurs vingt ans. Mais Simon, l'homme qu'elle aime, ne supporte plus de vivre loin d'elle. Hortense accepte de s'enfuir avec lui. Même si elle sait qu'elle risque de provoquer le courroux du roi...
 

Mon avis :
Je viens juste de terminer cette lecture et mon avis est plus partagé sur ce tome. Il reste entraînant, bien écrit et très intéressant, mais je note qu'il m'aura moins passionnée que les précédents. Je reste cependant fan de cette série et cela ne m'empêchera pas de lire Le rêve d'Isabeau.

L'intrigue est en lien avec le précédent, on suit cette fois Hortense amoureuse de Simon de Lestrange, le frère de Charlotte. J'aime l'histoire parce qu'elle est très périlleuse et les rebondissements sont très nombreux, l'intrigue est bien ficelée et l'on ne s'ennuie peu, voire jamais. L'amour de Simon et d'Hortense est très fort, leur fuite, les péripéties qu'ils vont être amené à vivre et le courage d'Hortense qui va aller jusqu'en Suisse pour retrouver la famille de Simon, je note que beaucoup d'événements sont touchants et forts.

À vrai dire, à de nombreuses reprises, j'ai bien cru que nos tourtereaux ne se retrouveraient jamais et que l'histoire allait très mal se terminer, le pessimisme d'Hortense n'arrangeait rien à mes impressions. Cependant, ce tome nous apprend le vrai sens du mot courage, le sens des promesses et il nous dévoile des sentiments très forts. Moralement, c'est un tome qui vaut la peine d'être lu, car les messages d'espoir et de ténacité sont à retenir, on ne nous fait pas la morale, rassurez-vous, mais j'ai aimé les notions abordées.

Hortense n'est pas ma colombe préférée, elle est trop prude et trop, comment dire trop sage. J'étais très étonnée qu'elle vive autant d'événements, aussi durs, car son tempérament me faisait croire qu'elle allait vivre des aventures plus simples et plus heureuses. Je suis donc étonnée et agréablement surprise par le choix de l'auteure, et bien que son personnage évolue, elle reste sur la lignée du trop docile pour moi. Néanmoins, je lui reconnais un courage sans faille, elle m'a plus d'une fois impressionnée.

Simon est un amoureux transi extraordinaire, j'aime son côté avenant et bienveillant, bien que le fait qu'il n'ait pas réfléchi sur les conséquences de son acte me terrorise. Toutefois, lui aussi n'est pas épargné et je dois dire qu'il est le prétendant qui m'a le plus plût. Gabrielle, une amie de Simon, me laisse indifférente, elle est tantôt frivole, tantôt grave, elle m'amuse autant qu'elle m'a agacée. Je lui reconnais cependant qu'elle est loin d'égaler Marguerite de Caylus, je la préfère à cette dernière, Gabrielle veut vraiment aider ses amis. Les personnages rencontrés lors de ce tome sont riches et importants, en bien ou en mal, ils marquent Hortense et Simon. Ils sont attachants et souvent sympathiques, tandis que d'autres sont effrayants et peu rassurants. J'aime beaucoup la famille de Simon, les Lestrange sont forts malgré toute la peine qui les accable en tant qu'anciens huguenots.

Le style de l'auteure reste fidèle à ce qu'elle nous a présenté depuis le début de la série. Un style basé sur le mélange incroyable et réussi entre soin des mots et simplicité. Le roman se lit vite, les mots coulent avec fluidité, la plume d'Anne-Marie Desplat-Duc permet de s'imaginer instantanément les lieux et les protagonistes avec réalisme, il nous permet surtout d'entrer dès les premières lignes au cœur du XVIIe siècle. Les mots, les expressions sont d'époques, le vocabulaire est très vite intégré et le glossaire est utile, comme toujours, on oscille brillamment entre l'agréable et l'Histoire sans jamais tanguer dans l'expéditif ou la pédagogie.

