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La citadelle d'Ewylyn





Les sœurs Hiver de Jolan C. BERTRAND et illustré par Tristan GION
Éditions L’école des loisirs – 2022 – 228 pages – 12 €
Hiver | Famille | Récit initiatique | Mythologie nordique | Magie
Avertissement : [aborde des questions autour de la santé mentale]
Radar à diversité : [aborde la thématique de la transidentité]



Il y a très longtemps, il y avait deux hivers : la Grande, avec ses froids polaires et ses blizzards, et la Petite, avec ses glissades joyeuses et ses batailles de boules de neige. Mais depuis que la Petite a disparu, tout est détraqué au village de Brume ! Les adultes sont inquiets, plus personne ne rit aux bonnes farces d’Alfred et, surtout, les trolls passent leur temps à voler des objets, qu’ils emportent à tout jamais dans la taïga. Lorsque l’oncle d’Alfred se porte volontaire pour rapporter les objets volés et qu’il disparait sous ses yeux, avalé par la tempête, c’en est trop : il faut partir à sa recherche, coûte que coûte, braver les dangers de la forêt boréale, et affronter la Grande Hiver…



Je suis contente d’avoir pu emprunter ce roman, parce qu’il me faisait de l’œil depuis sa sortie grâce à son résumé très vendeur et aux illustrations de Tristan Gion dont j’adore le travail. Si le récit n’est pas un coup de cœur à proprement parlé, il n’empêche que j’ai apprécié bon nombre d’éléments abordés dans ce texte et que c’est un très chouette roman jeunesse.

Je vais commencer par ce qui m’a dérangé, la plume de l’auteur. C’est assez extraordinaire, en dépit de toute l’élégance, de toute la justesse et de toute la subtilité employée pour évoquer certaines thématiques, le style m’a posé problème. Dans un récit contemporain et réaliste, le présent ne me dérange pas, mais dans un univers de fantasy, dans un récit initiatique évoquant un conte avec des emprunts à la mythologie nordique, là ça coince énormément. Et j’ai trouvé les phrases trop courtes, malgré le charme, malgré la poésie qui s’en dégage, j’ai trouvé que ma lecture était hachurée.

Mais j’insiste là-dessus, la plume de l’auteur est très jolie pour décrire les lieux et les personnages, pour traiter des émotions et pour aborder des thèmes qu’il n’est pas toujours aisé d’aborder en jeunesse comme la santé mentale, la transidentité. C’est tout de même une belle histoire d’amour, d’amitié et de famille, un beau récit de voyage et de quête avec beaucoup de recherches pour nous plonger au cœur des coutumes nordiques, du peuple sami en laponie, de la mythologie nordique.

L’ambiance est parfaite, c’est un roman qui respire l’hiver, le froid mordant, la fête de yüle, avec de la magie, des trolls très attachants et facétieux, une renarde envoûtante, des paysages splendides, des personnages sympathiques à rencontrer, en particulier le personnage principal, Alfred, qui est aussi courageux qu’il peut être grognon, aussi rusé que malicieux. Je l’ai beaucoup aimé, comme j’ai eu beaucoup de compassion pour les deux sœurs Hiver et pour leur relation, leur histoire. L’intrigue est agréable à suivre, simple et efficace, rebondissements et révélations sont bien équilibrées pour en faire un chouette roman d’aventure.

Enfin, les illustrations qu’elles soient à l’intérieur du livre ou sur la couverture, elles sont splendides. Elles accompagnement à merveille le texte de l’auteur, renforce l’atmosphère hivernale, permettant de se plonger dans le monde d’Alfred, la culture nordique et d’apprécier les personnages à travers des design soignés. Donc si vous avez envie de perdre au cœur de l’Hiver et si vous avez des enfants entre 8 et 12 ans ou si vous-même avez envie de passer quelques heures avec ce livre, ce roman sera idéal pour les soirées hivernales.



