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La citadelle d'Ewylyn






Où l’océan rencontre le ciel de FAN BROTHERS (Terry et Eric)
Éditions Little Urban – 2019 – 48 pages – 15 €
Album Jeunesse | Voyage | Mer | Ciel | Famille



Félix vit pour la mer, et la mer vit pour lui. Chaque fois qu’il regarde par la fenêtre, il se souvient des histoires que son grand – père lui racontait au sujet de l’endroit où l’océan rejoint le ciel, où les baleines et les méduses s’envolent, et où les oiseaux et les châteaux flottent. Son grand-père n’est plus maintenant, mais Félix sait exactement comment l’honorer : il construira son propre bateau et prendra la mer afin de trouver cet endroit magique ! Et lorsqu’il y parviendra, peut-être y trouvera-t-il quelque chose d’imprévu…




Un très bel album qui me faisait de l’œil depuis si longtemps maintenant, dès sa sortie la couverture et ce titre avaient retenu toute mon attention. J’ai pu l’emprunter à la médiathèque et m’en faire mon propre avis, et vu que j’ai passé un très chouette moment avec cet ouvrage, je serais ravie de retenter l’expérience avec un autre livre des frères Fan.

L’histoire nous présente un jeune garçon qui se construit une petite embarcation pour rendre hommage à son grand-père disparu. C’est alors le début d’un formidable voyage au cœur de la mer et du ciel, une aventure onirique d’une grande délicatesse qui permet de travailler sur le thème du deuil avec justesse et émotion. J’ai été très touchée par l’intrigue, par sa construction et par la fin qui était émouvante et tendre.

L’histoire était parfaitement maîtrisée avec une langue travaillée, une certaine retenue avec des phrases courtes et aux mots juste. Beaucoup de poésie se dégageait du récit, mis en lumière par de très belles illustrations, le voyage m’a totalement charmée, avec de jolies trouvailles et de beaux jeux de mots. Il y a même des pages sans textes qui permettent de pleinement apprécier le formidable travail de l’illustrateur.

La mer et le ciel sont très bien retranscrits, j’ai admiré bien des détails dans ces ballons et dirigeables côtoyant des navires de toutes les époques. Les couleurs choisies sont très douces et naturelles, les traits sont fins et délicats, ce qui permet de se perdre dans les recoins de chaque double-page et d’en apprécier les références – surtout pour les livres rencontrés.

Bref, on en prend plein les mirettes et le voyage en vaut largement la chandelle, de belles émotions, avec un texte soigné et des illustrations travaillées. Un vrai régal et un coup de cœur pour ma part.









Le moulin à paroles de Julie RICOSSE et CHRISTOS
Éditions Balivernes – 2018 – 32 pages – 13 €
Album Jeunesse | Langue et Mots | Lien social | Machine | Humour



Un album jeunesse que j’avais bien envie de découvrir en raison de son résumé et qui m’a fait passer un bon moment avec. J’ai trouvé l’idée très intéressante et je suis dorénavant très curieuse de lire d’autres ouvrages de Christos ou de Julie Ricossé.




Je ne suis pas dans un coup de cœur pour autant, j’ai adoré l’histoire que j’ai trouvé tendre et très amusante. On sent tout l’amour pour la langue française, la poésie et les jeux de mots, je suis sous le charme de tous ces néologismes qui rendent l’album très drôle à lire. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage du meunier, il était super touchant et plein de vie, c’était très chouette de le suivre dans cette aventure.

Les thématiques sont très intéressantes également, le lien social à travers les mots, rien que l’idée de jouer avec la langue, l’éternel combat de l’innovation contre la tradition, du numérique contre l’humain. Si je ne suis pas toujours d’accord avec le « c’était mieux avant » qui pourrait légèrement infuser dans l’histoire, je dois tout de même reconnaître que le concept était maîtrisé, pertinent et truculent. Je me suis bien amusée durant ma lecture.

Après, je ne suis pas très fan de la police d’écriture pour les mots qui nous sont présentés en dehors du texte, je l’ai trouvé parfois confuse. En revanche, les illustrations sont superbes, j’ai mis un peu de temps à apprécier les couleurs que je trouvais un brin criardes. Néanmoins, j’aime le style épuré et géométrique, j’adore les contrastes de couleurs qui rendent l’album pétillant et jovial, j’adore comment les illustrations évoluent avec l’arrivée de la machine et l’humeur des gens.