En somme, la plume de l'auteure rend ce tome très agréable à la lecture tout comme son intrigue complexe et travaillée. Les protagonistes rencontrés, le vocabulaire, les descriptions et les répliques nous plongent au cœur de la France de Louis XIV et nous permettent de découvrir avec force la Suisse et les huguenots. Hortense n'est pas colombe préférée et ce tome n'est pas mon préféré, mais il me laisse un bon souvenir et j'applaudis cette belle série en me penchant maintenant sur Le rêve d'Isabeau.







Titre : Le rêve d'Isabeau
Auteur : Anne-Marie DESPLAT-DUC
Tome 5
Série : Les colombes du Roi-Soleil
Flammarion — 2007
298 pages
12€


Résumé :
Depuis que ses amies ont quitté Saint-Cyr, Isabeau rêve de réaliser, à son tour, son vœu le plus cher : devenir maîtresse dans la prestigieuse institution de Madame de Maintenon. Elle doit, pour cela, avoir une conduite irréprochable. Or elle se retrouve, bien malgré elle, au cœur d'une affaire d'empoisonnement. Isabeau voit son rêve s'éloigner...
 


Mon avis :
Une excellente suite, autant je suis demeurée sur ma faim avec le tome précédent, autant celui-ci me ravit et pourtant, Isabeau n'était pas ma colombe préférée.

C'est une agréable surprise pour moi, Isabeau était plutôt effacée et peu ravie de jouer dans Esther lors du premier tome, je ne l'apprécié guère. Cependant, son rêve d'instruire les autres me touchait et j'avais hâte de voir ce qui allait lui arriver, je suis ravie de la tournure des événements. L'intrigue est riche et soignée, je sais déjà que quelques détracteurs ont trouvé Isabeau plate et qu'elle se laisse vivre sans jamais se plaindre, mais c'est entièrement faux, je n'ai pas dû lire le même livre.

Isabeau est une jeune femme de son époque et son tempérament est loin d'être plat. Elle est douce, intuitive, intelligente et respectueuse, je comprends son comportement vis-à-vis de son histoire, elle n'a pas le choix, elle ne peut pas dénoncer quelqu'un comme ça sur une simple intuition. Les rapporteurs ne sont pas réellement bien vus, sauf les espions bien sûr, mais leur métier implique une notion de discrétion, ils n'étaient donc pas repérables. De même que son attitude, prise entre deux feux, elle ne peut pas dénoncer le mari de sa bienfaitrice, elle serait renvoyée et serait à la rue, à l'époque les victimes n'étaient pas soutenues. Historiquement parlant, elle aurait été renvoyée, c'était sa parole, celle d'une petite fille contre celle du Prince de Condé, un homme habile, manipulateur et pourvu de grands pouvoirs.

Isabeau est un beau personnage, elle essaie tant bien que mal de garder sa ligne de mire, elle ne se laisse pas faire, elle veut devenir institutrice et rien de peut la déloger de son fil conducteur. Son courage lui fait honneur et je suis impressionnée par son caractère entre force et tempérance, j'ai totalement changé d'avis sur elle grâce à ce tome.

L'histoire nous parle d'affaire d'empoisonnement en première partie de récit. C'est une affaire intéressante et qui peut faire écho à la célèbre affaire concernant la Montespan, par ailleurs, j'étais très heureuse de revoir Saint-Cyr et d'y voir les changements opérés depuis le premier tome. On ressent avec force les revirements de l'établissement, on plaint ces demoiselles et surtout, quelle joie de voir des nouvelles têtes, comme Gertrude, Jeanne, Henriette ou encore Olympe. Toutes les quatre auront droit à leur tome, et j'ai sincèrement hâte de pouvoir m'y plonger, elles sont toutes très attachantes et dotées de personnalités très différentes.

