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06/12/2016

Coraline (GAIMAN) et Afterworlds (WESTERFELD)




Titre : Coraline
Titre VO : Coraline
Auteur : Neil GAIMAN
Albin Michel Wiz — 2003
153 pages
10€


 

Résumé :
Coraline vient de déménager et découvre son environnement, une étrange maison qu'elle et ses parents partagent avec des voisins peu communs : deux anciennes actrices et un vieux toqué éleveur de souris savantes. "Je suis une exploratrice !", clame Coraline. Gare pourtant : derrière la porte condamnée, un monde magique et effrayant l'attend.

 
Mon avis :
J’avais eu une bonne expérience avec Odd et les géants de glace, alors j’ai lu Coraline, dont je venais de voir le film quelques semaines plus tôt. L’essai est transformé, j’adhère au style de l’auteur et à sa forme de fantastique.

Ce court roman de 153 pages se lit très vite et facilement, car l’auteur sait nous emporter dans son univers, c’est un réel conteur. Terry Pratchett parle d’un « élément d’horreur raffinée digne des meilleurs contes de fées » et j’approuve cette idée. L’horreur est maitrisée, le fantastique est savamment dosé et Coraline devient une héroïne de conte moderne. Elle suit la veine d’Alice au pays des merveilles, notre héroïne est emportée dans un univers différent du sien et pourtant si proche d’elle.

Le changement de monde est bien pensé. Une simple trappe dans une vieille maison, une vieille clé, une Coraline aimant l’exploration et hop ! Le tour est joué. Les vieilles maisons et leurs passages secrets, qui n’en a pas rêvé ? L’autre monde est assez « flippant » si je peux me permettre l’expression, ces personnes sont humaines à première vue, mais la magie prend vite fin. L’utopie est gênante, le parfait devient horrifiant. J’aime cette idée et j’aime les descriptions de cet autre monde, oscillation entre enchantement et désillusion.

Coraline est une héroïne sympathique et attachante. Dès les premières lignes, on sent qu’elle n’est pas ordinaire, ses parents ne sont pas vraiment là pour elle, elle aime bien l’exploration… Nous rentrons très vite dans les pensées de cette petite fille dont j’ai adoré suivre les péripéties.

Les parents sont peu présents, on les aime bien et pourtant, on aimerait qu’ils soient plus présents pour leur fille. Les autres parents sont à première vue sympathiques, mais ils cachent d’horribles choses. Cette idée de ne pas se fier à notre première impression est bien exploitée et peu s’avérer dangereux pour notre héroïne dans le cas de ce roman.

Les autres personnages, M. Bobo, les demoiselles Spink et Forcible qui sont les autres propriétaires des appartements sont assez rigolos. Ils changent des voisins habituellement rencontrés, ils ont des personnalités intéressantes. Leur double dans l’autre monde mérite le détour, je trouve. On retrouve cette même fascination pour l’étrange et ce rejet pour l’horreur. Les chiens des deux demoiselles et les rats de M. Bobo sont eux aussi à la fois déroutants et drôles, et ceux de l’autre monde oscille une nouvelle fois entre fascination et horreur.

Le chat ! Quel animal ! J’ai adoré sa personnalité, ses répliques, sa présence dans l’aventure, c’est un personnage très intéressant que j’ai retrouvé à plusieurs reprises dans l’histoire. J’aime le rôle qu’il joue auprès de Coraline et sa manière d’être. Je suis réellement fan.

Des rebondissements, nous en avons, chaque chapitre donne son lot d’aventures, de rencontres et d’émotions. La découverte de cet autre monde est bien décrite et son changement progressif de merveilleux à horrible est tout aussi bien écrit. J’ai rarement eu le temps de m’ennuyer, l’ambiance est telle que j’imaginais, la dernière partie du roman autour du jeu d’exploration est bien menée et très forte.

J’ai sincèrement adhéré à l’ambiance du livre, à ses idées, à son héroïne et à son style. Il mérite le détour tout comme le film qui m’en avait donné envie, bien que quelques différences soient à noter, j’ai ressenti la même ambiance entre merveilleux, fantastique et épouvante. C’est le genre de livre que j’affectionne énormément et que je recommande à tous les fans de fantastique, de Neil Gaiman ou de Tim Burton.






Titre : Afterworlds
Titre VO : Afterworlds
Auteur : Scott WESTERFELD
Pocket Jeunesse – 2015
670 pages
18€90


 

Résumé :
Darcy Patel, dix-huit ans, a mis l'université entre parenthèses. Elle vient de signer un contrat pour publier son premier roman, "Afterworlds". L'histoire de Lizzie, une ado qui échappe de justesse à une attaque terroriste en simulant la mort. Tandis que la jeune Darcy écrit et plonge dans l'effervescence de la scène littéraire new-yorkaise, Lizzie passe de notre monde à un monde intermédiaire, un lieu entre la vie et la mort, où elle va dénouer les secrets du passé... Et rencontrer le garçon de ses rêves...


Mon avis :
Je tenais à remercier l'attachée de presse pour ce partenariat, je connaissais l'auteur de nom pour ces séries très intéressantes, mais je n'avais pas encore eu la chance de le découvrir. C'est chose faite avec Afterworlds, un roman très bien écrit, certes, mais qui ne m'aura pas pleinement convaincue. Il lui manque une petite étincelle pour être un coup de cœur, néanmoins, je le conseille, car il est bon et saura plaire à beaucoup de lecteurs.