Le concours de cabanes de Camille GAROCHE
Éditions Little Urban – 2022 – 40 pages – 15 €90
Album Jeunesse | Concours | Cabanes | Voyage autour du monde


La finale du concours mondial de cabanes arrive à grandes pattes ! Vous voici conviés par une grue globe-trotter pour un voyage au cœur des arbres les plus fascinants. Les enfants du monde entier ont rivalisé d’ingéniosité pour imaginer la plus incroyable des cabanes. À noter qu’il est possible de voter en fin d’album pour sa cabane préférée.




Un album jeunesse qui me faisait de l’œil depuis sa sortie et dès que j’ai lu la chronique des Lectures de Marinette, ça m’a donné super envie de le découvrir à mon tour. Chose faite en l’empruntant à la médiathèque, c’était mon premier livre de Camille Garoche et ce ne sera pas le dernier. J’ai passé un chouette moment avec cette histoire !

J’ai adoré cette idée de compétition de cabane qui est poussé jusqu’au bout par la maison d’édition puisque l’on pouvait (mais peut-être qu’on peut toujours) leur envoyer les dessins de la cabane de nos rêves ou voter pour notre préférée parmi toutes celles présentées dans le livre. C’était super cool comme initiative et c’est vrai que le sujet s’y prête bien.

L’imaginaire et la fantaisie de Camille Garoche s’exprime à fond avec cette compétition où toutes ces cabanes rivalisent d’ingéniosité, de références, de recoins cachés et de fascinantes idées pour nous faire rêver et nous redonner le sourire. C’est drôle, ludique, fabuleux et tendre, l’humain et la nature se côtoie parfaitement et toutes ces petites scénettes me rappelait un immense Où est Charlie, en plus allégé quand même.

Il faut dire que chaque double-page où les cabanes s’exposent donnent des planches fouillées et minutieusement pensées, les détails fusent et c’est super agréable de s’y perdre. Le style est léger, chaque élément est identifiable, les couleurs sont très belles, c’est charmant et pétillant, le trait est fin. Franchement c’est un régal de parcourir les pages.

Quant à l’histoire, j’ai aimé nos amies cigognes prêtent à parcourir le monde pour découvrir les compétiteurs. C’était d’ailleurs une bonne idée de faire une histoire bienveillante et positive en termes de message, avec une fin parfaitement pensée. Et puis, mine de rien, l’autrice évoque le lien avec la nature, la faune et la flore, elle dépeint une chouette débrouillardise du côté des constructions. Le texte est fin et élégant, avec de chouettes anecdotes autour des arbres présentés, il y a un brin de malice et de pédagogie.

Pour ma part, j’hésite entre le Chêne (que l’on aperçoit en couverture), le Cèdre du Liban et le Baobab, mais parce que le premier a de très belles couleur et que j’aime les références à l’ère médiévale et à Robin des Bois. Le second, parce qu’il se situe en hiver, et toute cette neige me fait fondre. Le troisième parce qu’il se passe de nuit, qu’il y a plein de livres et de références aux étoiles. La compétition s’annonce très serrée !






Lettres de mon hélicoptêtre de Clémentine BEAUVAIS et Anne ROUQUETTE
Éditions Sarbacane – 2015 – 24 pages – 15 €50
Album jeunesse | Voyage | Épistolaire | Humour



Une fillette écrit à ses parents : lassée du quotidien, elle s’est fabriqué un vélo volant et est partie faire le tour du monde avec le chat. Elle envoie une lettre à chaque nouvelle étape, jusqu’à son retour, où elle a une surprise de taille.




Très chouette découverte avec cet album jeunesse que j’étais impatiente de lire. J’avais eu un aperçu en lisant un autre ouvrage de l’autrice Écrire comme une abeille où elle évoquait la construction du récit et d’où était parti l’étincelle : une faute de frappe. Cette anecdote m’avait captivé et moi aussi, j’avais envie de découvrir cet hélicoptêtre. J’en ressors super heureuse et j’espère poursuivre la bibliographie de Clémentine Beauvais encore longtemps.

J’aime le concept de cet album, démonter un vélo pour en faire un hélicoptère et ensuite, réaliser le tour du monde, le pitch vend du rêve. Et si la construction est simple, avec une double-page par pays, la plume de l’autrice rend l’histoire totalement savoureuse. J’ai adoré ce brin de malice et cette dose d’humour, les petites trouvailles sont géniales, c’est super agréable à lire, même à haute voix. C’est un bel album pétillant et charmant avec un twist final bien pensé.