La deuxième partie de récit concerne la vie d'Isabeau en dehors de Saint-Cyr, en tant que gouvernante du futur enfant de Mlle de Nantes, une des filles légitimées de Louis XIV. C'est également la femme du prince de Condé. Autant j'ai adoré le personnage de Mlle de Nantes, juste, vive d'esprit, joyeuse et très forte, autant le prince de Condé est détestable ! Il est odieux envers sa femme, envers Isabeau, il manque de respect et de tact, j'ai eu très peur pour notre héroïne, car se défaire de lui n'est pas chose facile. La fin est géniale, elle est méritée, Isabeau a eu une belle idée et je suis contente pour elle, c'est un beau rêve et elle s'y tient, sa patience est récompensée ainsi que son travail. C'est un message d'espoir qu'il faut garder en tête.

Le style est toujours aussi agréable, les pages s'enchaînent au même titre que les événements, les mots sont fluides et je l'ai dévoré en moins d'une journée tant j'étais prise dans l'intrigue. Les mots et expressions du XVIIe siècle sont présents pour notre plus grand bonheur, ils permettent de se plonger facilement au cœur de cette époque ; le glossaire apporte des informations intéressantes. On ressent le côté agréable et la partie pédagogie n'est pas lourde, tout est habilement maîtrise.

Je le disais en introduction, Isabeau n'est pas ma colombe préférée, mais ce tome m'a réconciliée avec elle. Son personnage étant l'héroïne, j'ai pu plus facilement me plonger dans ses pensées, la comprendre, quelle joie de découvrir une personnalité extraordinaire dotée d'un très beau rêve. Elle est passionnée et son récit couvert de rebondissements se laisse lire, l'intrigue est bien menée, les protagonistes attachants et réalistes. C'est un tome surprenant pour ma part et il me tarde de découvrir les aventures des autres colombes.





Titre : Eléonore et l'alchimiste
Auteur : Anne-Marie DESPLAT-DUC
Tome 6
Série : Les colombes du Roi-Soleil
Flammarion – 2011
268 pages
6€



Résumé :
Promise contre son gré à un vieux baron, Éléonore quitte la France et Saint-Cyr pour la Saxe. Si elle accepte ce sacrifice, c'est parce qu'il lui a promis d'aider ses sœurs dès qu'ils seront mariés. Hélas, rien ne se passe comme prévu ! En effet, Éléonore s'éprend bientôt de Johann, un jeune alchimiste qui recherche le secret de la transmutation du plomb en or. Elle décide de tout faire pour l'aider à réaliser son rêve et se lance dans l'aventure !


Mon avis :
J'ai repris ma lecture de la série Les colombes du Roi-Soleil avec ce sixième tome, j'ai pu acheter les tomes suivants pour continuer cette saga composée d'aventures variées au 17e siècle vécues par de jeunes filles aux caractères différents. L'intrigue m'intéressait pour ce rapport avec l'alchimie et après lecture, je suis un peu restée sur ma faim à cause de la simplicité de résolution des problèmes. Sinon, j'ai passé un super moment, parce que l'histoire demeure captivante.

Je ne me suis pas attachée à Éléonore, elle est sympathique, humble, sa force de caractère qui la pousse à vouloir sauver l'homme qu'elle aime peut s'avérer surprenante. Elle est douce et gentille, j'aurais aimé la voir un peu plus captivante, elle est était agréable à suivre, elle était assez intelligente pour comprendre très vite ce qui se passait autour d'elle, cependant, il lui manquait quelque chose pour être pleinement envoûtante. En revanche, son histoire se révèle très touchante. Elle choisit d'épouser le baron pour qu'il dote ses deux sœurs et pour que les deux autres puissent intégrer Saint-Cyr. Ce sacrifice est un noble geste.

