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11/01/2016

Bayard Jeunesse : Le mystère Blackthorn (SANDS) ; La cabane à 13 étages (GRIFFITHS & DENTON)

Titre : Le mystère Blackthorn
Titre VO : The Blackthorn Key
Auteur : Kevin SANDS
Bayard Jeunesse — 2016
512 pages
15€90


Résumé :
Londres. 1665. Christopher Rowe, 14 ans, est apprenti chez Benedict Blackthorn, un apothicaire renommé. Celui-ci l’a pris sous son aile il y a quatre ans et lui a enseigné tous les secrets de fabrication des potions et remèdes. Mais une série de meurtres endeuille la ville : les victimes sont toutes des apothicaires amis de Blackthorn. Le responsable en serait la secte de l'Archange, organisation occulte prête à tout pour s'emparer du pouvoir.


Mon avis :
Je remercie les éditions Bayard Jeunesse ainsi que le site Babelio pour cette découverte. Le résume a tout pour me plaire, le livre-objet est super beau avec cette couverture brillante, j'étais curieuse de le lire et je ne suis pas déçue sur une seule ligne. C'est un coup de coeur, pur et dur, le roman se révèle charmant et plein d'aventures, plus complexe que ce que je pensais. Il plaira sans aucun doute à un large public.

Les 500 pages se lisent à grande vitesse. D'une part parce que la police est assez grande et l'interligne bien présent, d'autre part parce qu'il est tellement captivant que je ne suis pas parvenue à le lâcher une fois commencé. Je l'ai lu en peu de temps et j'ai même lu les trois quarts en une journée. J'aime l'idée d'avoir regroupé les chapitres selon le jour où se déroulait l'action, du jeudi 28 mai 1665 au 21 juin 1665. De plus, la couverture annonce déjà de bons éléments, comme le résumé : apothicaire, Londres, secte, meurtres, 1665, jeu de piste et énigmes...

Vous l'aurez vite compris, c'est typiquement le genre de mots-clés qui me font rêver. Le Londres de cette époque est bien dépeint en terme de lieux, d'urbanisme, de politique, de moeurs, de religion. Bien sûr, ce n'est pas non plus un dictionnaire, mais les rares éléments présents permettent complètement de s'immerger dans cette époque. De plus, ce roman possède une atmosphère très intéressante. Il y a de la violence, des explosions, des meurtres, des manipulations, les enfants sont battus et une mystérieuse secte semble vouloir du mal à Christopher. C'est une ambiance riche dans son caractère sombre, avec de petites pointes d'humour et surtout, une bonne dose d'aventures et de péripéties somme toute amusantes et prenantes.

L'auteur a bien su construire son monde. Outre le Londres des années 1660, il nous concocte un véritable univers autour des plantes, de la médecine, des apothicaires et des alchimistes. Avec des informations sur les poudres, les produits employés par maître Benedict ou Christopher ; il emploie avec force des symboles et autres chiffres pour créer des codes secrets cohérents, des jeux et énigmes passionnantes. J'ai beaucoup aimé ce que j'ai découvert, page après page, c'est fascinant et ça renforce mon admiration pour l'auteur et son premier roman. Je ne sais pas s'il compte faire une suite, car malgré la fin se suffisant à elle-même, il me reste ma foi quelques questions en suspend — sans gravité, fort heureusement. S'il y a bel et bien une suite, je suis entièrement partante !

L'aventure est maîtrisée. Pas de fantastique, ici, tout est cohérent et facilement explicable de manière scientifique. C'est un vrai roman d'aventures, où rebondissements et révélations se mêlent aux péripéties et filatures. Christopher Rowe est un orphelin maltraité qui devient un jour l'apprenti de Maître Benedict Blackthorn, un éminent apothicaire. Malheureusement, une suite de meurtres revendiquée par une secte va plonger l'apprenti et son maître dans les problèmes. Se retrouvant seul, Christopher va devoir mener l'enquête pour blanchir son nom, celui de son maître, connaître la vérité coûte que coûte et sauver sa vie désormais menacée.

En résumé, retenez que les apparences sont trompeuses, que l'enquête est tellement bien menée et maîtrisée que j'étais loin de m'imaginer certains chemins empruntés par l'auteur. Et qu'en plus de tout ça, j'ai été soufflée par la qualité du final, explosif et pas qu'au sens littéral. C'est une excellente histoire menée tambour battant grâce à une plume fluide et très soignée. On a ici le genre d'histoires que j'aurais aimé lire plus petite, et ça, quand je dis ça, c'est que le roman est génial (pour moi en tout cas) ! La plume permet de s'attacher très facilement aux personnages, même les plus secondaires et ce, quelque soit leur rôle, bon ou mauvais.

Christopher est un coup de coeur. Il est un adolescent très débrouillard, vif d'esprit, appliqué pour plaire à son maître, naturellement volontaire et passionné. Il fonce tête baissée, il est avide de vérité, j'ai souvent eu peur pour lui, j'ai souvent été triste pour lui. C'est un très bon personnage principal et l'auteur facilite la tâche avec l'usage de la première personne du singulier. Ensuite, j'ai eu beaucoup d'affection pour plusieurs protagonistes comme Tom, un meilleur ami loyal, drôle, à l'histoire très touchante. J'ai adoré Benedict Blackthorn, toujours bon et bienveillant, intelligent et remarquable. J'aime aussi le libraire et ce docteur, le premier arrive tard, mais il est attachant tandis que le second me fend le coeur à cause de son histoire. Je ne dirais rien de plus sur les protagonistes, ce serait gâcher la surprise, mais j'ai pris plaisir à rencontrer chacun d'entre eux.