La petite fille et son chat deviennent attachants au fil des lettres, le texte brillant donne du pep’s aux deux personnages, les interrogations et suppositions du personnage principal amusera autant les petits que les grands enfants. De plus, les illustrations répondent et complètent à merveille les mots. J’aime les doses d’humour qu’on peut percevoir dans les images, ça renforce le côté pétillant et malicieux.

En plus de ça, les illustrations sont très jolies avec ces effets de crayons de couleurs, le design des personnages est cool, les décors permettent une jolie immersion dans les pays visités, pas besoin d’en faire des tonnes et d’avoir des tas de détails, tout est parfaitement dosé. La palette de couleurs est vibrante, lumineuse, beaucoup de roses, de turquoise, de vert, de rouge, c’est super bien agencé et lisible, ça donne du rythme aussi.







Jules et le renard de Joe TODD-STANTON
Éditions L’École des loisirs – 2019 – 40 pages – 13 €
Album Jeunesse | Animaux de la forêt | Amitié | Solitude



Jules le souriceau vit seul dans son terrier. Il échappe ainsi à ses nombreux prédateurs. Un jour, il prend pitié d’un renard affamé.




Un autre album signé d’un auteur-illustrateur chouchou, Joe Todd-Stanton. Je suis tellement contente de poursuivre ma découverte de son travail, parce que clairement, ça mérite le coup d’œil. Encore un très beau coup de cœur pour cette histoire absolument trop mignonne.

J’ai tout simplement tout aimé. Déjà, il y a la forêt, magnifiquement représenté avec ces tunnels où vivent plusieurs animaux, le travail des couleurs naturelles et lumineuses, le rendu de la flore, des buissons, des arbres, tout est stylisé et splendide à admirer côté détails. L’immersion est donc totale. De manière générale, les illustrations sont splendides, que cela soit avec le travail des couleurs ou celles des design des personnages (principaux comme secondaires), ou encore du foyer de Jules.

Ensuite, il y a cette souris trop adorable. Jules aime sa tranquillité et sa solitude, j’ai beaucoup aimé ce personnage attachant, qui malgré son côté froid de prime abord, va porter secours à un renard affamé. La situation cocasse se révèle touchante et très drôle, et c’est là que le génie de l’auteur intervient. Si la routine de Jules et bouleversée par cet incident, on sent bien le petit grain de sable dans cet engrenage et surtout, quelle excellente idée d’avoir construit son récit en miroir, avec une très belle idée en matière de répétition.

Ce qui donne lieu à une fin aussi hilarante que tendre, il y a énormément de malice dans le texte, dans les expressions des personnages. C’est ce que j’aime le plus chez Todd-Stanton. C’est délicieux à lire, très beau à regarder, parce que le design des personnages est bien pensé et que la personnalité des deux amis rend l’histoire très sympathique à découvrir.

Les messages portés à travers cette histoire sont magnifiques de surcroît, j’aime cette idée d’entraide, d’inattendu, d’amitié atypique, le contraste entre la minuscule souris et cet immense renard, donne à l’ensemble un côté hyper attachant. Le texte est soigné et surtout, quelle joie de retrouver le découpage de l’auteur, il a l’art et la manière de déstructurer l’album jeunesse qu’on connaît pour introduire du rythme et c’est ce qui me fascine le plus chez lui.







Bonne chance, Bob ! d’Arnaud BOUTIN, Sergio LAIRLA, Ana G. LARTITEGUI
Éditions Sens Dessus Dessous – 2024 – 40 pages – 15 €
Album jeunesse | Livre jeu | Chance et Malchance | Voyage



D’un côté du livre, découvrez les aventures de Bob de la Chance. Prenez le livre de l’autre côté et découvrez celles de Bob Pas de Chance. Un jeu de chassé-croisé et d’histoires entremêlées pour des heures de lecture plaisir !




Je tenais tout d’abord à remercier les éditions Sens Dessus Dessous ainsi que la Masse Critique du site Babelio pour cette découverte. Forcément, j’ai toujours eu de la sympathie, de la curiosité pour les formats ou les histoires qui sortent du lot, un album qui se lit dans les deux sens a tout de suite mon attention. J’en ressors mitigée, néanmoins, j’ai passé un super moment avec cet ouvrage drôle et curieux.

J’ai beaucoup aimé cette dualité autour de la chance et de la malchance. Expressions, motifs, croyances autour de cette thématique sont présentés à travers cette histoire, ce qui rend la lecture très sympathique. J’ai adoré guetter les détails qui se nichent dans les recoins des illustrations, dans les noms de commerces, c’était très chouette.

