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22/12/2016

La stratégie Ender ~ Le roman d'Orson Scott Card et son adaptation au cinéma

Titre : La stratégie Ender
Auteur : Orson Scott Card
Tome 1
Série : Le cycle Ender
J'ai lu
380 pages
6€90


Résumé :
Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des doryphores... Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace.
Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers — tous des surdoués —, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé à devenir un puissant Stratège, il est le jouet des manipulations de ses supérieurs depuis sa naissance... et cela le dépasse.
Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité. Et Ender n'a que six ans.


 
Mon avis :
Un très bon roman de science-fiction, j'ai passé un bon moment de lecture et je remercie Babelio et les éditions J'ai lu pour cet envoi. Pour les amateurs de science-fiction, ce cycle est un classique qu'il faut lire, pour ceux qui souhaiteraient s'essayer à ce genre, je pense qu'il peut-être intéressant pour commencer. Avant toute chose, malgré le fait que le héros n'ait que six ans au début du roman, ce livre s'adresse aux jeunes adultes, aux adolescents et aux adultes. Le contenu donne matière à réfléchir et le style employé par l'auteur n'est pas facile.

La plume de Card est très jolie, elle rend le côté « science » facilement accessible, on ne se sent pas perdu dans la masse d'informations plus poussées dans les sciences. Les descriptions des batailles sont bien décrites, on s'y croirait, les sentiments d'Ender devant tout ce qui lui arrive sont également passionnants. C'est un style maîtrisé et travaillé que nous propose l'auteur, c'est une réflexion autour de la guerre, de la vie, du sentiment d'utilité. Nous sommes devant un récit prenant pour qui s'intéresse aux questions d'humanité à travers un voyage initiatique.

En effet, Ender arrive à l'école de Guerre à ses six ans, mais tout le roman se centre autour de sa formation. Il apprend à maîtriser l'art de tactique, celui de la défense et de l'attaque, l'histoire des diverses guerres qui se sont déroulées avant sa venue au monde. Il fait des rencontres aussi amicales que peu sympathiques, il doit apprendre à devenir le meilleur en jeux vidéos de simulation. Cette partie est à double tranchant en ce qui me concerne, je l'ai tantôt jugée passive et tantôt trouvée intrigante. Comment l'expliquer sans gâcher la lecture ? Si vous voulez, certains passages de l'enseignement d'Ender, notamment toutes ces affaires de stratégies militaires et de formations m'ont souvent laissée indifférente.

Cependant, la partie humaine m'a plus passionnée, les rencontres qu'Ender fait, ceux qui le mettent en garde contre le système de Graff, ceux qui le soutiennent... à ces moments-là, je reviens dans l'histoire. Cette oscillation gênante ne me permet pas d'adresser un coup de cœur au roman, je suppose que je devrais essayer le film pour mieux appréhender les parties sur les simulations de batailles.

En revanche, dès que j'ai compris à la fin de quoi il en retourné, dès que j'ai su la vérité, je me suis dit que l'auteur avait du génie. Il m'a bien eu, ce rebondissement, je ne m'y attendais pas du tout et je me dis que s'il avait laissé quelques indices, même petits, j'aurais su apprécier bien plus tôt ces morceaux que je jugeais lents. Toutefois, le récit se laisse lire, on est transporté aisément dans un autre monde, on est pris de passion pour l'intrigue qui reste complexe en raison de tous ces mystères laissés par les adultes et les professeurs d'Ender. Quelque chose dont je suis particulièrement fan, ce sont les dialogues à chaque ouverture de chapitre, on ne sait pas qui parle, de temps à autre, il apparaît des noms, mais on a matière à réfléchir autour des personnages ou de leurs manipulations. C'est enrichissant.

Les protagonistes sont humains et réalistes. Nous avons des hommes et des femmes avec un passé, des failles et des forces, ils ne sont ni bons ni mauvais, ils sont juste ce qu'ils sont devenus avec le temps. Ender perd sa naïveté au fur et à mesure qu'il progresse à l'école, mais il reste attachant, ses réflexions sur ce qui l'entoure sont intéressantes. Il garde la tête haute, malgré la méchanceté de quelques camarades, il avance, il grandit ; sa maturité devient parfois effrayante à l'image de sa force et de son intellect. C'est une arme, mais une arme avec un cœur et un brillant esprit. J'ai beaucoup d'affection pour ses amis comme Petra, Bean, Dink, Alai ou Shen ; tous lui ont appris quelque chose, Ender leur doit à tous une partie de son enseignement. Ce sont des personnages auxquels il est facile de s'attacher et que l'on est ravi de voir ou d'entendre, surtout qu'ils ont le sens de l'humour.

La famille d'Ender est sympathique. Les parents ont une histoire touchante, je n'aime pas réellement le frère d'Ender, Peter, il m'effraie avec ses manigances. Ses idées sont intelligentes, mais quelque chose en lui demeure méchant, une prépondérance à la domination du monde loin de faire rire. Seule Valentine est attachante, elle est vive, perspicace, bienveillante, j'ai adoré chacune de ses apparitions. Sa relation avec son petit frère Ender est belle. Le colonel Graff est particulier. Je n'ai jamais su de quel côté de la balance il pouvait se situer, manipule-t-il le monde comme Peter ? Est-il sensible au sort d'Ender ? C'est peut-être pour sa complexité que j'ai autant apprécié le personnage, il a une personnalité intrigante. Mazer Rackham est lui aussi un protagoniste plein de surprises, j'ai beaucoup aimé ses interventions, mais je laisse la surprise.