En conclusion, un coup de coeur pour moi. Une lecture fluide et agréable ponctuée par des énigmes, de la violence, de l'aventure, des questions, de la peur — tout un parterre d'émotions fortes. Le style de Kevin Sands est formidable pour s'attacher à l'histoire, aux lieux et aux personnages ; l'univers est fouillé, sympathique et captivant. Les péripéties sont là, le final est fort, le héros est merveilleux et le sujet abordé est super cool. Un vrai bonheur et une très bonne découverte.



Titre : La cabane à 13 étages
Titre VO : The 13-Storey Treehouse
Auteur : Andy GRIFFITHS ~ Illustrateur : Terry DENTON
Tome 1
Série : La cabane à 13 étages
Bayard Jeunesse — 2016 — 245 pages — 12€90

Résumé :
Andy et Terry vivent en haut d'un arbre, dans une cabane. Mais attention, pas n'importe laquelle ! C'est une cabane à 13 étages avec un bowling, un bassin de requins mangeurs d'hommes, un laboratoire secret souterrain, un exterminateur de légumes, une fontaine de limonade et une machine qui t'envoie un chamallow dans la bouche dès que tu as un petit creux. Pas facile de travailler dans un endroit pareil ! Pourtant, Andy écrit et Terry dessine. La preuve ? Ouvre ce livre !


Mon avis :
Je tenais à remercier les éditions Bayard Jeunesse ainsi que le site Babelio pour ce partenariat, j'ai adoré découvrir ce roman. Il est parfait pour les enfants entre 8 et 10 ans, avec un bon esprit de camaraderie, de l'humour, des péripéties rocambolesques. Il faut du bien, c'est une petite lecture détente adorable et bien pensée, je suis curieuse de lire la suite : la cabane à 26 étages. La couverture est par ailleurs très jolie, avec une partie du plan de cette merveilleuse cabane, avec de belles couleurs et un titre en relief.

C'est un roman très soigné en matière d'esthétique. Il est surtout amusant de voir les mises en abîmes et les références au monde de l'édition. De nombreux dessins parcourent les pages, les chapitres sont courts et les pages se lisent à une vitesse folle. Le texte et les illustrations se complètent totalement, elles permettent d'appréhender le côté loufoque et humoristique de l'intrigue.

L'histoire nous présente deux enfants : Terry et Andy. Terry dessine et Andy écrit. Les deux amis doivent trouver une histoire à donner à leur éditeur Monsieur Gros Nez. Seulement, ils sont atteints du syndrome de la page blanche et du manque d'inspiration. Sans compter que leur cabane à 13 étages recèlent de coins secrets et d'attractions alléchantes empêchant les deux compères de travailler. Surtout que les tracas et autres problèmes vont s'enchaîner à une vitesse folle.

L'intrigue est très bien pensée. Les enfants n'auront pas du tout le temps de s'ennuyer, les singes, le gorille, la sirène, le chat-canari, Terry et Andy vivent de nombreuses aventures durant cette journée. L'histoire est bien découpée, chaque chapitre a son lot de péripéties et sait se faire apprécier, j'ai toujours eu envie de lire la suite. Le côté jeunesse ne m'a pas dérangée, j'ai adoré découvrir cette histoire trépidante et insolite. Une lecture fluide, super accrocheuse et follement amusante.

L'humour est savamment dosé, on ne tombe jamais dans le trop lourd. Le chat transformé en canari, la bataille de banane géante, les singes fous ou la sirène-monstre marin, chaque scène donne son lot d'humour : déjanté, cynique, absurde, gras. C'est amusant et bien écrit, tous les enfants se sentiront amusés par la personnalité attachante des deux héros, et sauront rire de leurs facéties.

Ainsi, le texte est d'une très grande fluidité. De bonnes idées, avec de bons mots, simple et efficace pour passer un bon moment. Le roman peut aussi bien être lu par un adulte que par un enfant, le texte est pile ce qu'il faut en terme de lecture pour les 8-10 ans. Un premier roman qui s'avère entraînant et frais, divertissant et drôle, avec des mots simples, mais offrant un travail poussé pour ne pas être simpliste. L'enfant peut donc facilement renforcer ses acquis tout en ayant de la nouveauté en terme de vocabulaire. Je le conseille vivement !

Terry et Andy sont amis, mais il se charrient, ils rient de leur propre ridicule. Ils ont une belle complicité qui fait plaisir à voir, ils s'entraident avec entrain, j'aime leur naïveté, leur enthousiasme. Leur amitié et leurs personnalités sont très communicatives. Cela passe autant avec les textes qu'avec les images. On sent leurs différences comme leurs points communs, les auteurs les ont bien cernés et savent les mettre en valeur.

Les dessins sont super sympathiques à regarder. C'est un style agréable à voir, je n'en suis pas spécifiquement fan, néanmoins, je lui trouve du charme. Les illustrations apportent un vrai plus, impossible de s'en passer, puisqu'elles complètent le texte comme elles peuvent donner des scènes uniques, je pense à Ouaf le chien ou à Superdoigt (à mourir de rire !). Le trait est simple et efficace, on reconnaît les objets, les animaux, les lieux, les personnages, tout est parfait pour les enfants. Les dessins ne sont pas compliqués à appréhender, ce qui leurs permettent d'être aussi drôles que le texte.

En conclusion, cette série touchera un public jeune, entre 8 et 10 ans. Elle est parfaite en terme de textes et d'illustrations pour cette tranche d'âge et même si j'ai passé cette tranche, j'ai adoré cette découverte. Je souhaitais lire un roman pour ce public depuis longtemps et je ne le regrette pas, c'est drôle, unique, original, sympathique, soigné et osé. J'apprécie l'humour, l'histoire rocambolesque et les personnages attachants, j'ai passé un super bon moment avec !


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