Par ailleurs, cette dualité se retrouve également à travers les deux protagonistes, l’un a une chance incroyable tandis que l’autre se paye toutes les galères possibles. Pour autant, les créateurs ont glissé des nuances, Bob de la Chance est une personne altruiste et souriante, alors que Bob Pas de Chance est un protagoniste plutôt égoïste.

Si les messages sont forcément donnés avec de gros sabots, je me suis bien amusée à chercher les points communs entre les deux histoires, car bien des événements se mêlent et trouvent des causes ou des conséquences chez l’un ou l’autre des personnages. Ce qui donne une lecture dynamique, ludique même.

Ce qui m’a dérangé, c’est le traitement inégal de l’ensemble, la fin est trop rapide et brutale, pas narrée, juste des cases à lire dans le bon sens dans la double page centrale qui s’ouvre. Enfin, si j’ai aimé le dynamisme des couleurs, l’aspect mignon de l’ensemble et la recherche de détail pour donner du corps à la narration visuelle, il m’a manqué un truc pour être totalement en phase avec les illustrations.

Donc pour l’expérience de lecture, pour partager un bon moment entre adulte et enfant, cet album sera top pour rire, apprendre le sens du détail, jouer sur la chance et la malchance, sur les valeurs. La prise en main est chouette, le texte est agréable à lire en plus de ça.



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Le secret du rocher noir de Joe TODD-STANTON
Éditions L’Ecole des loisirs – 2018 – 32 pages – 12 €20
Album | Littérature jeunesse | Écologie | Monde maritime et sous-marin | Pêche



Erine est fascinée par la légende du Rocher Noir, un bloc énorme et pointu, accusé par les pêcheurs de détruire tous les bateaux qui s’en approchent ! Mais les histoires qu’on raconte sont-elles vraies ? Pour le découvrir, Erine monte un jour en cachette sur le bateau de sa maman…



Un album jeunesse tout mignon de la part de mon nouvel auteur chouchou, Joe Todd-Stanton ! Après la Comète qui a été un gros coup de cœur, j’avais très envie de poursuivre l’exploration de la bibliographie de ce créateur, chose faite avec Le secret du rocher noir, avec lequel j’ai passé un super moment.

J’aime énormément l’univers choisi par l’auteur, celui du monde marin, dessus ou dessous le niveau de la mer, en nous parlant à la fois de la pêche et de développement durable, d’écologie, de faune et flore marine. Les thèmes abordés sont très chouettes et les messages sont très subtils, j’ai adoré cette légende du rocher noir.

Les apparences sont trompeuses et Erine va apprendre cette leçon de vie en découvrant qu’est-ce qui se cache derrière les légendes, elle va partir explorer les fonds marins bien malgré elle et se retrouver devant la vérité. J’ai passé un chouette moment avec histoire, comme je le disais, c’est subtil et élégant, tendre et poétique, une petite touche d’humour et ce qu’il faut pour nous attendrir.

Le texte est donc super agréable à lire, la mise en page m’a séduite dès les premières double-page, je la trouve originale et moderne. Les illustrations sont super jolies, on a une belle palette de tons bleus, verts, gris sur lesquels viennent se greffer quelques touches de couleur, celles des poissons ou de l’imper d’Erine. C’est vraiment très beau et apaisant à regarder.






Un jour d’été de Heyjin GO
Éditions Maison Eliza – 2019 – 36 pages – 15 €90
Album | Littérature jeunesse | Eté | Ours polaire | Écologie | Monde maritime et sous-marin



Par un jour d’été caniculaire, des ours polaires accablés par la chaleur décident de plonger à l’eau pour se rafraîchir. Un ballet aquatique se forme petit à petit jusqu’à ce que l’un d’entre eux rejoigne quelqu’un qui le salue au fond de l’eau…



Un album jeunesse intéressant, je l’ai pris parce que le titre et la couverture m’interpelait, le contraste entre l’été et l’ours polaire me captivait et je suis ravie d’avoir pu l’emprunter à la médiathèque. Je ressors de ma lecture contente et curieuse de lire d’autres ouvrages de cette maison d’édition et de cette artiste coréenne.

C’est un album jeunesse sympathique, même si j’ai trouvé l’histoire trop simple à mes yeux pour me marquer. Le texte m’a un peu manqué dans ce titre, il y a trop peu de mots – même si j’applaudis la prouesse d’avoir réussi à tenir une histoire avec si peu de mots.