L'intrigue est composée de deux romans en un seul, nous avons d'un côté Darcy, l'auteure, vivant son quotidien bouleversé de jeune auteure. Elle s'éloigne de sa famille, prend part aux joies et aux peines de la réécriture et des corrections nécessaire, à la promotion de son roman Afterworlds. De l'autre côté, nous avons Lizzie, l'héroïne de Darcy, elle voit sa vie basculée par un attentat terroriste et dès lors, elle va composer avec un étrange don, celui de parler avec les fantômes. Les intrigues sont sympathiques et se laissent découvrir, les rebondissements sont intéressants et bien mené, j'ai passé un bon moment de lecture. Les deux romans se complètent, c'est un point très positif de découvrir à la fois l'héroïne et l'auteure. Ce parti pris m'a fascinée d'autant plus fortement que la mise en abime est amusante, Scott Westerfeld écrit Afterworlds où Darcy écrit Afterworlds... Vous l'aurez compris, cette imbrication et l'alternance des points de vue sont originales et donne du rythme au roman.

Cependant, il y a des couacs, la partie de Lizzie a un goût d'inachevé, elle manque par moment de relief et de précision. J'aurais aimé que la mythologie de cet univers de la mort et des fantômes soit un poil plus développé et plus sombre, plus travaillé. Les passages avec Lizzie deviennent parfois répétitifs et longs, c'est dommage, surtout que j'aurais aimé que l'on se concentre moins sur l'histoire d'amour de Darcy pour mieux se plonger dans le quotidien de l'auteure, un vrai « envers du décor » en sorte. Ce seront mes seuls reproches avec l'arrière-goût « patchwork » que j'ai ressenti à certains moments. Cette impression que l'auteur aura réuni des éléments qui amèneront à coup sûr du lecteur. C'est une force d'avoir su mélanger avec subtilité ces éléments, toutefois, à quelques passages, ils apparaissent comme un cheveu sur la soupe. La plume de Scott Westerfeld est très belle, soignée, précise, travaillée... il y a un imposant travail fourni dans les descriptions des lieux, des personnages, des émotions surtout ! C'est tendu, violent, touchant, il possède un vrai don pour parler des émotions, ça rend la lecture prenante et fluide.

Rassurez-vous, le roman est vraiment, comme je l'ai dit, l'univers est très captivant. J'ai adoré cette ambiance sombre et très centrée sur la mort, le monde des morts et des fantômes, cette affaire de souvenirs et de psychopompe, je suis restée émerveillée par cet univers plutôt singulier et prenant. Les personnages du monde de Lizzie sont intrigants, je pense notamment à Yami et à son frère Yamaraj, le dieu de la mort. Le simple fait de s'être inspiré du folklore hindou est une excellente idée, elle apporte un vent novateur très appréciable dans le fantastique. Yamaraj est très mystérieux, j'aime son histoire ainsi que le fait qu'il se dévoile au fur et à mesure, le dénouement est par ailleurs captivant et touchant. Lizzie n'est pas une héroïne très appréciée, j'avoue avoir eu du mal avec son comportement un brin capricieux, toutefois, j'admire son courage et sa ténacité. J'aurais aimé que l'on développe un peu plus Jamie, la meilleure amie de Lizzie ou encore l'agent Reyes, ils ont un rôle important et j'ai beaucoup aimé leurs interventions. Même l'antagoniste principal aurait mérité d'être plus présent et plus machiavélique, j'adore sa personnalité.

En ce qui concerne la partie consacrée à Darcy, je crois que j'ai bien aimé son parcours en tant qu'auteure, le travail qu'elle mène pour réécrire son roman, sa détermination. C'est très prenant de suivre le chemin parcouru par Afterworlds même s'il manquait des éléments pour mieux s'en rendre compte. L'idée est somme toute bien exploitée et sincèrement prenante, originale même. Là, par contre, je n'ai pas adhéré à la personnalité de Darcy. J'ai fini par m'attacher à Lizzie, mais son auteure est une vraie petite fille, pleurnicheuse, et loin d'avoir la tête sur les épaules. Elle évolue bien sûr et ce n'est qu'à la toute fin que j'ai vu une bonne Darcy, meilleure qu'au début, mais son manque de confiance envers sa petite amie, sa manière de vivre au-dessus de ses moyens, son manque de responsabilité concernant son avenir m'a effrayée plus d'une fois. J'ai beaucoup d'affection pour Nisha, sa petite sœur ainsi que pour Imogen, sa petite amie, ce sont deux protagonistes très intéressants à suivre et à comprendre.

En conclusion, j'ai passé un très bon moment avec Afterworlds. Les idées de départ sont très intéressantes et bien exploitées, j'ai adoré l'univers hindou et sombre dont s'entoure Lizzie progressivement ; tout comme le monde new-yorkais des jeunes auteurs enveloppant petit à petit Darcy. Les deux jeunes femmes se ressemblent énormément et évoluent peu à peu pour devenir plus matures, elles font face à divers événements qui les feront grandir. Toutefois, j'ai fini par plus accrocher avec Lizzie qu'avec Darcy. Et même si le roman souffre de quelques longueurs et d'un manque d'informations sur certains points, la plume de l'auteur sait rendre captivante la lecture de ce double récit. Un roman intrigant que je suis contente d'avoir découvert.

3 commentaires:

  1. After Afterworlds est un livre qui me tente beaucoup :)

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    1. J'espère que Afterworlds te plaira, il est très intéressant.

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  2. J'aime beaucoup Neil Gaiman, mais je n'ai jamais lu celui-ci. Faut dire que j'ai vraiment bien aimé le film, et en gnéral, j'ai tendance à changer d'avis quand je lis les romans desquels ils sont adaptés...

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