Malheureusement, tout se gâte, le baron est un très vieil homme, il l'emmène en Saxe par des mensonges et des promesses qu'il ne tiendra pas, il meurt à son arrivée à Dresde. Je n'ai ressenti aucun attachement ou aucune compassion à l'égard de cet homme qui a menti et trompé Éléonore pour l'attirer à lui. Néanmoins, l'auteure a l'intelligence de nous parler des mariages de raison, des motifs pour lesquels cela existait. Chassée par la fille du Baron, elle s'éprend de Johann, un jeune alchimiste qui va trouver le prince électeur et en devenir prisonnier. Tant qu'ils n'auront pas d'or, ils resteront enfermés, Éléonore va tout risquer pour sauver son amoureux et lui apporter la formule tant espérée.

L'intrigue se révèle étonnante. J'ai adoré suivre Éléonore de Paris en Saxe, de voir les descriptions que l'auteure nous fait de cette Allemagne, de son mode de fonctionnement et de ses coutumes. On se plonge dans un univers fort différent de la cour versaillaise, c'est plaisant. Et même quand on est en France, Éléonore fréquente le cercle de Ninon, celui où Scarron (l'ancien époux de Mme de Maintenon) venait discourir. La femme reçoit Charles Perrault et Jean de La Fontaine, deux illustres auteurs du Grand Siècle, le premier nous lui devons des contes aujourd'hui très prisés pour les réécritures. Quant au second, ses Fables sont célèbres. J'ai adoré visiter ce cercle littéraire, ce salon à la mode à l'époque. Une belle surprise m'a attendue avec la visite de Nantes et de son port. Le voyage d'Éléonore se voit parsemé de lieux enchanteurs et variés que j'ai pris plaisir à découvrir.

Les personnages rencontrés sont très intéressants. Comme toujours, Anne-Marie Desplat-Duc mêle le réel et le fictif, Ninon et les deux auteurs sont connus des amateurs d'histoire du 17e. J'ai adoré découvrir les personnages de la Saxe, même si tous ne m'ont pas forcément enchantée, comme la fille du Baron. Et son brusque changement à l'égard de la jeune fille m'a paru trop simple, il arrive à point nommé et cette facilité m'a gênée. Johann est très sympathique, on le sent passionné, j'ai apprécié cette personnalité volontaire et optimiste, prêt à tout pour vivre décemment de son art. J'ai adoré la fin le concernant, le voir découvrir de l'or, mais pas à celui auquel on s'attendait, fut intéressant. J'ai apprécié cette jolie référence. Le compositeur de musique, le mousquetaire – j'aime les mousquetaires et j'étais très contente d'en voir un apparaître ici – sont deux amis très chers dont j'ai apprécié la compagnie, même fugace. Sophie, une amie d'Éléonore, m'a énormément amusée.

L'intrigue m'a donc enthousiasmée, j'ai lu le roman en peu de temps, seulement, elle est coupée de nombreuses facilités qui la rendent trop simpliste. Le changement d'attitude d'Elke, le fait de tomber toujours par hasard sur de bonnes personnes souhaitant le bonheur d'Éléonore, le fait de trouver pile la personne avec la formule... Tout ceci m'a un peu gênée, cependant, ce n'est qu'une grimace passagère, le style de l'auteure est d'une grande fluidité, avec la force majeure d'employer le ton et le vocabulaire du 17e. La plume est plus travaillée dans les émotions, un effet que j'avais déjà repéré avec le tome sur Isabeau, d'autant plus que l'emploi du « je » permets d'être très proche des pensées et sentiments d'Éléonore.

En conclusion, ce tome n'est pas mon favori à cause d'une intrigue parfois simple. En revanche, la plume reste agréable à lire, précise et recherchée pour donner au récit un ancrage au 17e siècle. J'ai adoré l'angle abordé, celui de la Saxe et de l'alchimie, je suis restée émerveillée par toutes ces petites connaissances que glisse l'auteure de manière subtile. On apprend tout en suivant les aventures et le voyage qu'entreprend Éléonore au nom de l'amour qu'elle porte à sa famille et à Johann. Un bon tome avec de belles surprises que j'ai bien aimé découvrir.

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