C’est en grande partie à ce qui fait l’atout principal de cet album, ses illustrations. Elles sont élaborées, avec un style très particulier mais qui m’a séduite tout au long de ma lecture. Il y a de très belles compositions – comme si chaque double-page était une illustration à part entière. Les couleurs sont douces et ce qui m’a vraiment passionnée à fond, ce sont les textures employées pour donner de la matière, du relief, de l’énergie à l’eau, aux coraux.

Le design des ours les rendent trop craquants et c’est cet attachement qui rend l’histoire aussi attendrissante qu’amère. Le twist final drôle et percutant, ce qu’il faut pour s’interroger, pour avoir cet impact sur le réchauffement climatique et prendre soin de nos paysages, de nos animaux. C’est donc hyper délicat pour aborder la discussion, sans jugement ou moralisation, ce qui m’a ravi.






Une lumière dans la nuit de Marie VOIGT
Éditions Gautier-Languereau – 2019 – 32 pages – 14 €95
Album Jeunesse | Nuit et Lumière | Amitié humain et animal



Betty adore la magie de la nuit et les soirées passées à lire avant de s’endormir. Dans son livre, l’ours Cosmo a peur du noir. Lorsqu’il apparaît dans sa chambre, elle décide de l’emmener dans une grotte pour lui faire découvrir la beauté de l’obscurité.



La couverture m’a de suite attirée, forcément, de belles couleurs pour marquer la nuit avec la forte présence de lumière, cet ours absolument trop trognon, le petit renard en quatrième de couverture et ce résumé qui sentait bon l’exploration nocturne, les histoires du soir, l’amitié et la fantaisie. Je l’ai emprunté à la médiathèque et je ne le regrette pas, c’était une très bonne lecture.

J’ai adoré l’histoire qui nous fait vivre un voyage merveilleux dans le monde des rêves, de la nuit et des histoires du soir. Nous avons une héroïne, Betty, qui aime l’aventure et l’exploration. Elle est hyper attachante, courageuse et aimable. J’ai apprécié son amitié avec l’ours de son livre préféré, Cosmo. Ce dernier est plus prudent et a peur du noir.

De leur amitié va naître une très belle histoire autour de la peur de la nuit/du noir, de courage d’affronter ce qui nous fait peur en compagnie de personnes de confiance. J’ai sincèrement adoré les messages et thématiques abordés par Marie Voigt. C’était doux et délicat, le texte était plein de fantaisie et de poésie, c’était lumineux et touchant. J’ai vécu un voyage onirique et tendre.

Les illustrations participent beaucoup à cet aspect doux et réconfortant, à ce côté émerveillement et magique. Je suis absolument fan du rendu et de la patte graphique. Le coup de crayon est visible, on a l’impression d’avoir du pastel et du crayon de couleur, j’adore les textures employées pour donner de la vie aux personnages, aux décors, aux animaux et végétaux. Les protagonistes sont expressifs, le traitement de la nuit, des lumières et de l’eau m’ont fascinée. Les formes sont simples, la maquette rend la lecture agréable, et les couleurs sont magnifiques.






Un canard à la mer – La véritable histoire d’un jouet en plastique de Markus MOTUM
Éditions Delachaux et Niestlé Jeunesse – 2021 – 32 pages – 13 €50
Album Jeunesse | Ecologie et environnement | Mers et océans | Déchets et tri/recyclage | Jouet



Lorsqu’un conteneur rempli de jouets se déverse, par accident, dans l’océan, c’est une aventure riche de péripéties qui commence pour notre canard en plastique. Ballotté à travers les océans, emporté par les courants, il parcourt des milliers de kilomètres. Au fil de son voyage, ce héros solitaire fait la rencontre d’animaux fascinants, mais aussi des nombreux déchets qui mettent en danger la vie marine et la planète en général. Saura-t-il retrouver le chemin de la terre ferme et jusqu’où le mènera son périple ?



Lui, dès que j’ai vu ce canard sur la couverture, j’ai craqué. Je ne connaissais pas l’existence de cet album, mais je suis très contente de l’avoir emprunté à la médiathèque. Parce qu’il est passionnant, drôle et touchant, qu’il fait passer de bons messages avec un brin de fantaisie et de sensibilité. Je suis donc très curieuse de savoir si Markus Motum a réalisé d’autres albums et la maison d’édition a sorti d’autres œuvres dans cette collection jeunesse.