L’estrange malaventure de Mirella de Flore VESCO
Éditions L’Ecole des Loisirs (Médium +) – 2019 – 223 pages – 15 €50
Littérature jeunesse | Réécriture de conte | Fantastique | Époque médiévale
Avertissement : [présence de la peste et de la lèpre, scènes de violences verbales et d’agressions sexuelles, fanatisme religieux, misogynie]



Moyen Âge. Les rats ont envahi la paisible bourgade d’Hamelin. Vous croyez connaître cette histoire par cœur ? Vous savez qu’un joueur de flûte va arriver, noyer les rats en musique, puis les enfants d’Hamelin ? Oubliez ces sornettes : la véritable histoire est bien pire, et c’est grâce à Mirella, une jeune fille de 15 ans, qu’on l’a enfin compris. Jusqu’ici, elle passait inaperçue en ville – qui s’intéresserait à une porteuse d’eau, à une crève-la-faim, une enfant trouvée ? Seulement voilà, Mirella a un don ignoré de tous : elle voit ce que personne d’autre ne voit. Par exemple, elle a bien repéré ce beau jeune homme en noir, qui murmure à l’oreille de ceux qui vont mourir de la peste… Et ça lui donne une sacrée longueur d’avance. Y compris sur le plus célèbre dératiseur de tous les temps.



Depuis ma découverte du tout premier roman de l’autrice, De cape et de mots, j’avais méga envie de lire les autres livres de Flore Vesco (j’ai entre temps pu lire son romand d’aventure jeunesse sur Eiffel). J’étais impatiente de lire celui-ci parce qu’il s’agit de la réécriture d’un de mes contes préférés, le joueur de flûte de Hamelin.

En effet, la plume de l’autrice est magnifique, parce qu’elle a fait un travail incroyable sur les expressions anciennes, sur l’adaptation de son vocabulaire et de son écriture pour lui donner cet aspect faux « ancien français ». Le revers de ce travail qui me fascine complètement, c’est que j’ai eu énormément de mal à trouver un sens aux mots lus, à retrouver le mot d’origine parfois. Et si cette forme d’écriture ne m’avait pas posé problème sur De cape et de mots, c’est qu’il devait plus léger.

Léger, c’est également ce qui m’aura manqué dans ce récit. Là aussi, j’ai autant aimé que détesté cette ambiance lourde, pesante et oppressante à base de fanatisme religieux et de misogynie, l’implication de la mort et de la peste, l’exploitation des enfants, tout le système présenté est pourri, beaucoup de personnages sont aussi terrifiants que mauvais. C’est poisseux comme atmosphère et par moment, j’aurais aimé un peu plus de légèreté, un petit peu d’espoir et d’humour, chaque chapitre allait plus loin dans ce côté dérangeant.

Certes, c’est magnifiquement travaillé, l’effet escompté est présent, parce que de cette ambiance, se dégage des thématiques intéressantes, des questionnements pertinents. J’ai aimé ce travail sur l’acceptation des lépreux – groupe de personnages dont je suis absolument fan (comme de leur reine), sur les conditions des enfants et des femmes, sur la liberté et les choix, c’était passionnant à découvrir au fil du récit.

J’ai beaucoup aimé Mirella, c’est une héroïne qui m’a fascinée pour son envie de rester invisible, mais qui par de petits actes parvient à changer certaines choses, à bousculer certains codes, à sauver des vies. C’était une évolution palpitante et la suivre fut un régal. Elle est débrouillarde et curieuse, j’aime sa relation amicale avec Pan, j’adore son côté perspicace et j’ai tellement aimé ses chansons. J’ai bien aimé certains personnages secondaires comme Peest, Gastun ou encore Pan.

En somme, j’ai été intriguée par cette réécriture du Joueur de flûte de Hamelin, je la trouve fascinante et bien faite. Je retrouve les grandes lignes avec plaisir et je suis très contente d’avoir été plus d’une fois surprise par la direction des événements. L’autrice a été audacieuse, le final était passionnant et j’ai adoré comprendre la vérité. L’autrice lui a aussi donné du corps, des détails, un décor travaillé, une couleur, même si je ne ressors pas convaincue par le résultat sur toute la ligne, j’ai apprécié cette revisite et son audace.