En somme, les protagonistes sont très travaillés, ils nous emportent facilement dans leur monde jonglant entre terre et espace. La stratégie Ender est un récit de science-fiction idéal pour être dépaysé et pour rencontrer une intrigue passionnante. La complexité de cette histoire s'allie parfaitement bien à la plume soignée et fluide de l'auteur. C'est un classique de science-fiction, mais il mérite d'être lu pour sa dimension humaniste et pour son final grandiose et maîtrisé. C'est une belle lecture, même si ce n'est pas un coup de cœur, je pense que j'aimerais bien visionner le film pour compléter ma lecture. Je terminer cette chronique en remerciant une nouvelle fois Babelio et J'ai lu pour ce roman.







Réalisateur : Gavin HOOD
Compositeur : Steve JABLONSKY
Date de sortie : 2013
Durée du film : 1 heure et 54 minutes
Genre (s) : Science-Fiction
Adaptation du roman de Orson Scott CARD "La stratégie Ender", premier tome du "Cycle d'Ender".


 


Casting :
Asa Butterfield — Harrison Ford — Hailee Steinfeld — Abigail Breslin — Ben Kingsley — Aramis Knight — Viola Davis — Nonso Anozie — Moisés Arias — Khylin Rhambo


Synopsis :
Dans un futur proche, des extraterrestres hostiles, les Formics, ont attaqué la Terre. Sans l’héroïsme de Mazer Rackham, le commandant de la Flotte Internationale, le combat aurait été perdu. Depuis, le très respecté colonel Graff et les forces militaires terriennes entraînent les enfants les plus doués dès leur plus jeune âge, afin de découvrir dans leurs rangs celui qui pourra faire face à la prochaine attaque. Ender Wiggin, garçon aussi timide que brillant, est sélectionné pour rejoindre l’élite. À l’École de Guerre, Ender apprend rapidement à maîtriser des jeux de guerre de plus en plus difficiles où son sens de la stratégie fait merveille.


Mon avis :
J'avais adoré le roman, c'est un livre de science-fiction étonnant puisqu'il est destiné aux adultes bien qu'il s'agisse d'un enfant comme héros. Et bien évidemment, en regardant les scènes coupées, j'ai compris que pour en faire un film grand public, ils ont coupés tout le côté manipulation d'enfant, l'aspect philosophique et psychologique de l'histoire. Je ne peux pas leur en vouloir, mais c'est dommage. Parce qu'il lui manque une partie essentielle.

Sinon, c'est une bonne adaptation, j'ai retrouvé les grandes lignes, les grands événements du roman. Ender est un enfant élevé entre une soeur empathique et sensible et un frère colérique et violent. Il est le troisième enfant, ce qui est illégal et mal perçu par la société ; néanmoins, il va entrer dans une académie militaire. Il devient très vite excellent tacticien, brillant et va se retrouver mêler à la protection de l'homme face à une armée dangereuse de doryphores. L'histoire nous présente un garçon partagé entre son humanité et sa violence, il va devoir jouer le jeu des adultes malgré lui. Le thème de la manipulation est bien perçu, même s'il m'a manqué le plus important. C'est une belle histoire de guerre, d'humanité, de violence et d'amour, d'amitié, j'ai adoré l'intrigue.

J'aime bien le casting, les acteurs sont bien choisis, même si je m'attendais à un peu plus d'investissements pour certains. Je pense que c'est dû aux choix de mettre en avant Ender, les autres personnages, pourtant super important, se retrouvent un peu relégué derrière. Contente de retrouver Abigail Breslin et Hailee Steinfeld, leurs rôles sont très chouettes et elles le font vraiment bien. J'ai beaucoup aimé Ben Kingsley dans son rôle, pareil pour Viola Davis et Harrison Ford, même si j'avoue que j'en attendais un peu plus pour les deux derniers. Il y a de bons personnages qui auraient réellement mérités d'être plus mis en avant, d'être plus travaillés.

La musique m'a énormément enchantée, je l'ai trouvé chouette et sympathique à écouter. La bande originale est clairement top, je suis fan du thème principal. Les effets spéciaux sont très beaux, j'aime beaucoup la photographie et l'esthétique de l'espace ainsi que de toutes les scènes s'y déroulant. Le jeu vidéo est bien réalité, le jeu avec la gravité l'est également. On aurait pu faire mieux et plus soigné, néanmoins, ça reste correct à regarder. J'ai passé un bon moment devant ce film, il est loin d'être parfait et ses choix d'adaptations sont discutables ; cependant, il est agréable à voir, il possède de bons atouts pour être divertissant.

2 commentaires:

  1. je ne vais pas lire ton avis parce que ces livres sont dans ma PAL mais j'ai vu le film et j'ai beaucoup aimé le jeu d'Asa B. Il m'a donné envie de découvrir l'univers d'Orson Scott Card ^^
    ~Priscila

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    Réponses
    1. ;) Je comprends totalement, j'espère que tu pourras découvrir le roman, je l'ai trouvé très bon. J'avais bien aimé Asa Butterfield dans le Garçon au pyjama rayé, j'ai encore Hugo Cabret à voir.

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