L’histoire est complètement incroyable et pourtant, elle est partie d’un fait réel. Celle d’un conteneur de janvier 1992 perdu dans l’océan avec des jouets en plastique qu’un scientifique, Curtis Ebbesmeyer a étudié. Il n’était pas seul dans ce projet et tous ces chercheurs ont demandé à des gens de signaler la présence de ces jouets sur les plages pour ainsi cartographier et comprendre les courants océaniques dans le monde.

Je trouve cette histoire fascinante et le petit canard qui nous conte son voyage en a bien conscience. Depuis sa création, il nous raconte tout ce qu’il a vu et vécu dans les océans qu’il aura côtoyés. J’ai trouvé que la narration était un bon mélange entre fiction et documentaire, c’était simple et agréable à lire, lisible. C’est un récit qui nous transporte au cœur de l’eau, auprès des poissons et des tortues, entre les algues et les coraux pour mieux montrer aux enfants la présence des plastiques et autres objets polluants l’espace maritime.

Alors oui, la narration à la première personne du singulier et cet aspect documentaire ne plaira peut-être pas à tout le monde. Néanmoins, je trouve la forme intelligente, le fond bien pensé et c’est très bien écrit. Mine de rien, je me suis très vite attachée à cet adorable petit canard qui voit les dégâts que la pollution engendre, qui se retrouve seul et perdu, chahuté par les courants. C’était un bel album, avec une fin très poétique et touchante, une petite dose d’humour qui apporte de la lumière et de l’espoir. Les pages annexes en fin de livre pour expliquer des notions scientifiques et écologiques sont accessibles et intéressantes.

Enfin, les illustrations sont splendides. J’aime énormément le travail des textures de l’eau et comment Markus Motum a marqué la différence entre la surface et l’espace sous l’océan. Les décors sont très chouettes, j’adore le design des petits canards, ils sont trop mignons. Le rendu de l’eau et celui du ciel sont fantastiques à admirer, la faune et la flore sous-marine sont soignés. Les formes sont simples et efficaces, car tout est identifiable au premier abord. Les couleurs sont très belles aussi, avec de chouettes nuances de bleus où le jaune du personnage principal vient ressortir.




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Des animaux dans le ciel de Sara GILLINGHAM
Éditions Phaidon – 2020 – 32 pages – 11 €95
Album Jeunesse | Nuit | Étoiles et constellations
Livre cartonné à rabat



Chaque nuit, le ciel est plein d’étoiles. Mais savais-tu qu’il est aussi plein de dessins ? Regarde les dessins formés par les étoiles et devine de quel animal il s’agit. Le livre idéal pour initier les astronomes en herbe aux constellations !



Une idée absolument brillante ! À tel point qu’il faudrait en faire une série sur différentes constellations ou type de constellations. Je suis une passionnée d’étoiles, de constellations et des histoires qui s’y rattache, donc forcément, quand j’ai vu cet album à la médiathèque, je l’ai directement emprunté sans même réfléchir à son contenu.

C’est un bel album en tant qu’objet, petit et simple à manier, tout en cartonné avec des rabats pensés pour ne pas être facilement déchirés. Une couverture magnifique avec ces points brillants, ces lignes qui forment les constellations et ces lignes dorées pour y dessiner les animaux. Un régal visuellement parlant, un délice qui se savoure même à l’intérieur avec une palette de couleurs réduites à ces nuances de bleus, du blanc et du doré.

C’est un parfait ouvrage pour initier les plus petits aux étoiles et aux constellations, parfait pour les amoureux du ciel nocturne et pour s’offrir une pause de douceur, d’harmonie avec les couleurs, de pédagogie avec les informations qui sont dedans et de jeux avec les rabats et les énigmes.

Chaque page de droite offre une petite énigme permettant d’identifier l’animal dont il est question. A gauche, il y a le motif de la constellation avec des lignes droites et cette seule mention « Quel animal suis-je ? ». La réponse s’obtient en ouvrant le rabat : l’animal y pose fièrement, se superposant à la constellation et quand on regarde la page ouverte, une petite anecdote est écrite pour compléter le tableau. Le triptyque est alors terminé, du moins, jusqu’à ce qu’on tourne la page.

La maquette est astucieuse, bien pensée, parfaite pour faire un cheminement entre l’énigme – l’animal et la constellation – science et anecdote. Le texte est super bien pensé également, puisque l’énigme est ni trop complexe ni trop simple, avec un texte poétique. Tandis que le texte de l’anecdote est lui plus pragmatique pour délivrer l’information en bonne et due forme. J’ai donc adoré parcourir l’album, me prêtant au jeu des devinettes et en appréciant le résultat. C’est une petite pépite que je me prendrai un jour pour l’avoir dans ma bibliothèque !