Crédits images :
Livraddict * Flaticon * Canva * Unsplash

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18.2.24 6 comments

Pourquoi les orangs-outans n’aiment pas le dentifrice d’Emmanuelle FIGUERAS et Tristan GION
La Cabane Bleue – 2021 – 32 pages – 17 €
Documentaire | Album Jeunesse | Écologie


Comment un cycliste à Paris peut-il sauver les ours au pôle Nord ? Quels morceaux du monde y a-t-il dans une console de jeu ? Pourquoi les tomates préfèrent-elles qu’on ne tire pas la chasse ? À travers une série de questions moins loufoques qu’elles n’en ont l’air, ce livre s’attache à décrypter les répercussions que de simples gestes du quotidien peuvent avoir sur la nature, tout près de nous ou à l’autre bout du monde. Sans pessimisme ni leçon de morale, de magnifiques illustrations et un texte percutant invitent à accompagner les hirondelles dans leur migration, à comprendre comment les données internet traversent les océans ou encore à découvrir ce que devient le poisson rouge relâché dans une rivière.


Je tenais tout d’abord à remercier les éditions La Cabane Bleue ainsi que le site Babelio (Masse Critique) pour cet envoi. Cet ouvrage me faisait de l’œil pour plusieurs raisons. La Cabane Bleue est une jeune maison d’édition jeunesse, une maison d’édition engagée dans le développement durable. Le titre ne pouvait que m’intriguer et en plus de ça, c’est Tristan Gion (Gromislav, La Petite Lectrice) qui en fait les illustrations. Donc forcément, toutes les conditions sont réunies pour apprécier ce beau livre, un documentaire pour les enfants sur l’écologie. J’en ressors totalement conquise et je suis curieuse de découvrir les autres ouvrages de la maison d’édition.

Le livre est un bel objet à prendre en main, avec un format pratique et maniable. La couverture est rigide et les pages sont de très belles qualités, j’adore ce côté naturel, le fait de voir le grain du papier, ça n’altère pas la qualité des illustrations. L’ouvrage débute avec toutes les actions établies par la Cabane Bleue pour assurer sa partie éco-responsable, ce qui explique le format, l’absence de vernis ou d’effets métallisés sur la couverture. Cette dernière est sublime, elle est attrayante, elle donne envie de se plonger dans le livre.

Chaque double-page s’ouvre une question, une question déroutante et originale qui permet de capter l’attention de tout le monde, adulte comme enfant devrait apprécier de savoir « Pourquoi les orangs-outans n’aiment pas le dentifrice ? » ou encore « Les coraux craignent-ils les coups de soleil ? ». À travers des questions ludiques avec une petite touche humoristique, je me suis régalée à découvrir le texte conçu derrière pour répondre. Il y a un court texte pour offrir un aperçu, puis le texte explicatif qui lui nous donne davantage de précision et d’information pour tout comprendre.

La maquette est hyper bien faite, le texte est aéré, lisible, clair et concis, le lexique en fin d’ouvrage permet d’expliquer les notions nécessaires et le texte en lui-même est bien pensé. Pas de lourdeur dans les informations données, pas de facilités ou de leçons de moral, d’envolées pessimistes. Emmanuelle Figueras présente chaque fait, explique chaque notion avec un style très sympathique à suivre, avec ce qu’il faut de pédagogie, un zeste d’humour malicieux. J’ai adoré le fait que le texte soit doux, ça se lit d’une traite et ça peut se relire sans modération.

Chaque double-page a également ses très belles illustrations, une immense fresque bien conçue pour accompagner le texte de l’autrice. J’adore le style de Tristan Gion, c’est super coloré sans être criard dans la palette employée, c’est super bien fait pour identifier chaque élément, le design des personnages et/ou animaux est chouette à regarder, j’aime énormément sa manière de représenter la nature. L’eau, la flore, tout est super agréable à admirer et le coup de crayon, les lignes sont très agréables à regarder. Les illustrations complètement parfaitement le travail du texte.

Et si à l’avenir, il devait y avoir un deuxième opus sur ce type de questions / réponses, j’y vais les yeux fermés. C’est un excellent travail de sensibilisation et de transmissions des informations sur le développement durable. L’éditeur, l’autrice et l’illustrateur ont fait un travail de fond et de forme qui mérite le coup d’œil.

Crédits images :
Livraddict * Flaticon * Canva * Unsplash



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26.12.21 4 comments


La petite lectrice d’Elodie CHAMBAUD et Tristan GION
Gautier-Languereau – 2020 – 40 pages – 12 €
Album Jeunesse | Aventure | Lecture


Pas besoin de preux chevalier dans la vie d’une princesse si celle-ci a toute une bibliothèque à dévorer ! Et quoi de mieux que les livres pour apprendre à vaincre un dragon ou préparer un antipoison. Alors, quand un monstre à six yeux envahit le royaume qui a le courage de l’affronter ? La petite lectrice bien sûr.


