AVIS EXPRESS #027 - La bibliothèque des petits miracles (SAMPSON), Le vent dans les saules (GRAHAME), Myriam et le thé du juste moment (NOËL)

by - 6.4.25





La bibliothèque des petits miracles de Freya SAMPSON
Livre Audio par les éditions Thélème, lu par Maud ARRAULT, 515 minutes
Éditions Nami (Grand Format) et Pocket – 2023 et 2024 – 384 pages – 20 €
Littérature Adulte | Contemporain | Monde du livre | Angleterre
Avertissement : [thème de la mort, du deuil et du cancer]



Cachée derrière les rayonnages, June Jones, bibliothécaire timide et solitaire, aime s’imaginer la vie des lecteurs. Aussi est-ce tout naturellement que June se réfugie entre les pages de ses livres préférés quand l’établissement est brutalement menacé de fermeture. Mais Stanley, le gentleman retraité adepte de mots croisés, ou l’acariâtre Mrs B., qui n’a jamais déniché de livre trouvant grâce à ses yeux, ne l’entendent pas de cette oreille. Ils en sont persuadés : seule June peut convaincre le conseil régional de revenir sur sa décision. Et elle pourrait même se rendre compte qu’Elizabeth Bennet et Mr Darcy ne sont pas ses seuls amis…



Un roman qui me tentait depuis quelque temps, parce que je m’intéresse de plus en plus au travail des éditions Nami (vu que j’ai adoré La bibliothèque des rêves secrets et que d’autres sont dans ma wishlist). J’ai pu découvrir ce titre via l’audiobook des éditions Thélème, je ne regrette pas et j’ai passé un chouette moment avec cette histoire.

C’est vraiment le roman feel good que je m’imaginais avec le monde du livre. Une jeune femme passionnée de littérature et bibliothécaire, qui avec d’autres usagers, va défendre par tous les moyens possibles son lieu de travail. L’intrigue était parfaite pour la période estivale, pour remonter le moral et pour passer un bon moment de lecture – et audio en ce qui me concerne. L’histoire est mignonne, même si elle était prévisible sur pas mal de point.

Malgré ça, j’ai adoré l’ambiance qui se dégage de l’histoire, les autres usagers sont aussi passionnants que merveilleux, Mrs. B. qui est un sacré numéro, anticapitaliste et féministe, le doux et lumineux Stanley avec son intrigue personnelle si émouvante. J’ai aimé me plonger dans le quotidien de cette association qui veut sauver la bibliothèque, entre occupation des lieux, tracts, reportages et manifestations, c’était un joyeux bazar, entraînant et drôle.

L’histoire se laisse contée par la chouette voix de Maud Arrault, les chapitres sont courts, ce qui me permettait de faire des pauses régulières et d’avancer à mon rythme. La plume de l’autrice est très agréable à suivre, l’intrigue qui a son lot de rebondissements heureux et malheureux, de retrouvailles et de départs. Les thématiques sont nombreuses, car chaque adhérant à la bibliothèque a ses problèmes, son passé, ce qui donne de beaux messages, de belles valeurs. Et surtout, cela montre à quel point les bibliothèques sont importantes dans le vivre ensemble, la lutte contre la précarité et l’illettrisme, le lien social et la découverte de soi ou des autres.

D’autant plus que l’autrice développe l’intrigue sur June, son personnage principal qui doit apprendre à surmonter sa timidité, se remettre du deuil de sa mère, oser sortir de sa zone de confort. Sa relation avec les autres usagers est très belle, ce qui se construit avec Alex était chouette. Même si côté romance, j’aurais aimé que ce soit mieux exploité et construit. Et j’ai eu beaucoup de mal avec June, je l’ai trouvée très passive, trop au début. Petit à petit, je suis parvenue à m’attacher à elle, à l’apprécier et voir cette évolution fut formidable.




Le vent dans les saules de Kenneth GRAHAME
Éditions Phebus (Libretto) – 2022 – 224 pages – 10 €
Classique | Littérature | Aventure | Fantasy animalière | Tranche de vie



Ils sont quatre aventuriers plus ou moins pantouflards et ordinaires du monde animal à vivre l’aventure quotidienne de la vie. Il y a les deux amis, Rat et Taupe, le sage et bourru Blaireau et l’entêté, vaniteux et totalement irresponsable Crapaud par qui tout ou presque arrive. Ces quatre-là s’émerveillent, suivent les saisons, le cours de l’eau et racontent en un livre magique tout ce qui fait le prix de l’existence : peur, amitié, désir d’ailleurs, perte, abandon, espoir…




Comme j’avais beaucoup aimé les textes de Beatrix Potter, et que j’adore Mémoires de la forêt, cela faisait longtemps que ce classique me tentait. J’ai pu emprunter un livre à la médiathèque et j’en ressors contente, c’était une chouette lecture qui me fait dire que son adaptation BD serait très intéressante à lire.

C’est un classique de la littérature et forcément, le style très recherché va avec – ce qui ne me déplaît pas, mais j’avoue que sur certaines longueurs, mon attention n’a pas été irréprochable. C’est une écriture soignée qui sait donner du caractère aux animaux, à la nature, il s’en dégage beaucoup de malice, une belle poésie et un délicieux récit aux allures de tranche de vie.

En effet, nos personnages nous présentent leur quotidien où tout et rien se côtoient, les grands éclats et les petites peurs, les rencontres impromptues et les savoureux repas dégustés, hiver comme été… j’ai aimé découvrir la vie de ces quatre protagonistes aux profils variés. J’ai adoré le fait qu’on ait un récit un brin tranche de vie, c’est douillet et mignon, avec quelque chose qui rappelle aussi La Fontaine dans le traitement des animaux.