Leina et le Seigneur des Amanites de Myriam DAHMAN, Nicolas DIGARD et Julia SARDA
Éditions Gallimard Jeunesse – 2022 – 48 pages – 14 €90
Album Jeunesse | Automne | Fantastique | Conte



Très loin à l’Ouest, se trouvait une forêt hantée. De nombreux villageois disparaissaient. Lorsque ce fut le tour de son ami Oren, Leina se mit à sa recherche et fit la rencontre d’un inquiétant crapaud : le Seigneur des amanites. Celui-ci l’invita à passer la nuit dans son palais souterrain avec cet avertissement : ne jamais entrer dans la chambre à la porte noire. Mais la curiosité l’emporta… Un conte fabuleux, aux allures de grand classique.



J’avais déjà très envie de découvrir Le talisman du loup du même trio, donc quand j’ai pu emprunter Leina et le Seigneur des Amanites, je me suis précipitée dessus. Je trouvais l’album parfait pour l’automne et je ne regrette pas cette lecture que j’ai trouvée très bonne – je suis impatiente de pouvoir lire l’autre album dorénavant.

J’ai adoré cette ambiance très automnale que cela soit avec les couleurs, les motifs présents sur les illustrations, il règne une atmosphère soignée. Un côté frissonnant et fantastique, c’est un album qui respire le mystérieux, tout en étant sombre et envoûtant. Je suis fascinée par le travail du texte et de l’image, par le travail fait pour conférer à l’ensemble une patine, une esthétique qui le rend unique en son genre.

L’histoire est très intéressante à découvrir, elle s’inspire en grande partie du conte de Barbe-Bleue, tout en développant sa propre voie. Ce qui renforce automatiquement cet aspect conte intemporel et inclassable dont il est pourvu. L’histoire a de bons rebondissements, un rythme prenant, des péripéties captivantes et un final très chouette à lire, j’ai aimé cette thématique du respect, du lien entre l’humain et la nature. Le personnage de Leina est super chouette à suivre, nous avons une héroïne courageuse et débrouillarde, qui se soucie des autres et de son environnement.

L’aspect conte que je décrivais plus haut se perçoit aussi dans la maquette, dans les jeux de typographies pour donner du caractère à une lecture à haute voix. Il y a les encadrés autour de certains textes ou de certaines pages pour donner un effet « ancien ». C’est vraiment ce qui m’a le plus fasciné dans cet album, c’est de voir un album à l’ancienne être réinventé, modernisé, soigné pour faire en sorte que l’objet-livre soit un ovni littéraire.

Enfin, les illustrations sont superbes. J’ai aimé ces couleurs naturelles, c’est une palette restreinte qui s’harmonise parfaitement et j’aime énormément les détails de chaque double-page, c’est soigné et élégant, j’aime ce côté « naturaliste » comme les vieilles affiches ou pages d’encyclopédie pour présenter champignons, feuilles et fleurs. Les personnages sont expressifs dans les attitudes, dans les couleurs utilisées pour créer des ambiances.




Une histoire qui… de Gilles BACHELET
Éditions Seuil Jeunesse – 2016 – 32 pages – 13 €90
Album Jeunesse | Histoire du soir | Enfance | Monde du livre



Une histoire, c’est indispensable pour bien s’endormir. Mais des histoires, il y en a de toutes sortes… autant qu’il y a de sortes de mamans, de papas… et de bébés…



J’aime beaucoup le travail de l’auteur sur l’un de mes albums jeunesse préférés, Une histoire d’amour. Forcément, j’avais très envie de découvrir les autres histoires inventées par Gilles Bachelet, chose faite avec celui-ci. J’en garderai un très bon souvenir parce que je l’ai trouvé attendrissant et bien pensé – et le contexte de création de cette œuvre le rend encore plus mignon.

En effet, ce livre réalisé à l’initiative et avec le concours du département de l’Ardèche, a été offert à tous les bébés ardéchois nés en 2016 et 2017. Je trouve l’idée totalement géniale, d’autant plus que l’auteur a opté pour un thème adorable et parfait : les histoires du soir. La maquette est hyper bien pensée, j’ai adoré ces jeux sur le texte qui accompagnent à merveille l’histoire lue par les parents à leurs petits, il y a tout un jeu sur le sens de lecture et c’est une très bonne manière de relier le récit aux illustrations.