J’avais découvert cet album jeunesse grâce à la lecture qu’en avait fait Margaud Liseuse lors du Bibliothon de Bulledop. J’avais adoré sa lecture et l’album était donc directement parti dans ma wishlist ! J’ai donc profité du Pumpkin Autumn Challenge pour me procurer cet album et le lire, le relire et profiter des très belles illustrations. C’est un album vraiment génial, une petite pépite que l’on devrait faire découvrir au plus grand monde.

Le texte est signé de la main d’Elodie Chambaud, c’est un texte très agréable à lire avec une jolie modernité. Le texte est précis sans être simpliste ou complexe, il se lit facilement dans sa tête ou à l’oral et permet de jouer avec malice sur les intonations. D’ailleurs, le texte ne manque pas d’humour. Il est très bien présenté, s’intégrant agréablement dans les illustrations. La taille comme la police donne un petit caractère de conte, de fantasy et je la trouve très jolie, en particulier les toutes premières lettres de chaque double page.

Les illustrations sont signées Tristan Gion. J’ai directement reconnu le style de l’illustrateur que j’avais découvert pour la première fois avec l’album Gromislav le géant qui couvait la terre (Aleph éditions). J’aime énormément le style de Tristan Gion, le character design de la petite lectrice ou du monstre sont fabuleux, les décors sont très chouettes – je suis absolument fan de la tour de la petite lectrice ou de la ville qui renforce complètement mon immersion dans ce monde un brin médiéval fantasy. En plus de cela, les couleurs sont magnifiques avec ces palettes couleur terre, ocre, brun et ce rouge ou ce bleu qui viennent pétiller sans jamais être criard ou dérangeant. J’aime beaucoup le coup de crayon et la manière dont il crée des textures, je pense au monstre, au dragon et surtout, j’adore les petites touches d’humour cachées dans les illustrations.

L’histoire est super cool, elle ravira tellement de personnes en particulier les filles ! Nous avons une petite princesse toujours plongée dans ses livres et qui est d’une très grande débrouillardise, elle répond avec malice aux prétendants qui osent la déranger durant ces séances de lectures, elle invente des tas de choses pour surmonter les obstacles. C’est une petite princesse très « girl power » qui remue dans les brancards, avec intelligence et charme, avec humour et détermination. J’ai adoré cette petite lectrice qui fait un bien fou au moral.

Surtout que le texte est agréable et donne une histoire vraiment cool, positive, avec de très beaux messages qui raviront petits et grands. Enfin, le dénouement était pour ma part surprenant et donne un final amusant, audacieux et super sympathique. C’est typiquement le genre d’albums jeunesse qui j’aime lire et que je relirais un nombre incalculable de fois ! 


Merci à celles et ceux qui me soutiennent : like, partage, commentaires, mécénat participatif, vous m'aidez à gérer blog, vidéo youtube, activité d'auteur-illustrateur en indépendant. uTip ou Tipeee. Merci !
10.10.21 4 comments

Titre : Gromislav, le géant qui couvait la Terre
Auteur : Carole TREBOR
Illustrateur : Tristan GION
Aleph éditions — 2019
48 pages
16€90
Campagne Ulule



Il est là, sous nos pieds, le géant assoupi, sous l’humus de nos forêts, le bitume de nos villes, sous les plages et les champs, les plaines et les vallées, sous les fleuves et les mers. Sentez-vous son souffle dans le vent de l’hiver ? Avez-vous aperçu son reflet entre les nénuphars d’un étang ? Vous le reconnaîtrez, un jour ou l’autre, si vous êtes attentifs au vent qui frôle la lumière, aux paroles des arbres et à la danse des vagues.

4.10.19 14 comments
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Ewylyn ✨

Ewylyn * 33 ans


J'aime les genres de l'imaginaire et j'affectionne les récits historiques et/ou d'aventure. J'adore la non-fiction, les albums jeunesse ou encore les BD et mangas. Je raffole de thé et de pâtisseries, de jeux vidéos, d'animation, d'histoire de l'art et d'histoire, de papeterie et de bujo.


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