Parce qu’à travers eux, j’ai eu la nette sensation que l’auteur parlait de son époque. Crapaud notamment avec sa fascination et sa déraison concernant les automobiles, devenant inconscient et sombrant dans les délits. Le fait que Rat et Taupe soient amis, appréciant les bonnes choses et la simplicité de la campagne, du grand air. Blaireau qui est la voie de la raison, de l’organisation, car il est l’aîné des quatre. J’ai adoré leur personnalité, la manière dont ils interagissent entre eux, leurs belles conversations.

C’est au fond un récit lent et contemplatif, qui a du charme, une belle écriture, je suis très contente de l’avoir lu et même si ce n’est pas un coup de coeur, j’ai apprécié les thématiques abordées, le lien entre les personnages et l’ambiance de l’histoire qui est parfait pour le printemps comme pour l’automne.





Myriam et le thé du juste moment de Sophie NOËL
Éditions Scrineo (Jeune adulte) – 2023 – 250 pages – 12 €90
Littérature jeunesse et adolescente | Contemporain | Fantastique | Contes | Emotions | Adolescence
Avertissement : [thème de la dépression, violence physique et traumatisme, cambriolage]
Radar à diversité : [personnage et culture venant du Liban, personnage principal métisse]



Après des années de voyage, ma mère et moi avons posé nos valises dans un village, pour y ouvrir notre librairie Thé ou Ça-Fée ! Je me retrouve pour la première fois au collège mais j’ai du mal à m’ouvrir aux autres… Jusqu’au jour où je me lie d’amitié avec Adiba, une femme mystérieuse qui vient régulièrement à la librairie. Très vite, elle me propose de l’accompagner partout où elle conte. Je deviens alors son apprentie dans sa mission : aider Cyrine, une jeune fille malade, à sortir de la mélancolie. Mais les contes d’Adiba prennent vie et semblent littéralement défiler sous nos yeux ! Plus incroyable encore : nous sommes soudain dans la peau des personnages de ses histoires ! Adiba est-elle magique ?




Un roman jeunesse et adolescent très intéressant, un one shot qui plus est, court c’est certain, mais qui a le mérite d’être sympathique et qui m’aura conquise sur bien des aspects. Le résumé m’intriguait énormément et j’ai trouvé que le Cold Winter était le juste moment pour le lire, il a du charme, cette petite pointe de magie qui me fascine, un brin de folie avec beaucoup de messages et une myriade d’éléments clés qui m’ont séduite du début à la fin. J’ai passé une chouette expérience en compagnie d’Adiba, de Cyrine et de Myriam.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance du récit qui est douce, chaleureuse et réconfortante. J’ai adoré découvrir la librairie de cette maman nomade et de sa fille, on sent à quel point voyager manque à Myriam et à quel point tous ces voyages l’ont nourrie. Ainsi, à travers Myriam, l’autrice aborde une foule de sujets liés à l’adolescence et à la spécificité de la vie de la jeune adolescente, le collège, l’intégration, l’identité, l’attachement, se lier d’amitié avec les autres, les premiers amours.

J’ai adoré comment ces sujets transparaissent avec les contes inventés par Adiba – ce personnage même est fascinant de bout en bout. Elle a des allures de Nanny McPhee et de Mary Poppins des temps modernes, mystérieuse et loin d’être percée à jour, sympathique et pleine de ressource, un brin magique, elle parvient à aider Cyrine et Myriam, c’était hyper touchant de suivre leur évolution à toutes les deux.

Bien sûr, je ne vais pas mentir, en moins de 300 pages, le récit est donc court et tous les thèmes ne seront pas approfondis comme si nous étions dans un livre de psychologie, néanmoins, les évoquer et apporter des pistes de réflexion étaient la bienvenue. De plus, la plume de l’autrice était très agréable à lire, les contes sont très bien pensés et écrits, les émotions justes. J’aime bien cette idée de commencer chaque chapitre avec une citation d’une personnalité ou d’un livre, cela rappelle Cœur d’Encre, le clin d’œil est super sympa.

Enfin, j’ai bien aimé cette dimension lumineuse, pleine d’espoir et de bienveillance, de respect et d’amour de soi et des autres. C’est un livre qui se veut doux et réconfort, apaisant et dotées de belles valeurs. On explore l’art du conte, l’écriture et la poésie, du monde du livre et du savoir, la sensibilité et l’anxiété, c’est une intrigue introspective et féerique qui offre une belle parenthèse en compagnie d’un thé du juste moment.


Crédits images :
Livraddict * Flaticon * Canva * Unsplash

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5 comments

  1. Dommage pour Bleue comme l’été, c'est pourtant tentant comme lecture pour les beaux jours. Le fait que le decor et le road trip ne soient pas assez mis en avant ne m'aurait pas spécialement gênée maintenant que je suis prévenue mais par contre je suis refroidie par l'attitude de la jeune fille. A voir, peut-être que je me laisserais tenter si je le trouve en bibliothèque ou en en promo numérique. 🙂

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    1. Vraiment, si tu as l'occasion de le découvrir, vas-y, il a tout de même de bons retours, ça ne l'a pas fait avec moi, mais peut-être que tu passeras un meilleur moment avec =)

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  2. Je me souviens avoir trouvé Prudence assez agaçante aussi, dans Bleu comme l'été, mais j'avais tout de même bien apprécié cette lecture.

    Myriam et le thé du juste moment est un roman qui me tente bien et ton avis le confirme :)

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    1. C'est vrai que Bleue comme l'été a de bons retours, ça ne l'a pas fait avec moi, mais je sais qu'il a tout de même de bons atouts pour plaire. Myriam et le thé du juste moment, c'est un court roman qui m'a fait du bien, j'en garde un chouette souvenir.

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