La plume de l’auteur se lit comme une sorte de petite comptine, notamment par l’intermédiaire des rimes et des répétitions qui donne envie de lire et d’entendre l’histoire. C’est à la fois tendre et malicieux, soigné et drôle, simple et efficace – et, le texte ne mange aucune illustration, ce qui rend la lecture agréable et aérée.

Cet effet rassurant et apaisant se traduit aussi par la mécanique utilisée par l’auteur. J’ai aimé la fluidité entre le doudou qui annonce la prochaine rencontre, c’était une très bonne idée de faire terminer l’album par un rappel à la couverture. Cela permet d’avoir une sorte de ronde, un retour au début qui autorise une relecture ultérieure. Cela donne aussi un jeu basé sur l’observation des illustrations, pour trouver de petits détails qui font toute la différence.

Parce que cet album est pensé dans ses moindres détails. Il est certes moins chargé en éléments qu’Une histoire d’amour, mais rien n’est laissé au hasard. Le lien entre le texte et l’image est parfaitement maîtrisé, chaque environnement est travaillé pour créer un écrin entre le parent et son petit (le couffin, la chaise). Il y a autant de papa que de maman, les jouets ont un rapport avec le décor et le type d’animaux représentés sur la page. Le style graphique est poussé sans être surchargé, élégant et trop mignon à regarder, avec une jolie palette de couleurs, sincèrement, c’est un travail incroyable et d’une grande précision.




La comète de Joe TODD-STANTON
Éditions L’école des loisirs – 2023 – 40 pages – 14 €
Album Jeunesse | Déménagement | Nature | Famille | Imagination



À cause du nouveau travail de son père, Mila doit quitter son paradis terrestre en pleine nature pour la grande ville, triste et grise. Se laisser priver longtemps des plantes, des vagues, des arbres, des fleurs et surtout de la comète qu’elle a vue par une belle nuit ? Pas question. Riche de ses souvenirs, de ses rêves, de son sens de l’observation, de ses crayons et d’un peu de magie, Mila réagit.



En regardant du côté des bacs pour albums jeunesse, je suis tombée sur ce livre dont j’ai adoré le titre, le résumé et cette sublime couverture. Je connaissais de nom l’auteur, mais je n’avais rien lu de lui, du coup, je suis repartie avec cet album. Première lecture de 2024 et premier coup de cœur pour cette magnifique histoire.

L’histoire nous propose une jolie relation entre un père et sa fille à travers des instants de vie faite de rires, d’art, d’étoiles et de mer jusqu’au jour où la petite famille doit déménager dans la grande ville. A partir de cet instant, les choses ne sont plus comme avant pour la petite Mila et elle est bien décidée à se créer un nouveau chez soi digne de ce nom ! C’est un album tellement doux et réconfortant, j’ai passé un super moment avec son lot d’émotions.

Le thème du déménagement est très bien traité à travers les changements que va subir Mila : ne plus jouer avec son père, perdre le son des vagues, admirer un immense ciel noir sans étoiles. Ce sont des petites choses, mais des détails de grande importance, j’ai apprécié la délicatesse du propos, l’élégance du texte et surtout, j’ai adoré voir un grain de malice et de fantaisie, le pouvoir de l’imagination offrant une belle parenthèse et une fin touchante.

L’ambiance est douce, ni trop alarmiste ni trop mièvre, c’est réconfortant pile comme j’aime, avec un texte soigné et simple, une touche d’humour et de poésie qui vient accompagner de merveilleuses illustrations. Les décors, les objets, tout est détaillé et identifiable sans être surchargé. Les compositions sont formidables et donnent du rythme à l’histoire, et les couleurs, ce mélange entre bleu, vert et jaune, ça fonctionne de fou.

Les personnages sont très expressifs et ainsi, on s’attache très rapidement à eux. Comme je le disais, on voit clairement la relation très chouette entre un père et sa fille, c’est émouvant. D’autant plus que Mila est une fille pleine d’imagination et de rêves, elle est sensible et bien déterminée à résoudre le mystère de la comète qui l’entrainera à travers ses souvenirs se créer un chez-soi, à recréer du lien avec les autres. Je trouve que les messages transmis à travers l’album et Mila sont merveilleux.



Crédits images :
Livraddict * Flaticon * Canva * Unsplash

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Ewylyn ✨

Ewylyn * 33 ans


J'aime les genres de l'imaginaire et j'affectionne les récits historiques et/ou d'aventure. J'adore la non-fiction, les albums jeunesse ou encore les BD et mangas. Je raffole de thé et de pâtisseries, de jeux vidéos, d'animation, d'histoire de l'art et d'histoire, de papeterie et de bujo.


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